En 1998, l'année est particulièrement dure pour les mélomanes français : Céline Dion, Hélène Ségara, Patrick Fiori et la comédie musicale Notre Dame de Paris trustent les charts. Côté hip-hop, c'est Manau qui vend le plus. La victoire en Coupe du Monde ne pourra pas tout effacer, nos oreilles seront blessées à jamais. Heureusement, de l'autre côté de l'Atlantique, c'est l'émergence de la nu soul, soit un relifting de la soul inspiré par les bidouillages des beatmakers. D'Angelo et Questlove, le batteur de The Roots, enregistrent à l'Electric Lady Studios, le studio construit par Jimi Hendrix juste avant sa mort.  Leur rêve : faire un disque intemporel et offrir enfin une alternative au R'n'B lisse et à la, pincez-vous le nez, "pop urbaine". Autour du duo, une galerie de talents hallucinante va s'agréger : Q-Tip, Dj Premier, Method Man & Red Man, Mos Def, Common, Erykah Badu,  Raphael Saadiq, Bilal, Jill Scott, Talib Kweli, J Dilla. Le collectif Soulquarians est né et va pondre un nombre incalculable d'albums classiques. Pitchfork retrace en animation la trop courte épopée de cette Factory de la soul et du hip-hop qui a réinjecté un peu de psychédélisme dans ce nouveau millénaire. A voir. En bonus, on vous a retrouvé la photo de famille originale du crew. Soulquarians3.223b7d37