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Interview

The Shoes - Chante, Danse et Mets tes Baskets

Mardi, 31 Mars 2009

En 2008, The Shoes ont écumé les clubs aux quatre coins de la planète, remixé Santogold, Ladyhawke, Late of The Pier, The Virgins et bien d'autres encore. A l'occasion de la sortie du EP Stade de Reims 1978, rencontre café/clopes avec Guillaume et Benjamin, duo rémois qui s'annonce d'ores et déjà comme l'une des sensations electro pop de l'année.


 

Comment est né The Shoes ?
Guillaume : Nous avons eu un précédent projet (The Film) et nous voulions repartir de zéro, commencer une autre aventure en restant complètement anonymes. Forcément au bout de quelque temps les gens ont réalisé que derrière The Film et The Shoes c'étaient les mêmes bonhommes…
 
Vous êtes réputés pour les nombreux remixes que vous avez faits. Quelle est votre démarche une fois que vous avez les différents éléments en main ?
Benjamin :
Quand on fait des remixes, on souhaite garder la structure de la chanson. On veut que ça reste, avant tout, une chanson.
G : Et si nous sommes de plus en plus demandés, c'est parce qu'on apporte autre chose. On n'a jamais fait un morceau de techno (même si on adore) qui dure six minutes sur un même beat car notre truc c'est d'écrire des chansons. A l´origine, je joue du piano et Benjamin fait de la guitare, on essaie donc de conserver la structure pop. Ce qui nous plait c'est de garder une mélodie et de changer l'univers autour.
B : Oui, c'est changer les accords, l'ambiance, plutôt que de faire un gros son hyper dance floor, même si ça nous est déjà arrivé bien sûr et que ça nous arrivera encore. Avec The Shoes, on fait un peu ce qu'on veut. On ne se met pas de barrières.
G : Et puis surtout, j'aime faire des remixes que je prends plaisir à écouter. Je pense que c'est la même démarche qu'un styliste qui crée des habits qu'il aimerait bien porter. Donc faire un truc de techno comme ça pour faire un truc techno ça ne m'intéresse pas trop...

C'est donc pour cela que certains de vos morceaux comme Hold Me Down ou People Movin ont des sonorités très pop ?
G :
Ce sont nos chansons préférées !
B : People Movin a effectivement des sonorités beaucoup plus pop qu'electro.
G : La façon d'exécuter le morceau est forcément electro, vu qu'on utilise des synthés (bien qu'il y ait de la guitare), mais en fait ça reste de la pop. Ce n'est pas sans raison que nous avons choisi pop comme genre musical sur MySpace.

Votre rapprochement vers la pop ne se fait-il pas aussi à travers l'univers que vous développez à côté de la musique ? Une équipe de foot en pochette d'album (quand on sait combien pop et foot sont liés en Angleterre), l'idée du groupe (avec les amis présents dans l'équipe), un nom en «The» qui est assez peu fréquent pour des formations electro, etc.
B :
C'est une démarche qui nous est venue naturellement. On a écouté beaucoup de rock et de pop quand on était gamins et on en écoute beaucoup encore. On s'est vraiment nourri à ça.
G : Mais par contre on n'a pas choisi de s'appeler The Shoes pour que ça sonne pop.

Entre les chaussures et le rock aussi il y a une grande histoire pourtant...
B :
Pour l'anecdote, on ne voulait pas du tout reprendre un nom en «The». On s'était toujours dit que le jour où l'on referait un truc on choisirait n'importe quoi mais pas un nom en «The». Et on s'est mal démerdés au final...
G : Notre nom vient d'une blague. On voulait repartir sur un projet neuf avec des nouveaux morceaux. On avait America et on voulait le lancer en gardant l'anonymat… J´appelle un pote, je lui raconte l'histoire et lui pour déconner il me dit : « Prends tes chaussures en photo et tu t'appelles "The Shoes" ». Le soir même en rentrant je crée un MySpace (je passe des heures sur MySpace) en me disant que de toute façon je n'aurai pas de retour et qu'on aura le temps de trouver autre chose, d'inventer un nouveau nom. Sauf qu'en quinze jours un buzz a pris sur le morceau. On s'est trouvé bloqués, on ne pouvait plus changer de nom donc on l'a gardé…
B : C'est bien ce que je disais... On s'est mal démerdés.

Il y a des gens qui vous filent des pompes ?
B :
Même pas...
G : Par contre il y a plein de gens qui nous envoie des photos des leurs. La dernière fois on a reçu une vidéo d'un mec de New York : il se filme parlant à ses chaussures chez lui.
B : Il crie aussi « The Shoes » dans la rue dès qu'il en voit une paire…
G : C'est un nom un peu difficile...
B : Ça sonne pas trop musical en plus.
G : Et surtout, chaque fois qu'on demande des visuels, les graphistes nous font toujours un truc en rapport avec les pompes. Je trouve ça d'une nullité totale. Du coup, je fais tout le graphisme. J'aimerais qu'on me propose un jour autre chose que des dessins de chaussures et des typographies en lacets…

En parlant de buzz… Vous avez remixé tout ce qui «buzz» en ce moment, quelque soit le genre musical (The Virgins, Santogold, Hadouken, Sheraff et la liste est bien plus longue), est-ce que c'est eux qui viennent vers vous ou l'inverse ?
G :
Ça dépend. En général sur les gros trucs comme Santogold ce n'est pas évident de contacter leur management en direct… Les demandes parviennent directement de la part des artistes ou des maisons de disques. Mais ça nous arrive aussi de remixer des groupes pas connus. Par exemple j'ai découvert un groupe qui s'appelle Golden Silvers, qui est un petit groupe anglais, et je leur ai demandé leurs parts parce que j'ai envie de les remixer.

Dans vos bios vous parlez souvent de l'appui de Midnight Juggernauts, pourquoi vous ne les avez pas remixés ?
G :
La toute première date que nous avons faite était avec eux. Les mecs ont été incroyablement gentils. Ils étaient fan du morceau America et voulaient absolument le remixer, on leur a filé les parts mais ils ne l'ont jamais fait. On les a croisés à l'occasion, ils n'ont pas beaucoup de temps, mais ont encore le projet en tête. Après bon, les Midnight Juggernauts, on ne les voit pas tous les quatre matins mais leurs encouragements lors de notre premier live nous ont donné confiance.

Le concert que vous avez donné aux Transmusicales était une première pour vous, allez-vous continuer ce genre de live par la suite ?
B :
C'était la première fois qu'on jouait avec le batteur. On continuera mais un peu plus tard. Pour le moment on se concentre sur notre disque et on va faire des DJ sets.
G : Quand l'album va sortir, on tendra plus vers ce type de concert car beaucoup de chansons vont sonner comme People Movin. Ces morceaux ne sont pas adaptés au format laptop. Ça n'a aucun sens de les jouer derrière un ordi.
B : C'est plus de la musique propice à un groupe... On en revient à l'idée du groupe finalement… L'année dernière, on a pas mal tourné dans le monde entier et on avait une formule plus live electro mais c'est vrai que pour la suite, avec les morceaux pop, on ne pourra pas jouer de la même façon.
G : Au final, on se sent beaucoup plus proches d'un groupe comme Late Of The Pier qui fait ce que je qualifierais de «pop électronique» que de Justice, même si on les adore. On est plus du côté de Santogold que de productions dance floor et c'est par là qu'on veut aller.

A quoi va ressembler cet album alors ?
G :
Il y a des morceaux sur le prochain disque qui vont être clairement rock'n'roll. America, pour moi, c'est un morceau rock. Il y a une espèce de sample rave qui tourne derrière avec une grosse rythmique.
B : C'est même un riff de garage qu'on a recyclé d'un ancien morceau.
G : On est impatients de sortir l'album, car en faisant des remixes on est souvent sollicités sur un registre club et on a envie de montrer que The Shoes c'est aussi du rock, de la pop et plein d'autres choses. C'est une dimension qu'on veut avoir.
B : D'ailleurs on a fait un remix d'Adam Kesher (qui sont des amis), c'est notre préféré mais si on passe ça dans une soirée banger, tout le monde se barre.

Vous avez plein d'amis… Avec qui allez-vous ou aimeriez-vous faire des collaborations ?
G :
On va faire des trucs avec Joe de Primary One. Il chante déjà sur People Movin. Il y a d'ailleurs un petit 45 tour série limitée qui sort en Angleterre : The Shoes vs Primary One. Sur une face c'est People Movin, sur l'autre Ho Lord (dont on va sûrement faire un clip d'ailleurs).
B : J'aimerais bien faire des collaborations avec des gens qui sont morts, alors ça complique la donne.
G : On ne chante pas vraiment, on gueule plutôt qu'autre chose mais on ne veut pas que l'album soit un album de producteur avec 10 000 featurings. Il y aura clairement Primary One avec qui on aime bien travailler comme je viens de le dire. Il y aura le chanteur de Bewitched, (The Bewitched Hands on the Top of our Heads, ndlr) un groupe de Reims avec qui on a déjà fait quelques morceaux. On voudrait que l'album  reste identifiable, déjà que notre musique part dans tous les sens… S'il y a en plus une voix différente à chaque morceau, ça va perdre en cohérence.

Quoi de neuf en 2009 ?
G :
Surtout l'album, c'est vraiment la priorité. On a envie que ça avance : on va faire une série de maxis : 2 en Angleterre (celui avec Primary One et sûrement un autre), la suite du Stade de Reims, et continuer à faire des remixes. Des DJ sets aussi ! Je pense qu'on va en faire plein, je ne comprends toujours pas pourquoi on a mis trente ans avant de s'y mettre mais ça nous éclate vraiment. C'est marrant, tu mixes 4 morceaux en même temps…
B : On aime bien bidouiller et on n'aime pas être inactifs. J'espère que cette année on va bien négocier notre virage vers la pop. Je pense que notre résolution pour 2009 c'est de ne pas se prendre la tête et de faire ce qui nous plaît et uniquement ce qui nous plaît.
G : Cette année, j'aimerais aussi qu'on développe aussi le côté visuel : faire 1 ou 2 vidéos. C'est quelque chose qui m'attire beaucoup. La vidéo de People Movin a été tournée en une demi-heure à Osaka. On n'a rien inventé : d'autres l'ont fait avant nous, mais on aime bien. On a proposé à des copains comme Jonas et François ou Gaspard de bosser avec nous… On verra bien !
B : Bref, on fera uniquement ce qui nous plaît avec des gens qui nous plaisent.

 

Interview Minute

Les shoes : plutôt lacets ou plutôt scratchs ?
Lacets... Tu nous as pris pour qui ?

Vous aimez la bière, le foot, les loups... Est-ce que vous auriez pu être agents de sécurité ?
On a essayé, mais on a foiré tous les concours.

Quel est le groupe culte que vous détestez sans jamais avoir osé le dire ?
G : J'ai envie de dire les Beatles.
B : Les Smiths.

Si jamais ton voisin joue très fort de la musique que tu détestes tu mettrais quoi pour lui rendre la pareille ?
B :
Il m'est arrivé un truc comme ça une fois : une sombre histoire de voisin transformiste, de home cinéma, de Rois Mages en Galilée en mode repeat, et de compteur électrique arraché. Je lui aurais mis Patrick Sébastien... mais même pas, il aurait aimé.
G : Non, je pense que dans ces cas-là, il faut un truc que t'aimes mais que le mec pourrait ne pas apprécier... genre le plus expérimental et bruitiste de Sonic Youth.

Les pigeons : animaux de l'amour ou rats volants ?
G :
Définitivement rats volants.
B : Rats d'amour…


Clip - People Movin





++ myspace.com/theshoesmusik



Par Stéphanie V. // Photos : Eglantine Molokostar www.molokostarphotography.com



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