16179638_318308831899810_8339125606909014076_oAvez-vous déjà eu une bonne idée sous gueule de bois ?  Les Eveillés oui, et ils sont trois aujourd'hui à vous donner la solution pour ne plus jamais culpabiliser de ces lendemains qui déchantent. Ce collectif transforme vos soirées club en vente de charité et votre cuite en une vraie B.A. : ils organisent des soirées, les "veillées", où tous les membres du collectif ainsi que les artistes sont bénévoles et dont le prix des billets est reversé à des associations d'aide aux migrants. Pour les rencontrer et devenir vous aussi un éveillé, rendez-vous à la Grande Veillée les 23 et 24 septembre au Trabendo... Mais non ce n'est pas une réunion mystique, juste deux jours de teuf midi-minuit avec sur scène FAIRE, The Driver, Myako, Society of Silence et pleins d'autres surprises. 

Qui êtes-vous ?
Lucas : Nous sommes les Éveillés, une association fondée il y a un an. L’idée originelle est née comme une petite lumière qui s’allume, au-dessus de la tête un matin “Ah on fait beaucoup la fête. Ca serait bien si en faisant la fête, on pouvait se réveiller en gueule de bois, en ayant dépensé beaucoup trop d'argent mais en se disant que c’était pour la bonne cause. C’est un peu comme ça que c’est né, de se dire on va faire des fêtes, en faisant en sorte d’utiliser la puissance de ces fêtes pour servir une juste cause et boucler la boucle : si on rend des gens contents et encore d’autres gens contents, c’est nickel.
Margaux : La vraie genèse du projet c’est aussi qu’avec Océane on a fait une école d’archi et scénographie, elle a fait son diplôme sur un centre d’accueil pour les exilés et après un an passé sur les camps, avec Lucas notamment, on s’est dit “Qu’est-ce qu’on peut faire maintenant, on a notre diplôme, qu’est-ce qu’on pourrait apporter de plus ? On aimait bien faire la fête, on sortait souvent. Pourquoi pas organiser des soirées clubs, appeler tous nos contacts et voir si ça peut marcher, dépenser notre argent utilement. 

Est-ce que les réfugiés viennent à vos soirées ?
Lucas : Oui, ce sont d’ailleurs les seuls à être sur liste.
Margaux : C’est le but de l'événement justement, l’argent récolté revient à d’autres associations. Même nos potes, soit ils sont bénévoles pour la plupart, soit on leur demande de prendre leur place, ça nous paraît plus juste vue la cause. Nos invités d’honneur sont les émigrés.

Et qu’est-ce qu’ils en pensent, vous avez eu des retours ?
Margaux : Ouais, ils s’amusent !

Ils écoutent la musique qui est programmée ?
Océane : Ils écoutent mais ils sont…
Lucas : … Relativement circonspects. “Qu’est-ce qui se passe ?” “C’est ça Paris ?”.
Océane : Par exemple devant la Tendre Émeute, ils ont un peu halluciné.
Lucas : Une culture qui est un peu aux antipodes de leurs valeurs.
Océane : Ils n’ont jamais écouté de techno.
011317-EVEILLES2-GL-JK-0047Les artistes que vous programmez entretiennent un lien particulier avec les réfugiés ? Ils sont déjà engagés de leur côté ? 

Margaux et Lucas
: Pas tous.
Océane (un peu éloignée) : Les réfugiés sont engagés ? Rire général
Margaux : Souvent c’est nous qui allons vers eux et le projet les stimule, leur donne envie. Tous les artistes sont bénévoles, donc c’est vraiment selon leur engagement. Certains sont à fond dans la cause, nous aident même à trouver d’autres artistes.
Océane : Notamment Adil Hiani sur notre dernier plateau, Jacques qui a fait partie de la genèse du projet...
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Lucas : La Tendre Émeute, eux ils se sont investis sur le terrain même. Etienne surtout a pas mal aidé. Et La Femme ont fait des maraudes. Surement parce que ce sont des punks aussi, les seuls un peu barrés. Ca rentre dans leur état d’esprit.
Océane : Un des artistes de Bagarre a fait des études de littérature arabe, c’est eux qui ouvraient la deuxième veillée à la Gaîté Lyrique, ils ont fait un discours en arabe pour souhaiter la bienvenue à tous les exilés présents dans la salle.

Lucas : La Femme aussi, ils ont invités le papa d’un des chanteurs à venir faire une interprétation très personnelle de Il était un petit navire, sur la difficulté qu’ils ont à traverser la méditerranée.
Margaux : Il soutient d’ailleurs une ONG qui agit en Méditerranée.
Océane : C’était un hommage aux morts qui traversaient, vraiment émouvant.
Margaux : Tout s’est arrêté, il était juste a cappella avec son petit ukulélé. Toute la salle de la Gaîté Lyrique connaissait la chanson, chantait le refrain et suivait ses paroles mais en réalité ce qu’il disait était hyper trash.

Est-ce que vous vous inspirez de fêtes similaires organisées aux Etats-Unis ou ailleurs par le passé ?
Océane : Non, c’était plus un “comment faire pour continuer à les aider sans avoir à être sur les camps ?” parce qu’on était fatigué.
Lucas : Psychologiquement et physiquement c’était très dur et donc on s’est dit comment continuer à les aider et aussi en combinant nos métiers respectifs.
Océane : En rentrant de soirée en plus de ma présence sur les camps, je culpabilisais de tout l’argent que j’avais claqué “J’aurais pu en faire tellement de choses”. C’était plus sous gueule de bois que très réfléchi au départ.

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Crédits photos : Jacob Khrist et Thomas Smith.

++ La Grande Veillée c'est samedi 23 et dimanche 24 septembre au Trabendo, Brain vous fait gagner votre pass ici.
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