Elle arrive tout de cuir vêtue, en cuissardes, une sorte de casque d'aviateur sur la tête et avec un énorme sac à main dont elle ne sortira que ses cigarettes. Des clopes qu'on ne cessera d'aller fumer dehors, préférant finalement terminer l'interview sur un petit banc devant le café où les riverains s'arrêtent continuellement pour claquer la bise à la Fontaine. Quelques whiskies plus tard, au moment de la quitter, elle prend notre bras et nous intime l'ordre de la raccompagner à sa porte. On ne peut décemment rien refuser à Son Altesse et malgré la démarche titubante, on a bien l'impression de sortir de cette rencontre un peu plus noble.

Vous allez bien ?
Brigitte Fontaine : Oh bah ça dépend, comme tout le monde.

Ca faisait longtemps que vous n'aviez pas refait un album avec Areski.
Oh bah, ils m'ont forcée à faire un disque de duos. C'est ridicule, ils m'ont cherchée pendant deux mois pour que je fasse ça. Ils m'ont dit «tu verras, ça marchera»... Ca n'a pas marché du tout. Je suis partie de chez Polydor. J'aimais les gens avec qui je faisais des trucs. J'avais déjà tout un disque de prêt avant. La moitié des chansons datent d'avant L'un n'empêche pas l'autre.

Comment définiriez-vous votre relation avec Areski ?
Une osmose. Oh, c'est très banal.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
C'est Higelin qui nous a présentés.

Jacques Higelin, vous l'avez rencontré comment ?
Il est venu me voir dans une boîte et m'a proposé de faire cette pièce avec moi (Maman j'ai peur, co-écrit avec Rufus, ndlr).

Vous chantiez quoi à l'époque ?
Des conneries. Des trucs que je ne mets jamais dans ma discographie et que j'aurai pu interdire.

Il aimait bien votre voix quand même...
Il aimait tout. (Rires)

Et très vite, il vous a présenté Areski ?
Non, pas très vite. Il se méfiait... (Rires)

Vous êtes toujours restés très proches ?
Oui, un peu moins que dans ce qu'on peut appeler ses années de gloire. Je suis allée avant-hier soir à son anniversaire, qu'est-ce qu'on a rigolé !

Vous avez commencé par faire du théâtre...
Quand j'étais petite, je savais que je ferais du théâtre. Chanter, je n'avais pas prévu ça du tout. C'est arrivé par accident. 

L'expérience au cinéma que vous avez eue avec Kervern et Delépine dans Le Grand Soir justement, ça vous a plu ?
Ah non, j'aime pas jouer au cinéma. Ils m'ont fait du chantage. C'est idiot, ils m'ont dit "si tu le fais pas, on le fait pas non plus". Mais j'ai horreur de ça, on ne peut pas jouer au cinéma.

Et le théâtre, vous en referiez ?
Mais oui, je vais refaire une pièce qu'on a faite il y a dix ou quinze ans et qui s'appelle L'Inconciliabule (la pièce a été jouée entre 1980 et 1984, ndlr).

La pièce avec Higelin et Rufus, vous l'avez beaucoup jouée ?
Oui, en Belgique, Suisse et Autriche.

Vous n'êtes pas allée au Québec ?
Si, mais je n'aime pas du tout - j'y suis restée deux mois, quelle horreur, l'Amérique du Nord, je la hais. C'est une terre maudite. Ils ont du sang jusque-là sur les mains. Et j'aime pas les paysages. Mais je ne connais de l'Amérique du Nord que le trajet entre New-York et Montréal, qui est sinistre. New-York, j'aimais bien. J'avais trouvé ça très beau.

Pourtant y a les chanteuses à voix au Québec...
Ah, elles m'énervent.

Vous y êtes retournée ?
Ah bah non, je ne prends pas l'avion, j'y vais en bateau.

Du coup vous ne jouez jamais en Corse non plus ?
J'ai horreur de la Corse et du soleil. J'aime pas, j'aime pas, j'aime pas.

Sur l'album, il y a une chanson qui s'appelle Les Hommes préfèrent les hommes...
Bah c'est vrai, ils sont tous pédés. (Rires) Ca fait chier de les voir tous devenir homos ! (Rires)

Et vous dites à la fin «les femmes préfèrent les femmes» c'est un coming-out ?
Oh, c'est une pirouette. Moi ça ne me dit rien. Mais j'ai toujours eu une horde de meufs à mes trousses, je ne sais pas pourquoi. Je suis violemment hétérosexuelle.

Vous sortez de l'Ile Saint-Louis des fois ? Vous allez au cinéma ?
Jamais. Déjà parce que j'ai peur. Et surtout parce qu'on ne peut pas fumer. Mais je regarde des DVD. Le dernier Roi d'Ecosse j'ai adoré. Forest Whitaker, il est vraiment Amin Dada. Je l'avais adoré dans Ghost Dog. Et This Is It, c'est génial aussi, les dernières répétitions de Michael Jackson (elle étire le nom avec des miaulements à sa manière). J'aime beaucoup Michael Jackson. J'ai vu aussi Holy Motors de Carax. Fooooooormidable !

La chanson de Kylie Minogue par Neil Hannon est super aussi dans le film...
La chanson de qui ? J'm'en rappelle pas.

 Vous aimez quoi en ce moment en musique ?
(Long soupir suivi d'un long silence) J'aime bien Beth Ditto. Elle a failli enregistrer avec moi. Elle devait fêter son anniversaire à Londres, et bien évidemment, elle n'était pas là à temps et on a été obligés de faire le disque sans elle, mais elle est formidable. Et puis tout le monde l'aime, mais évidemment Portishead aussi. J'adore Beth Gibbons. Elle devait être sur mon album, elle avait accepté, putain je savais plus quoi en faire. Mais je l'aime beaucoup. Un petit gilet, un petit pull, elle est d'une simplicité. J'aime aussi beaucoup Bryan Ferry, qui a failli également être sur l'album, mais lui aussi je ne savais pas quoi en faire. Autrement, j'écoute Trisomie 21, un groupe des années 80. Et j'écoute toujours, toujours, toujours Gainsbourg. Tous les jours. Et tous les soirs.

Vous avez envie de refaire des collaborations ?
Oh la la, non. Pas pour l'instant. Tricky devait réaliser mon album, on s'est vus plusieurs fois, mais j'ai dit non.

Et si Björk vous demandait ? Vous la citiez beaucoup dans les années 90.
J'aime plus du tout Björk. On dirait une bonne soeur. Enfin, entre ça et un bébé qui vagit. Je ne peux plus la supporter.

C'est à Saint-Malo que vous vous sentez le mieux en dehors de l'Ile ?
Oui. Evidemment, je ne vais pas à la plage, quelle horreur ! De l'appartement, on voit la mer, c'est beau. Et puis je passe ma vie dans les bars et les dépôts-vente. J'y passe des fois 20 jours, des fois deux mois. J'y étais tout l'été.

 Vous êtes Bretonne, comme Nolwenn...
Euh ouais, comme Nolwenn Korbell plutôt. Elle c'est une vraie, elle chante en breton, elle ne sort pas de la Bretagne, elle est bonne. L'autre, c'est n'importe quoi.

Vous chanteriez en breton ?
J'avais commencé, parce que quand j'étais en classe de philosophie, il y avait un groupe de musiciens qui m'avaient demandé de chanter avec eux en breton. J'ai commencé à répéter, et puis je ne sais pas pourquoi, je me suis dit «ah merde, non» et puis j'ai arrêté.

Vous pourriez habiter dans un autre quartier ? Chez les bobos dans le 10ème par exemple ?
Le 10ème, c'est Ménilmontant ? J'ai un ami qui habite à Ménilmontant, un autre aussi à Faidherbe-Chaligny, c'est sympa. Belleville aussi, c'est très sympa. Mais je pourrais pas y habiter, c'est trop loin. Je suis un peu phobique des transports. Mais pas quand je suis en tournée. On est en bagnole avec mon batteur, qui est chauffeur. Dans une grosse bagnole, j'ai pas peur, il conduit très bien, pas un verre, pas une goutte et pas un pétard. Sinon je me déplace en taxi, mais pas toute seule. Je peux pas, j'ai peur.

Quel est votre rapport avec la mode ?
Oh, la mode j'men fous, c'est les fringues que j'adore ! (Rires) Là, mon manteau en cuir, je l'ai eu dans un dépôt-vente à Saint-Malo, mon casque m'a été offert par le créateur, un jeune de chez Gaultier, et mes genouillères on les trouve en pharmacie, j'ai eu cette idée-là.

On a l'impression que vos fringues coûtent une blinde, mais en fait non.
Oh, il y en a qui coûtent une blinde. Et puis il y en a qui me font des cadeaux, par exemple Issey Miyake.

Il y a une période fascinante chez vous, c'est les années 80, car c'est silence radio. Qu'est-ce qui s'est passé ?
(Long silence) Qui ça ? Ah moi ? A part Le Nougat... mais c'est la fin des années 80. On jouait la pièce, on faisait du théâtre. Et merde, on a le droit de faire ce qu'on veut quand même. 

 Mais vous n'avez pas été lessivée par les années 80, ce qui a permis d'une certaine manière votre retour triomphal dans les années 90.
Ah non, c'est normal tout ça. Et en même temps, tout est mystérieux.

 Il y a d'ailleurs un lien entre le titre de votre nouvel album, J'ai l'honneur d'être, et l'un de vos plus beaux disques dans les années 70, Brigitte Fontaine est... . Dans les deux, il y a le verbe "être" sans attribut.
J'ai trouvé que «j'ai l'honneur d'être», c'était honnête et fier. Rien à voir avec Brigitte Fontaine est... (folle !). C'est pas moi qui ai donné le titre. Ils ont mis des points de suspension. N'importe quoi. C'est la maison de disques.

Donc, ça ne pourrait pas s'appeler «j'ai l'honneur d'être folle».
Ah non ! Ce n'est pas un honneur, c'est une souffrance terrible.

Ca vous fait chier, cette image de foldingue ?
Bien sûr. Mais c'est fini ça, surtout depuis l'un de mes derniers livres qui s'appelait La Bête curieuse où j'ai arrêté de faire le clown et de m'amuser à la télé. J'ai été digne, j'ai refusé de m'amuser. C'était pénible comme tout. Odieux, odieux. Un cauchemar.

 Mais n'y avait-il pas une revanche sur le système médiatique qui vous avait mis de côté auparavant ?
Non, non. Je m'amusais, c'est tout. Mais j'avais tort. Après, ils ont tous dit que j'étais folle et ceci-cela. Bon.

Vous refusez maintenant les émissions de télé ?
Ruquier, ça fait quatre fois que j'ai refusé. Il a demandé une cinquième fois et je lui ai encore dit non. C'est un gros con... qui vous fait attendre six heures... sadiquement.

 (La serveuse arrive, demande ce qu'on veut boire et Brigitte dit qu'elle doit attendre encore une demi-heure à cause de médicaments qu'elle a pris)

Les cachets, la vieillesse, ça vous gonfle ?
La vieillesse, la vieillesse. Attendons un peu, j'vous l'dirai.

Quand vous étiez plus jeune, vous n'avez jamais eu le sentiment d'être à l'avant-garde ?
Non. Sauf que quand j'ai commencé, les autres gens me paraissaient être le vieux monde.

Et maintenant ?
Un peu aussi. Je ne suis peut-être jamais arrivée à être adulte.

Et est-ce que vous vous sentez vieille ?
Pas du tout. Je me sens pas du tout comme ça. Tout à l'heure, j'ai jeté par terre les Inrocks avec l'article sur moi. Dithyrambique, d'accord, mais avec des termes désobligeants et stupides (le SR a écrit dans le chapeau «encore un grand album poétique et humain de notre mamie zinzin à tous», ndlr), c'était ridicule alors qu'il y avait une photo où j'avais l'air d'une jeune fille. Bon, après je l'ai repris pour lire l'interview de Bertrand.

C'est dans le numéro avec Cantat en couverture, vous avez lu l'interview ? Vous le revoyez toujours?
Oui, j'ai lu. Et bien sûr, on a travaillé ensemble, et avant et après. Je n'avais pas apprécié quand il est venu jouer avec moi au Trianon deux chansons et que la chronique du spectacle dans le Parisien n'a parlé que de ça. Le pauvre, il est détruit mais il est courageux.

Vous pensez quoi de l'atmosphère qu'il y a en France en ce moment ?
Evidemment, c'est très décevant. Mais laissons-lui le temps, au pauvre François. Je lui ai envoyé mon dernier livre, avec une dédicace.

(Un vieil homme assez séduisant, petit air de Moustaki, avec une barbe blanche s'arrête et lui demande du feu avec un regard charmeur)

C'était de la drague ?
Bah non !

Dans le film, il y a une scène très belle scène avec Moustaki où vous êtes assis sur un banc. Vous étiez proches ?
Il passait par hasard. C'était un vieil ami, surtout d'Areski. Alors proches, oui, il habitait la porte à côté.

Vous êtes ni une bavarde ni une expansive ?
Nan, je suis pas bavarde.

Ca vous fait chier là, l'interview ?
Très souvent, je réponds «oui». Ou «non». Ou bien «parce que». Quelqu'un a dit une fois que l'Himalaya de l'interview, c'était moi.

Donc ça ne vous plait pas qu'on déclare que vous étiez underground, surtout dans vos premières années ?
Non.

Pourquoi ?
Parce que ! (Rires)

Mais c'était voulu, de ne pas se montrer et de rester discrète, non ?
Oui. Mais quand j'étais très jeune, j'avais quand même fait des trucs avec Jean-Christophe Averty, il était troooop bien (elle dit ça comme une petite fille, ndlr).

Vous n'avez pas eu l'impression d'être en avance en tant que femme ?
J'aime pas le mot femme, je préfère "meuf".

Quand même, quand vous vous compariez avec les autres femmes dans les années 70 ou 80, vous voyiez bien que vous ne faisiez pas partie du même monde...
A ce moment-là, comme je disais, je trouvais que tout était le vieux monde. Même Zouc. Alors là j'ai changé d'avis, car c'est quelqu'un de vraiment formidable. On a débuté presque ensemble. J'ai changé d'avis genre deux ans plus tard. Je lui téléphone de temps en temps, elle est contente quand je l'appelle, elle est très malade, elle ne peut pas bouger. Et moi, je croyais que c'était le vieux monde.

Qu'est-ce que vous faites quand vous n'êtes pas en promo ?
Rien. Je traîne dans les bars ou bien chez moi, avec des copains. Mais je sens que je deviens misogyne. Les femmes me font chier. J'ai eu quelques connes, là, qui m'ont gavée.

Vous écrivez toujours beaucoup ?
Oui, mais là, je n'ai pas écrit depuis des mois, alors que Flammarion attend et m'a payée pour ça. C'est un polar qui s'appelle Les hommes préfèrent les hommes. Entre-temps, c'est devenu une chanson, mais je vais quand même l'écrire. Bon, on va peut-être boire un coup maintenant ? Qu'est-ce que vous buvez ? Moi, je vais boire un Chivas.

(Elle va commander les whiskies, s'offusque qu'on lui ramène des glaçons et dilue son Chivas avec de l'eau)

C'était quoi vos kifs littéraires quand vous étiez jeune ?
Rimbaud. Dostoïevski. Rimbaud toujours. Dostoïevski, je ne peux plus, je suis pas une intellectuelle. Alors que quand j'étais jeune, j'étais une intellectuelle.

Vous avez fait des études de lettres ?
Je me suis inscrite en Lettres à la fac, mais je n'y suis jamais allée. J'ai eu l'examen final quand même. Après, j'ai laissé tomber. Et puis je me suis inscrite en anglais. Je n'y suis jamais allée non plus. Comme j'étais assez douée pour les langues, je donnais des cours privés à des petits garçons. Il y en avait un adorable qui passait son temps à mettre son bras autour de mon cou et à jouer avec mes cheveux. (Rires) Une fois, j'étais prof aussi, à Anthony, dans un couvent. Je me suis faite virer car la mère supérieure m'a vue passer à la fenêtre. J'avais une robe trop courte. Elle a dit «c'est qui cette élève avec une tenue indécente ? Virez moi ça».

 (une horde de touristes américains passe devant nous)

Vous n'aimez pas le continent nord-américain, mais ça ne vous fait pas chier tous ces touristes américains sur l'Ile Saint-Louis ?
Oh là là. Des fois je les pousse, je donne des coups de coude et des coups de pied en disant assez fort «US GO HOME». Et puis il y a des Allemands, des Japonais, des Chinois... Oh là là. Le samedi et le dimanche, j'évite de sortir. L'autre fois, arrive un couple d'Américains typiques, avec leur appareil photo sur le ventre et tout ; ils m'appellent et me disent «oh Brigitte, vous vous souvenez, l'année dernière, vous nous aviez pris en photo, vous ne voudriez pas recommencer ?». Et puis après, ils me disent «on vous aime beaucoup en Californie». Alors que moi, j'ai horreur de la Californie. Je n'y suis jamais allée, mais je n'irai jamais. C'est dangereux, ça menace de s'écrouler à tout moment.

(Un homme s'arrête dans la rue et nous propose du raisin)

Vous provoquez toujours beaucoup de sympathie : les gens s'arrêtent, veulent vous faire des cadeaux ou des bisous. Est-ce que vous pensez être généreuse vous-même ?
Je ne sais pas. Je suis gentille. Il y avait une femme que j'aimais beaucoup comme personne, sa littérature n'est pas formidable mais elle était stylée - c'est Françoise Sagan. Une fois, on lui a demandé «qu'est-ce vous auriez aimé faire que vous n'avez pas fait», et elle a répondu «écrire». Comme quoi, elle était très lucide ! Une autre fois, on lui demande «quelle est la qualité que vous préférez chez les gens ?», elle répond «la gentillesse». Le mec lui dit «vous voulez dire la bonté ?», et elle : «non, non. La gentillesse».

Vous l'avez connue ?
Non. Mais elle, elle connaissait mes disques. J'aurais dû la rencontrer. Je suis bête. J'avais un ami allemand qui fréquentait un bar de nuit des Champs-Elysées où elle allait souvent. Un jour, il l'avait vue et elle lui avait dit «ta musique c'est nul, voilà ce que tu dois penser» et elle lui donne Les Palaces. Bien, non ?

Ca vous importe de laisser une trace ?
Oui, certainement.

(Une famille très «manif pour tous» passe devant nous et rentre dans le café)

Et tous ces bourges, ils ne vous font pas chier non plus ?
Oh, fuck. Fuck them all !

++ Sorti sur Universal Musicle dernier album de Brigitte Fontaine, J'ai L'honneur d'être, est disponible sur iTunes.

++ Brigitte fontaine, reflets et crudité – Un documentaire de Benoit Mouchart et Thomas Bartel, disponible en DVD. Production et édition : La Huit.
 
 
Photo de Une: Marco Castro / Agent Mel.