Les comparaisons, fréquentes quand on parle de vous, avec la scène Madchester du début des années 90, vous flattent-elles ou vous ennuient-elles ?
Jono Ma : 
C'est vrai qu'on les a beaucoup entendues. Même si on aime beaucoup toute cette scène, nos goûts musicaux sont quand même très variés, donc je pense que tout dépend de la culture musicale du journaliste qui va nous coller cette étiquette. S'il a grandi au début des années 90, c'est évident que ce sera la  première comparaison qui lui vient à l'esprit.

Je sais que vous enregistrez dans une ferme près de Tours. Qu'est-ce que cela fait d'enregistrer de la dance dans un cadre aussi rural ?
Ce n'est pas si insolite que ça, parce que dans le coin, il y a beaucoup de raves, où tu vois quatre mecs en train de danser devant un sound-system gigantesque. On y est allés quelques fois, et même si on n'est pas particulièrement fans de hardtek, c'était très amusant.


Le nom de votre groupe est-il un hommage au groupe de trash metal GWAR ?
Ah, on nous l'avait jamais sortie celle-là encore. Tout ce qu'on peut te dire c'est que tu te trompes, et que tu n'arriveras pas à nous faire dire la signification exacte de notre nom. Au final, je crois qu'on ne s'en rappelle plus nous-mêmes.

Entre Tame Impala et vous, il semble y avoir un vrai revival psychédélique en Australie. Comment pouvez-vous expliquer ça ?
Je pense qu'encore une fois, cette histoire de revival psychédélique est une pure invention journalistique. Nous ne considérons pas notre musique comme particulièrement psychédélique, et même si on a déjà tourné avec Tame Impala, eux viennent de Perth et nous de Sydney, donc on ne se connaît pas plus que ça et ne nous sommes jamais vraiment fréquentés. Et puis si t'écoutes leur musique, au-delà de l'étiquette "psychédélique" qu'on nous a collée à tous les deux, elle est vraiment différente de la nôtre.

En 2014, j'ai lu que vous aviez fait une jam session de 12 heures avec Earl Sweatshirt, King Krule et Warpaint. Qu'est-ce qui en est sorti finalement ?
C'était vraiment super fun, j'ai toujours les enregistrements sur mon ordi mais j'ai bien peur qu'ils soient inutilisables. C'était plus pour s'amuser qu'autre chose.
jagwar-ma-2016Votre musique et vos paroles sont très répétitives, hypnotiques. Quelle part est due à l'improvisation ?
Moins qu'on ne le pourrait croire, finalement. C'est vrai que nous travaillons à partir de boucles, mais nous n'enregistrons pas vraiment dans l'improvisation. Nos chansons sont très composées, très structurées. On se voit comme un goupe de pop, ce qui veut dire que nos chansons doivent être accrocheuses et atteindre l'auditeur directement. L'improvisation n'est pas vraiment une bonne méthode si tu veux sortir une bonne chanson pop.

Est-ce que vous avez décidé d'appeler votre dernier single OB1 parce que vous êtes des grands fans de Prince (et de son goût pour les abréviations) et de Star Wars (pour Obi-Wan Kenobi) ?
Non, c'est un pur hasard. On voulait sortir une chanson avec un titre imprononçable à la Aphex Twin, et OB1 était tout simplement le nom du fichier audio de la chanson sur mon ordinateur. On savait également que beaucoup de gens allaient voir ça comme un hommage à Star Wars, un pur accident dont on est très contents au final.

Vous avez également déclaré qu'OB1 devait s'écouter dans la forêt, la nuit, en cherchant des champignons frais. Vous n'avez pas peur d'être une mauvaise influence pour notre jeunesse ?
Alors là, c'est toi qui doit être tordu, parce que quand on a dit ça, c'était très littéral. On parlait d'une cueillette parfaitement innocente de champignons totalement normaux. Honnêtement, ce n'était pas une apologie de la drogue, c'est juste que nous aimons beaucoup la nature.

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++ Leur dernier album, Every Now & Then, est disponible. Ils seront en concert le 19 novembre, dans le cadre du festival des Inrocks, à la Cigale.