AdalTom-of-finland-121Quand j’ai déménagé à New-York il y a quelques années, je savais que ma situation financière fluctuerait beaucoup plus qu’en France. C’était un rêve un peu con, NY, mais les possibilités de rentrées d’argent semblaient alors plus extrêmes et variées que de ce côté-ci de l’Océan Atlantique. Il y avait l’attrait de l’inconnu et la fuite en avant, à la suite d’une rupture difficile. Il y avait aussi la sensation d’accomplir davantage que mes concitoyens, simples touristes. Appartenir à New-York (et inversement) était grisant. Avec un simple visa en poche délivré par l’ambassade américaine à Paris, il était possible de sauter le pas, aventure accessible des expats «bien nés», et faire marche arrière si gros pépin. Mais il était, malgré tout, inenvisageable de trouver un boulot dans une boîte locale, et trop périlleux de se lancer dans la recherche d’un taf au noir. Je comptais m’installer à Brooklyn pour y vivre pendant quelques années, et me faire expulser ne figurait pas à mon agenda... Les multiples difficultés inhérentes à la vie au sein de la société américaine (coût élevé d’une mutuelle, du loyer, de la nourriture et des produits locaux - en ce qui concerne New-York) font qu’il est «très cher d’être pauvre aux US», comme l’a répété sans cesse et le démontre encore aujourd’hui au Sénat le candidat malheureux à la présidentielle américaine de 2016, le «socialiste» Bernie Sanders. Toujours un gros mot, en dépit de la lente évolution des mentalités. Le capitalisme sauvage a encore gagné en novembre dernier.

Mais même sous Obama, il fallait bouffer - les États-Unis ne font pas de cadeaux aux fragiles. Cependant, l’idée de la prostitution ne m’avait jamais effleuré. J’aimais le sexe, j’étais fraîchement célibataire, avec une énergie du désespoir qui allait passer par quelques excès, et l’exploration sans relâche de mon corps. Mais je disposais d’assez d’économie et de ressources, en tant que pigiste «précaire mais pas trop», pour m’en sortir. New-York m’était vite apparu comme un lupanar géant ; il suffisait de traverser l’East River, de sortir du métro - en partie aérien - après le premier arrêt à Manhattan, pour croiser les regards insistants de types qui ne s’embarrassaient pas de considérations existentielles, trouvaient toujours le temps de s’arrêter et de sourire sincèrement, et ne snobaient jamais au premier abord, comme c’était le cas à Paris. Il fallait baiser, vite et bien, et après nous le déluge. Ce fut une vraie libération, les homos américains étant généralement de mauvais amants pleins d’espoir et d’illusions, mais de vrais gentlemen, fascinants, généreux et surdiplômés. L’argent n’était pas encore un problème, grâce à quelques économies substantielles et à des piges effectués en dilettante pour des journaux parisiens, toujours prompts à s’intéresser à Brooklyn, l’inatteignable branchée (nous étions alors en 2010, et la France n’était pas encore une usine à burgers montée sur fixie).

Après quelques mois de bohème 2.0 dans un appart’ en couch surfing, il fallait pourtant s’y résoudre : les articles payés 5 euros le feuillet (coucou Vice) ne parviendraient pas à maintenir l’équilibre de mon frêle compte en banque, et mes économies (grosso modo, 5 000 dollars) fondaient avec une obstination inversement proportionnelle à celle de la neige, que ce putain d’éternel hiver charriait à intervalles réguliers, caractéristique de la rudesse de la Côte Est. Du gris et du froid, du froid et du gris. Il fallait bien se réchauffer le corps et le cœur. Il avait aussi fallu acheter des manteaux, des aubergines à 10 dollars le kilo, des bières hors de prix, payer une ambulance et deux nuits d’hôpital après une vilaine infection, puis un lit (même pas une chambre privée) à un prix exorbitant dans un appartement d’un quartier pourtant délabré de vieilles familles juives orthodoxes de Greenpoint. Ce qui devrait évidemment consumer l’immense majorité d’un budget désormais famélique. Pourtant, le doute subsistait, nourri par la peur de me faire choper... En pleine réflexion déontologique et juridique, je ne savais pas encore que mon premier client se trouvait juste au-dessous de ces grands chapeaux en velours à bords poilus (le shtreimel), que les Juifs hassidiques portent à chaque shabbat et durant les fêtes. Je l’apprendrai bien vite : il n’y a plus de religion quand il s’agit d’argent et de sexe mêlés, plus de Républicains et de Démocrates, plus de docteurs ou de juges, pas plus de balayeurs ou de bons pères de famille. Quelques mois plus tard, dans cette même ville, une histoire très française viendra me le rappeler : le grand chef de Sciences Po Paris, Richard Descoings, un mec apparemment marié en France, était retrouvé nu dans sa chambre d’hôtel, son laptop et son téléphone portable balancés quelques étages plus bas. Il y aurait eu des «garçons de passage», nous disait-on, révélant en sus une belle hypocrisie des élites, homosexuelles ou affiliées.

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Car il faut bien le dire, «descente de flics chez les putes» et «meurtres dans la baignoire d’un motel du Connecticut» sont généralement les premières phrases clés qui viennent à l’esprit lorsqu’on se lance dans ce business. Quand vous êtes une pute (j’emploie évidemment le terme pour les travailleurs des deux sexes), personne ne vous entendra crier. Que de malheurs pour une profession que chacun exploite, taxe et utilise, et qu’aucun ne souhaite ouvertement protéger, par peur de représailles et de la honte. Double peine, quand vos clients sont tellement dans le placard qu’ils finissent dans le Monde de Narnia. Les législateurs US très marqués à droite ne sont-ils pas les premiers à se faire choper la main dans le slip de jeunes éphèbes ? Si ! Larry Craig, Républicain, membre de la NRA, pourfendeur en chef de l’adultère de Bill Clinton période Maison Blanche, traîne des casseroles gays depuis les années 80, et s’est fait arrêter, en août 2007, par un flic en civil à qui il réclamait une gâterie dans les toilettes de l’aéroport de Minneapolis. Il a plaidé coupable, avant de se rétracter. Il est toujours sénateur de l’Idaho, après être revenu sur sa décision de démissionner. Sa fiche Wikipédia nous apprend qu’il est «marié, et a adopté les trois enfants que son épouse avait eus d'un précédent mariage»… Rire nerveux. À la moindre incartade, tu sais que ce genre de personnage te jettera sous un bus, et votera les lois les plus homophobes et rétrogrades qui soient, comme ce fut le cas en 2016 dans plusieurs États du sud. Propositions de texte qui, en général, n’oublient pas de punir sévèrement tout ce qui a trait, de près ou de loin, à la prostitution (ou aux femmes en général, via les fameuses restrictions iniques sur la question de l’avortement). Et le shitstorm Trump ne fait que commencer. Randy Boehning, Steve Wiles, George Rekers, Eddie Long, Troy King, Richard Curtis, Ted Haggard, Glenn Murphy, David Dreier, Bruce Barklay, Roy Ashburn, Ed Schrock, Robert Allen, Mark Foley, Phillip Hinkle, ne sont pas tes amis, jeune prostitué mâle. Et pourtant… Cette liste de vieux hommes blancs, longue comme une dick pic honteuse, comprend uniquement de bons gros Républicains farouchement anti-gays, que des policiers ont écroués pour sollicitation illégale de sexe tarifé. Ironie dégueulasse.

Par ailleurs, alors que j’étais bien décidé à faire d’une pierre deux coups en acceptant la pluie de billets, une rentrée de droits d’auteur pour un bouquin écrit quelque temps plus tôt en France m’avait forcé à l’interpréter comme un signe du destin. J’étais trop curieux pour ne pas m’inscrire sur un site d’escorts, mais je n’accepterais pas l’argent, et dévoilerais mon identité après chaque rendez-vous. C’est donc après avoir longuement hésité et fait mes sordides recherches réglementaires sur le net que j’ai créé un profil sur un seul et unique site, le bien-nommé RentBoy, ne souhaitant pas m’éparpiller et devoir gérer multiples comptes et réponses. Autant être précis, pragmatique et safe. Et autant enquêter avec une idée derrière la tête : établir une cartographie exhaustive du client de prostitué(e)s. Malheureusement, mes idées préconçues de journaliste et mes attentes fébriles de jeune gay célibataire allaient voler en éclats.

Premièrement, il fallait se rendre à l’évidence : les photos présentes sur mon profil déviaient sensiblement des deux standards injustes que des années de culture porno ont façonné dans la tête du public. Quand vous êtes un client, deux choix de prestation s’imposent très largement sur RentBoy : le super minet blond à peine sorti du college, ou la bête de sexe au phallus veineux et démesuré. Soit, dans l’inconscient collectif des «consommateurs», le passif inoffensif et l’actif démonteur de pneus [soit aussi une perpétuation du modèle vieux comme l'Occident de l'éromène et de de l'éraste, ndlr]. En tant que fier représentant de la génération X, donc approchant la trentaine à l’époque, passablement poilu et trapu, je figurais presque une chimère pour l’internaute lambda, pensai-je. Une créature hybride, venue en sus de lointaines contrées. Trop vieux et viril pour être un toy boy soumis, trop jeune et frêle pour envoyer du bois. Et surtout peu typé - ni Noir, ni Latino, ni Asiatique. De fait, les premiers messages mirent un bon mois avant d’atterrir dans ma boîte mail, et je me suis toujours refusé à mettre ce temps de latence sur le compte d’une quelconque infirmité physique, ou de mon approche suspecte de dilettante. Je suis pas mal, bien foutu, et ma queue est prompte à réveiller le plus paresseux des bottoms. Et pourtant ! Je me rendis ainsi vite compte que les messages pouvaient être partagés en deux catégories : les types qui n’ont pas le temps de traîner sur un tel site (et vont droit au but), et ceux qui cherchent un mari par procuration. Je décidai de soigneusement éviter les premiers (peu enclins à chatter pendant des heures avant l’éventuelle rencontre) pour me concentrer sur les seconds, dont je savais qu’ils répondraient plus facilement à mes nombreuses interrogations avant de passer à l’acte. À chaque fois que je recevais un e-mail ou un coup de fil, mes instincts de scribouillard reprenaient le dessus et je m’emparais de mon carnet pour prendre des notes, dans un mélange de désir et de curiosité.

unspecified-3-1À la suite de quelques messages directement sur le site, les numéros étaient échangés. Ma première question était invariablement : «Pourquoi rencontrer des mecs sur ce site, et pas sur une appli traditionnelle (Grindr, Mister) ?». Ce n’est pas ce qui manque, et elles constituent actuellement les plus grandes pourvoyeuses de rencontres, dans tous les milieux. À ma grande surprise, beaucoup de clients étaient officiellement gays, voire en couple depuis des années (à l’époque, le mariage homo n’était pas encore légal aux États-Unis). Ils s’octroyaient une pause dans leur couple, parfois de manière transparente, en utilisant RentBoy comme un filtre, qui leur éviterait de tomber dans une sorte de routine adultérine. Il était si facile de coucher à New-York (Paris a un ratio similaire – Los Angeles ou Berlin sont clairement en retrait) que la barrière de l’argent et du choix limité dans le nombre de partenaires disponibles leur évitait de sortir tous les soirs pour «trouver l’amour». Le même genre de filtre qui me servait de protection, de l’autre côté de l’écran, les protégeaient d’eux-mêmes et de leur potentielle addiction au sexe (un «problème» pris très sérieux aux States).

Le choix, que j’aurais trouvé glauque et limité si je m’étais retrouvé côté client, les rassurait également sur le sérieux des partenaires, car les prostitués sont connus pour ne pas poser de lapin, ou trimballer avec eux une batterie trop effrayante de MST. Et c’était, sans contexte, le sujet de conversation numéro un de ces échanges. Triste filtre du sida, qui a flingué la spontanéité de toutes les générations en âge de baiser… Malgré les injonctions des sites Internet à se comporter «stigma free» (sans a priori), la population gay est clairement obsédée par la maladie. A fortiori quand elle paie pour du sexe. Cela peut paraître antinomique, mais il est évident que les pratiques à risque sont bien plus prégnantes dans un lieu de drague anonyme, une boîte ou un spa, que lors d’échanges impliquant de l’argent (où tout le monde est «fiché», quand bien même des efforts considérables sont faits, un peu partout, en faveur de la  prévention). Pour les besoins de mon enquête, j’ai également contacté plusieurs escorts, de jeunes types devenus mes collègues invisibles. Tous, sauf un, m’ont assuré qu’ils n’envisageraient pas de relation sans capote. Cette pratique est a priori non négociable pour la grande majorité d’entre eux, à plus grande échelle que mon petit sondage. Et ce, malgré le fait que certains soient sous PrEP (Pre-Exposure Prophylaxis, une combinaison de médicaments préventifs que beaucoup de gays utilisent, notamment à Los Angeles, et qui a donné des résultats spectaculaires). En avance, y compris sur l’industrie du porno (une loi sur le port du obligatoire du préservatif sur les tournages californiens a été rejetée en novembre dernier), les prostitués ont pris leur santé en main.

Les clients eux, souvent novices, surtout lorsqu’il s’agit d’hétérosexuels n’ayant eu qu’une partenaire dans toute leur vie (aka leur femme), se bornent à faire aveuglément confiance en leur escort. Ce qui est, finalement, tout à leur honneur. Car le respect, primordial dans ce milieu, est le lien qui sauve des vies. Bon nombre de types veulent d’abord prendre un café, pour voir si le courant passe, ont des questions d’une confondante naïveté, sont maladroits et souvent touchants, ce qui semble être très rare lorsqu’on évoque la prostitution féminine, où l’homme, sûr de sa toute-puissance, applique ses règles et les droits du patriarcat avec beaucoup moins de doutes et d’interrogations. Ici, d’homme à homme, le rapport de force est inexistant, presque inversé. Il ne m’est jamais arrivé d’éprouver la moindre peur, de me sentir trahi ou d’aller trop loin en repoussant mes limites par excès de faiblesse. J’ai, au contraire, dû faire avancer les choses devant des amants trop timides et impressionnables. J’ai «vu» 20 mecs en une année (pas forcément couché, certains veulent juste vous étreindre, et ça vous fait chialer comme dans un film tourné pour Sundance). Un seul homme, avec qui j’avais d’abord dîné, s’était amouraché trop sérieusement, après cet unique rendez-vous (malgré la révélation de mon identité), pour que son comportement continue à me paraître normal. Pour le second rendez-vous planifié, il avait réservé une chambre d’hôtel à 600 dollars, et m’appelait déjà «chéri» par SMS, agrémentant ses textos de subtiles menaces. Visiblement perdu et seul, il cherchait l’amour trop vite, trop fort, et j’ai dû bloquer son numéro après l’avoir engueulé au téléphone. Je ne l’ai jamais revu.

10387671_563039150463802_3704628979486340120_n-768x772Or en vrai, la plupart du temps, les hommes recherchent une boyfriend experience - l’illusion d’une relation, pas forcément délimitée dans le temps, que seuls les souvenirs et le compte en banque allégé leur rappelleront dans les jours qui suivent, tel un parfum entêtant. Ils préfèrent, en large majorité, rêver à une rencontre sur le long terme, où les modalités de «paiement» sont matérielles (restos, voyages, vêtements, etc.) plutôt que de vous tendre de pathétiques billets verts dans des enveloppes anonymes. Pour moi aussi, ces relations pouvaient être enrichissantes. Il est arrivé que le mec soit passionnant, élégant, heureux, beau, malgré la cruelle vieillesse. Dès lors, les circonstances de la première rencontre importent peu, et l’on passe à des dates traditionnelles après lesquelles, on taira, par pudeur, les vraies raisons du contact initial. Se marier avec sa pute, ça ne se dit pas, sans doute, mais c’est la réalité de beaucoup de vieux messieurs aux États-Unis (bienvenue en Floride !). Car évidemment, les clients ont rarement moins de 50 ans. Les plus jeunes, encore sûrs de leurs charmes, n’ont pas besoin de nous. Mais cette violente reconnaissance du temps qui passe est le sel du respect, et de moments souvent suspendus, parfois magnifiques.

Malheureusement, la prostitution est encore illégale dans de nombreux États des États-Unis, dont celui de New-York. Et c’est ainsi que, le 28 août dernier, le Department of Homeland Security a fait fermer le site RentBoy, basé à Manhattan (New-York), et arrêté ses employés, les accusant de promouvoir la prostitution et de blanchir de l’argent. Si les charges ont été levées en février dernier à l’encontre des six salariés, le directeur général, Jeffrey Hurant, a lui été inculpé, et plaide actuellement non coupable. La fermeture du site, dont je m’étais désinscrit quelques mois plus tôt, arrivé à la fin de mon enquête, avait provoqué la colère des associations de défense des droits des homosexuels, qui y voyaient une nouvelle manière de stigmatiser la communauté. D’autant plus que le département concerné, le fameux Homeland, suggérait que RentBoy était une menace pour la sécurité nationale. Une vaste blague… Aussitôt, comme une fourmilière à laquelle on aurait donné un coup de pied, une armée de sous-sites sont apparus, ou, déjà existants, ont récupéré tous les clients et les escorts débarqués de feu le site-phare de la prostitution masculine. Au lieu de réfléchir en profondeur au sens d’une telle pratique, on préfère stigmatiser son appellation, ainsi que tout un pan de la population, pour qui elle peut être vitale. En France, on est certainement plus laxistes en termes de législation, mais tout aussi hypocrites quand il s’agit de déclarer son soutien aux travailleur(se)s du sexe, qui se retrouvent en permanence en première ligne de la stigmatisation sociétale.

Aux États-Unis, un autre chiffre alarmant vient de tomber, symbole cruel de l’absence de protection de la communauté LGBT, des femmes et des prostitué(e)s, tous mis dans le même panier : plus de transgenres ont été assassiné(e)s en 2015 que lors de toutes les autres années (21 personnes, une liste effrayante), avec, en tête des victimes, les trans male to female «de couleur», qui se retrouvent en général tout au bas de la «chaîne alimentaire» de la sexualité des villes américaines (lire notre reportage de 2013 dans une église de New-York). Dans de nombreux cas, il s’agissait d’abord d’une affaire de prostitution ; puis les clients ont dérapé... Je n’ai pas eu cette malchance, n’ai jamais côtoyé l’horreur, n’ai pas été expulsé, et je continue parfois à me faire plaisir sur les différents sites, pour l’adrénaline et le pouvoir qu’ils confèrent, tout en refusant les trois billets, par respect pour ceux qui en ont besoin, si le cœur m’en dit. Le fait est que je suis désormais dans la même catégorie socio-professionnelle que les hommes avec qui je couche : l’homme blanc aisé, privilégié, et libre de ses expériences. Pour celles et ceux qui n’ont pas ce luxueux choix, le parcours est loin d’être aussi idyllique. Et les punitions pour s’être servi de tout ce qui leur reste (leur corps) est à la hauteur de l’hypocrisie de la société – américaine, française – au sujet de la prostitution : métier le plus vieux, mais aussi le plus détesté du monde.