Ta musique est décrite comme du «slacker rock» (du rock de branleur en VF) mais en réalité on ne peut pas vraiment te qualifier de branleur, puisque tu es quand même assez prolifique…

Mac DeMarco : Ah, je suis heureux que tu le relèves, je travaille tout le temps. Ca a peut-être à voir avec l’atmosphère de ma musique ? Je ne sais même pas ce que «slacker rock» veut dire pour être honnête. Mais j’imagine que Weezer, c’est du «slacker rock» - ou Jackson Scott, c’est un putain de slacker celui-là ! (Rires)

 

Tu interagis beaucoup avec le public pendant tes concerts. Tu ne pourrais pas imaginer faire un concert sans te comporter de la sorte ?

Ben ouais, autrement, ce serait chiant quoi ! Je veux dire, mon groupe et moi, nous sonnons bien, mais nous ne sommes pas non plus les meilleurs musiciens du monde, il faut se rendre à l’évidence... donc il faut que ça soit marrant. Personnellement, je déteste me rendre à des concerts où le groupe ou l’artiste se prend trop au sérieux. Je veux qu’à mon concert tout le monde se sente à l’aise, si je fais le con, plus personne n’a le temps de se demander s'il est cool ou pas. C’est ça que je recherche.

 

 

Est-ce que jouer au con te sert aussi de barrière ? Est-ce que ca t’aide à pouvoir dire des choses sensibles et romantiques comme tu le fais dans tes chansons tout en gardant une distance et une certaine pudeur ?

Oh, je n’ai pas de problème à admettre que je suis romantique, et ce que je dis dans mes chansons, c’est sérieux. Mais c’est vrai, peut-être que jouer au con m’aide un peu. Ceci dit, je maintiens qu’un concert doit être fun - de toutes façons, le rock’n’roll ce n’est pas un musée, il faut qu’il y ait une interaction entre le public et le groupe, sinon ça n’a pas de sens.

 

Parfois, on est à deux doigts du stand-up avec toi. Tu n’as jamais envisagé d’être comédien ?

Je ne suis pas très drôle à vrai dire, mais mon bassiste, lui, est vraiment drôle. Je ne pourrais jamais être comédien.

 

Qui est ton acteur préféré ?

J’aime beaucoup Chris Rock et Eddie Murphy à cause de leurs voix folles (il imite une voix qui ressemble à celle de Donald Duck, ndlr). Sinon, j’aime bien Tim et Eric. Et j’adore Robin Williams : ce mec est hilarant, et en plus, il a l’air tellement sympa !

 

As-tu des rituels avant de monter sur scène ?

(Il pointe du doigt sa bière) Je bois de l’alcool. Beaucoup, si tu vois ce que je veux dire. En fait je ne peux pas m’arrêter, mais ce n’est pas de ma faute. (Rires)

 

 

Tu ne peux pas monter sur scène sans boire ?

Si je le peux, je l’ai déjà fait, mais la culture dans laquelle j’ai grandi est très basée sur l’alcool.

 

Les Canadiens ont cette réputation d’être super sympas... est-ce que tu as un exemple qui viendrait mettre un terme à cela ?

Oui, tout à fait. Les Quéébecquois ne sont absolument pas sympas. La majeure partie des Canadiens sont sympas et certains sont de gros cons, et là d’où je viens, les gens sont vraiment stupides et irresponsables.

 

Pourquoi les Américains se moquent-ils toujours des Canadiens ?

Je ne sais pas, peut-être parce que les Américains sont des abrutis ? Ils ne comprennent rien. Ils ne comprennent pas qu’on est pareils, sauf que nous ne sommes pas des rednecks complètement crétins. Les Américains détestent les Français, les Anglais, les Canadiens - ils détestent tout le monde.

 

Et pourquoi les Québecquois sont-ils des cons ?

Parce qu’ils sont frustrés. Quand les Anglais sont arrivés au Canada, ils ont pris toutes les terres et n’ont laissé qu’une infime partie à ce qui allait devenir le Québec. Depuis, les Québecquois ont les boules et sont frustrés.

 

Tu as déclaré vouloir remettre au goût du jour l’idée de songwriting, alors qui sont tes songwriters de prédilection ?

J’aime Ray Davies, Jonathan Richman... Harry Nilsson, je suis un grand fan. J’aime les chansons d’amour, quoi.

 

Ton Top 5 des chansons d’amour ?

Something – Les Beatles

Without Her – Harry Nilsson

Everyday Close – Jonathan Richman

I Couldn’t Say It To Your Face – Arthur Russel

I Will – Les Beatles

 

 

Peux-tu écrire en tournée ?

Non, j’ai besoin d’être complètement seul.

 

Tu vis de ta musique ou tu as un job à côté ?

Depuis peu, je peux vivre de ma musique, ce qui me paraît fou. Maintenant, je peux me dévouer corps et âme à la musique, et quand je suis en période d’écriture et d’enregistrement, je ne sors pas de chez moi. Je vois juste ma copine.

 

Te considères-tu comme quelqu’un de romantique ?

Oui, je crois que oui - enfin disons que j’ai des idées romantiques mais que je suis trop feignant pour les mettre en application.

 

Tu as déjà écrit des chansons d’amour et dit à la personne concernée que c’était pour elle ?

Ca dépend, parfois ça reste un secret, et parfois je le dis. De toutes façons, maintenant, toutes les chansons que j’écris sont pour ma copine, et je le lui dis ! Et elle le sait.

 

 

Tu envisages de continuer à faire de la musique à un même rythme soutenu ?

Je vais continuer à faire ce que je fais, c’est un besoin que je ressens et je ne sais pas si ça va marcher ni même si les gens aimeront, mais très franchement ? J’en ai rien à branler ! (Rires)

 

Quand tu jettes un coup d'oeil sur ta carrière, quel est le meilleur souvenir que tu gardes en mémoire ?

Notre premier concert sold out à New-York, c’était un putain de show, un vrai bordel. Tous nos amis étaient là avec nous, sur scène ou dans la salle, on ne savait pas ce qui allait se passer mais on savait que ça se passerait bien.

 

Qui sont les artistes dont tu te sens proches aujourd’hui ?

Tous les groupes qui m’inspirent sont si petits que personne ne les connaît, il s’agit pour la plupart de mes amis. Sinon, j’aime aussi Melody’s Echo Chamber, Holy Shit, John Maus, et plein de groupes de Captured Tracks, mon label.

 

 

++ La page Facebook  et la maison de disques de Mac de Marco.

++ Les titres de Mac DeMarco sont disponibles sur iTunes.

 

 

Sarah Dahan // Crédit photos : Vincent Arbelet.