Ça se binge : Dark
Ici, ce n'est pas les Cahiers du Cinéma : on ne va donc pas faire les connaisseurs et prétendre que «oui, on regarde et connaît tout un tas de productions allemandes qui amènent les codes de l'industrie hollywoodienne dans des univers encore inexplorés, plus poético-mélancoliques et moins foncièrement manichéens». Pourquoi ? Parce que, de l’Allemagne, on ne connaissait jusqu’à présent qu’une série : Derrick (merci mémé, de rien pépé). Et puis parce que Dark, produite par Netflix, fait partie de ces séries complexes qui ne méritent pas d’être complexifiées en les analysant dans tous les sens. Pour le moment, le projet de Baran bo Odar est suffisamment malin, libre et référencé (il cite ouvertement Goethe, Nietzsche et Platon) pour se suffire à lui-même, pour que le spectateur l’interprète comme il l’entend et l’aborde (au choix) comme un thriller, un conte de science-fiction ou simplement comme un excellent divertissement – sans doute la meilleure solution, d’autant qu’elle permet de ne pas coller d’étiquette bien définie à cette série ambitieuse.


Pour la faire simple, Dark, c'est un peu la rencontre (fantasmée et pourtant logique) de l'univers de Stephen King et de celui de Twin Peaks, c'est une capacité à flirter avec le surnaturel (des coupures de courant mystérieuses) et des éléments piqués aux séries policières (la disparition d'un enfant, l'apparition d'un autre), c’est une faculté à osciller entre des répliques convenues («It’s happening again», comme pour mieux appuyer l’arrivée d’un drame) et un scénario hyper-bien ficelé : celui d'enfants disparus au sein d'une époque inconnue, dont l'absence fait ressurgir différentes symboliques religieuses (oiseaux tombant du ciel, brebis décimées et Apocalypse) et une énigme. Primordiale, l’énigme : «La question n’est pas où, qui, comment, mais quand ?». Entre notre époque et 1986, donc, date des premiers enlèvements. C'est dans ce double espace-temps que se joue tout l'intérêt de Dark, et c’est ici que l’on a passé l’un de nos meilleurs moments sériels de l’année.

Le trailer qui fait le buzz :
Ça s'appelle Unsolved, c’est produit par les mecs de People Vs. O.J .Simpson : American Crime Story, ça débarque le 27 février 2018 sur USA Network et ça promet de se pencher sur l'assassinat de 2Pac et Biggie en 1996 et 1997. Bon, on connaît déjà le fin mot de l'histoire, mais comment dire non à une bonne enquête policière sur fond de hip-hop, de mystères et de coups montés ?

La série qu’on aimerait spoiler : Love
Love, c'est l'histoire d'amour de deux trentenaires paumés, un peu tarés, qui tentent de donner corps à leur relation en dépit de leurs névroses respectives. Ces deux amoureux, ce sont le nerd Gus (Paul Rust) et l'imprévisible Mickey (Gillian Jacobs, aka Britta dans Community), deux âmes esseulées au cœur de la Cité des Anges. Après deux saisons aussi drôles et poétiques que touchantes et frustrantes, Love revient à partir du 9 mars pour une troisième et dernière saison. La meilleure (forcément), selon Judd Apatow, co-créateur de la série : «Je suis super excité par cette troisième saison de Love. Je crois que c’est la saison la plus tendre et drôle de la série, et qu’elle permet de clore cette histoire d’une très belle manière.»

 

March 9, 2018 is the date the final season of @loveonnetflix returns. Find out if they find love!

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L’interview du mois :
Jeff Carlin à Vulture : «Curb Your Enthusiasm, ça tient en sept pages et c'est essentiellement l'histoire de la série, sans de réels dialogues. Je peux obtenir une ligne que Larry (David, ndlr) compte écrire pour un épisode et qu'il veut que je dise. À part ça, je connais l'histoire, je sais ce qu'il faut dire et je le dis simplement. Il y a un paragraphe ou deux pour une scène, mais nous l'adaptons à ce qui se passe. Ce ne sont généralement que des brouillons. Si Larry réécrit, il va juste réécrire sa partie ou en parler avec Jeff Shaffer, qui l'un des producteurs. Ce n'est pas comme si nous avions une salle où l'on réécrivait l'histoire.» Où comment avoir la preuve que l’une des meilleures séries comiques des années 2000 et 2010, déjà en route pour une saison 10, doit ses fameuses répliques à l’improvisation.

OSEF : le retour de Prison Break
La saison 2 était déjà bancale, la trois commençait sérieusement à inquiéter, la quatre et la cinq flirtaient avec la nullité. Pas besoin d’avoir plus de QI qu’un chroniqueur chez Hanouna pour comprendre que la saison 6, annoncée par Dominic Purcell sur Instagram, sent l’échec à plein nez.

La photo qui affole les séries-addicts :

Traduction : Atlanta, la merveilleuse série de Donald Glover (Troy dans Community, Childish Gambino dans le hip-hop) est de retour ! En février prochain, si tout va bien.

Que deviens-tu, Robert Sheehan ?
En plus de jouer dans une série qui met en scène une bande de jeunes délinquants soudainement dotés de superpouvoirs alors qu’ils sont en train de réaliser leurs travaux d’intérêt général, Robert Sheehan a incarné l’antihéros parfait dans Misfits. Ça dure à peine deux saisons, et c’était précisément avant que la série anglaise ne devienne qu’une vulgaire parodie d’elle-même. Autant dire qu’elle reposait grandement sur les épaules de ce jeune homme à l'accent cockney, à la répartie à la fois trash et génialement drôle, et aux punchlines sexuelles bien senties - on parle quand même d'un mec qui a copulé avec une octogénaire, qui ne passe pas une scène sans parler de cul ou mimer une masturbation, et qui a appris à ses amis l'existence d'une triplette (pour info : jouir, vomir et faire caca en même temps et sur une même personne).

Malheureusement, depuis son départ de la série en 2011 (officiellement, pour se concentrer sur sa carrière cinématographique), Robert Sheehan n’a jamais eu un rôle à sa mesure. Ou du moins, dans un film digne de ce nom. Et non, Killing Bono ou The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres ne comptent pas ! En revanche, son retour sur le petit écran, dans la série The Umbrella Academy, pourrait faire davantage de bruit. Déjà, parce qu'il aura à nouveau des superpouvoirs (communiquer avec les disparus, un comble quand on sait qu'il ne pouvait pas mourir dans Misfits). Et puis parce qu'Ellen Page y tiendra également l'un des rôles principaux. Si vous aviez entre 18 et 25 ans à la fin des années 2000, vous savez à quel point la réunion de ces deux acteurs est importante.

L’interview du mois, épisode 2 :
Interviewée par le Hollywood Reporter, Sophie Turner (aka Sansa Stark), actuellement en plein tournage des derniers épisodes de Game Of Thrones, a lâché ses impressions : «C’était doux-amer et dur à gérer. À la fin du tout dernier script, ils ont lu à haute voix : «Fin de Game of Thrones.» Juste après ça, à peu près tout le monde a fondu en larmes. Il y a eu une standing ovation pour les showrunners. Tout le monde applaudissait et se serrait dans les bras. C’était génial.» On ne sait pas ce qui aurait été le plus gênant : que l’inverse se produise ou qu’elle le balance à un média ?

Greg Daniels, roi du rire américain
«The Office était plus gros, mais Les Simpson m'accompagneront probablement jusque dans ma tombe». C'est par ces mots que Greg Daniels, 54 ans, entamait son interview au média The National. Et ça en dit long sur le parcours de ce scénariste, producteur et réalisateur américain, à l'origine de la version américaine de The Office (qui pourrait faire son grand retour, suspense…), de Parks & Recreation, et à l'écriture derrière des shows tels que le Saturday Night Live, Seinfeld ou encore Les Simpson. Peu connu en France, Greg Daniels est donc un poids lourd de la télévision américaine, un mec avec qui l'on rêverait de passer ne serait-ce qu'une soirée pour savoir les petits secrets derrière la conception de ses différentes séries.
On en apprendrait certainement beaucoup sur le pourquoi de sa fascination pour le personnage de Millhouse dans Les Simpson, série pour laquelle il a co-écrit les épisodes des saisons cinq, six et sept de 1993 à 1996. On en saurait davantage sur les raisons qui ont poussé NBC à lui demander d’écrire une série qui transposerait en quelque sorte l’univers de The Office dans une petite mairie des États-Unis (Parks & Recreation). On pourrait lui demander ce que ça fait d’écrire aux côtés de Larry David un épisode de Seinfeld (en 1992, pour l’épisode The Parking Space). Surtout, on lui demanderait de nous raconter en long et en large les coulisses de The Office : pourquoi il aime tant les écrivains-acteurs (de Mindy Kalling à Paul Lieberstein, en passant par B.J. Novak, premier acteur casté pour la série), comment il a réagi quand John Krasinski (Jim), qui ignorerait à qui il avait affaire juste avant l’audition, lui confiait que les Américains avaient tendance à gâcher toutes leurs adaptations de productions anglaises, pourquoi il souhaitait un couple interracial à la place de Jim et Pam, comment un sketch donné devant son père alors qu’il était gamin lui a inspiré les cérémonies des Dundies, et pourquoi il s’est inspiré de la ferme de ses grands-parents en Pologne pour le rôle de Dwight. Bref, on passerait une super soirée avec un super producteur à l’origine de superbes séries. 

La photo qui rend nostalgique :

urkelLes vidéos à voir : le making-of de H
Parce qu’il faut bien se marrer, non ?