soundsystem

Dans un article daté de 2014 pour Resident Advisor, le spécialiste de la culture club Luis-Manuel Garcia remarquait que le rôle des LGBT dans la naissance de la techno de Détroit était souvent laissé dans l’ombre. Dans des livres comme Energy Flash de Simon Reynolds ou Techno Rebels de Dan Sicko, la scène musicale de la Motor City est présentée comme la contrepartie hétéro, de classe moyenne, sobre et “sérieuse” des milieux festifs queers, prolos, drogués et excessifs de Chicago. Mais des travaux comme ceux de Garcia tendent au contraire à montrer la sexualité a joué un rôle prépondérant dans le développement du paysage musical post-Motown de Détroit. Les “pionniers” de la techno Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson ont été très influencés par la musique qui passaient dans des soirées gays de la ville, organisées par les DJs Ken Collier, Renaldo White et Morris Mitchell. Dans la lignée de ce travail d'excavation du passé queer refoulé de Détroit, l’organisation à but non lucratif Detroit Sound Conservancy a lancé une campagne pour rénover le soundsystem du feu Club Heaven, l’un des principaux clubs gay de la métropole. L’idée ? Ressusciter l’âme dégénérée de cette boîte de nuit qui a “contribué à l’émergence de la house et de la techno, ainsi qu’à la diffusion du voguing et de la culture ballroom”. Pour contribuer financièrement au projet et vous racheter des points de karma, c’est par ici que ça se passe.