Recherche

Interview

Pharrell - Skateboard P vu par Busy P

Jeudi, 15 Juin 2006

Manager des Daft Punk, boss du label Ed Banger Records et figure emblématique de la ”hype” parisienne, Pedro Winter est également un bon ami de Pharrell Williams. Brain lui a confié la lourde tâche d'écrire son tout premier article sur l'une des plus grandes stars américaines du moment.



Le décor : New York, début avril 2001. La Winter Music Conference de Miami vient de se terminer. Je rejoins DJ Mehdi, qui pose la touche finale à son premier album, The Story Of Espion, dans le mythique Electric Lady Studio. Dans mes poches, quelques dollars pour rapporter un cadeau à ma Headbangirl (la pression!), la clef de ma chambre au Soho Grand et une DAT des éléments séparés du prochain single de Daft Punk, Harder Better Faster Stronger.
Ma mission : Trouver Pharrell Williams et lui demander de remixer le troisième single de l'album Discovery des Daft.
Ma connection : Loic V., label manager de Star Trak, qui me donnera l'adresse du studio dans lequel Pharrell enregistre pour Britney et Limp Bizkit.
Les témoins : DJ Mehdi et ma truck cap (que je n'enlèverai pas devant Pharrell!)

Times Square. On pousse la porte du studio et on se retrouve nez à nez avec Pharrell, assis au piano en train de claquer quelques accords comme lui seul sait le faire. Je fonce, je me présente, et puis voilà, le courant passe, le mec est cool, très cool, merde, il est trop cool en fait! Bref, la glace est brisée, on est comme à la maison. Petite anecdote pour les fans: cinq minutes après avoir rencontré Pharrell, v'là t'y pas que Timbaland débarque dans le studio! Bon ben là, faut pas se chier dessus comme on dit vulgairement... En face de moi, les deux plus gros, les deux plus puissants producteurs hip hop & beyond de notre génération. J'en rajoute juste une petite ligne histoire de vous faire saliver: Timbo nous fait écouter quelques sons qu'il est en train de finir dans le studio d'à côté. Ma casquette tourne sur ma tête, Mehdi sourit à en s'en arracher les oreilles, Pharrell hallucine… Le maître Timbaland met la pression. Il met la pression mais c'est malgré tout Pharrell qui monopolise l'attention des quelques personnes présentes dans le studio.

Pharrell, le petit black bizarre de Princess Anne High School, qui traîne avec les skaters et qui veut être batteur. « He was kinda nerd » me dit de lui un de ses proches que je rencontre à Virginia Beach. En gros, Pharrell est différent. Il l'a toujours été. Pendant que ses potes vendent du crack sur le parking du 7-Eleven (chaîne de supermarchés, ndlr), il s'incruste dans le 'big band' de l'école. Le temps passe et Pharrell devient l'assistant de Teddy Riley, le producteur du moment. Les années défilent encore et voilà qu'en 2003, lui et son comparse Chad Hugo sont nommés aux Grammy Awards en tant que 'Producer of the Year'... Évidemment, ils raflent la mise. Les bad boys NORE, Busta, Mystikal, les dandy urbains Usher, Mary J, P.Diddy, les kings of pop version 21ème siècle, Britney, Justin, Gwen Stephani font tous appel à Pharrell pour produire leurs albums. Même Michael, le vrai King of Pop, appellera Pharrell à la rescousse. Mais sans succès car MJ ne trouve pas les mots pour le motiver, dommage Bambi... Je pourrais continuer des heures à parler de la musique du producteur le plus créatif et le plus généreux de sa génération, mais je dois abréger : on m'a dit de me limiter à 4000 signes de texte!

Penchons-nous donc sur l'icône, le sex-symbol, le mythe, le cas Pharrell. Un mec de 33 ans dont toutes les meufs de la planète sont in ‘love'. Un mec de 33 ans qui a une American Express Black (crédit illimité en gros). Un mec dont le portable recèle les numéros persos de Jay Z, Jade Jagger et Michael Jackson! Un mec toujours entouré de sa clique: Ben, son 'body guard', Rob, son manager, Loic & Shay, ses party boys, et bien sûr 1 ou 2 ou 3 ou 4 copines pour faire joli. Bref, le garçon ne manque de rien. Mais tout ça ne veut pas dire qu'on l'appelle Jésus. Au contraire, Pharrell n'est pas toujours épargné par son crew. Ben n'hésite pas à lui éclater la gueule quand il ose vouloir se mesurer à ses deux mètres et Loic ne se gêne pas pour échanger des vannes avec l'homme le plus en vue de la planète... Bref, ça se taille, ça rigole et ça ne se prend pas trop au sérieux. Être #1 au Top 50, voyager en première classe et se faire inviter à toutes les fêtes de la planète ne lui a pas encore trop fait tourner la tête. Ça fait maintenant 5 ans que je connais Pharrell, et il n'a pas changé. Bien sûr qu'il a envie de plaire, bien sûr qu'il joue un rôle sur scène. Mais dans la vraie vie, il est laid back.


Par Pedro Winter // Photos : Marco Dos Santos, Rankin.

 



Articles relatifs :

Mur d'inspiration par Thomas Winter

Gaspirator

Kelis - Faim de louve


Commentaires

Les commentaires sont modérés.
  • rafael - Vendredi, 21 Janvier 2011

    L'article est, je trouve, hyper dynamique et rend, à mon avis, bien compte de l'atmosphère des scènes vécues. Critiquer gratuitement c'est jamais difficile en tout cas. Busy P on se croisera certainement ce soir, à toute alors j'espère

  • jcor - Dimanche, 19 Décembre 2010

    Cet article est très mal écrit, c'en est gênant.

  • milone - Samedi, 26 Juin 2010

    Il pourrait être blasé avec tout ce qu'il a vécu et vu mais même pas, il n'y a qu'a voir comment il est aux défilés de Marc Jacobs dans le docu de Loïc Prigent, un vrais gamin. Pharrell symbole de la génération adulescente !

Nom :

Email :

Titre :

Message :

Êtes-vous un robot ?

(vérification: oui ou non)

derniers articles archives