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Interview

Twin Sister - Soeurs Sourire de la Pop

Vendredi, 17 Juin 2011

Leur pop lumineuse, qui fait écho aux non moins brillants Beach House, a érigé Twin Sister en nouveaux chouchous des médias indés US, Pitchfork en tête. Tellement d'ailleurs que le groupe de Long Island vient de rejoindre Animal Collective, Arctic Monkeys et autres Four Tet sur le prestigieux label Domino Records. L'occasion de publier enfin l'interview qu'on avait fait d'eux cet hiver.

 


On ne connaît rien de vous mis à part vos deux EP très réussis, Vampires With Dreaming Kids en 2008 puis Color Your Life en 2010. Comment le groupe a-t-il débuté ?
Eric (guitatiste) : On vient de Long Island et on se connaît depuis le lycée soit depuis 7-8 ans. Le groupe s'est créé très naturellement. Chacun d'entre nous a toujours joué de la musique, on s'est toujours appris mutuellement à jouer tel ou tel morceau mais au bout d'un moment, il y a deux ans, on a réalisé qu'on pouvait faire des morceaux nous-mêmes. Depuis, on prend les choses un peu plus sérieusement.
Andrea (chanteuse) : Oui au départ c'était plus un « hobby » qu'autre chose. Mais maintenant on a dû quitter nos jobs car on a pas le temps de faire deux choses à la fois et puis personne ne veut t'embaucher quand tu n'es dispo que deux jours par semaine.
 
Vous vivez de votre musique ?
Andrea : Pas vraiment. On vit chez nos parents. On a assez d'argent pour manger tous les jours mais pas assez pour s'acheter un Ipad. Je me suis fait voler mon Ipad la semaine dernière et je ne peux pas le remplacer, je suis dégoûtée.
 
Votre musique est assez atmosphérique, hypnotique , la définition de « dream pop » vous convient-elle ?
Eric : Oui je vois ce que tu veux dire, certains éléments de notre musique s'apparentent à de la « dream pop » mais les nouveaux morceaux qu'on vient d'écrire, qui ne sont donc pas sur les EP, sont assez différents de ce qu'on a fait jusqu'à présent.



Ils sont comment ?
Eric : C'est toujours difficile de parler de sa musique… mais ce que je peux dire en tous cas, c'est qu'on sent qu'ils sont le fruit d'un travail de groupe. On s'y reconnaît plus, ils sont plus aboutis aussi, ça fait plaisir de savoir que ça fonctionne lorsque chacun d'entre nous collabore sur le même morceau. Les morceaux sur les deux premiers EP étaient eux plus éclatés, il n'y avait pas vraiment de cohésion. On a hâte d'arranger les nouveaux morceaux, on veut partir dans plein de directions différentes et ne pas se cantonner à un  seul genre.
Andrea : On va commencer à enregistrer l'album quand on finit la tournée, d'ici quelques jours donc.

Vous comprenez qu'on vous compare à Beach House ?
Andrea : C'est vrai que ça revient souvent mais je ne comprends pas vraiment non, c'est un peu facile. Il faut dire que je n'écoute plus nos anciens morceaux mais plutôt les nouveaux qui s'échappent plus de cette atmosphère « dreamy » dont tu parlais, donc cette comparaison me paraît complètement dépassée. Je pense qu'on va essayer d'aller vers des voies différentes, et Beach House a plus tendance à se cantonner, et très bien d'ailleurs, à un seul style.

D'ailleurs quelles sont vos influences ?
Andrea : On a chacun nos artistes préférés mais on se retrouve sur pas mal de groupes comme Talking Heads, Can, Bjork, Stereolab. Après on est aussi très fan de pop 80's comme Madonna ou Cindy Lauper.



Avec « seulement » 2 EP à  votre actif ça fait un répertoire un peu maigre, vous faites des reprises sur scène ?
Eric : Ouais on en a essayé plusieurs par le passé mais c'est un exercice qu'on ne prend pas à la légère, il faut le travailler à fond. On aime bien reprendre I Wanna Be Your Lover de ce duo Disco Italien La Bionda c'est très fun. Sinon par le passé on a aussi repris Something About Us de Daft Punk.

Vous devriez la chanter à Paris celle-là !
Andrea : Oui je sais mais ça demande beaucoup de travail, il faut chanter super aigu. Non ce soir (le groupe est en concert à La Flèche D'Or ce soir-là ndlr), on va tester une chanson qu'on a jamais reprise avant : Love Hurts de Roy Orbison .

Andrea, la vidéo de ta reprise de Dreams de Fleetwood Mac  avec les Morning Benders tourne pas mal sur Internet…
Andrea : Oh mon dieu ne m'en parle pas, c'est embarrassant. On était en tournée avec eux et pendant des semaines ils m'ont demandé de venir chanter cette chanson avec eux et à chaque fois j'ai refusé, j'ai fait ma timide. Puis la dernière date de la tournée a fini par arriver et j'ai vraiment beaucoup bu ce soir-là, les mecs m'ont poussé sur scène, puis ont fermé la porte de la loge, je ne pouvais pas faire demi tour, j'ai du y aller ! J'étais tellement saoule, j'ai peur de regarder cette vidéo.
 

 
Votre groupe est encore super jeune, et vous n'avez pas encore sorti d'album, vous avez beaucoup de chance de pouvoir tourner dans le monde entier non ? Vous avez beaucoup tourné aux États-Unis ?
Eric : Oui on est très chanceux c'est vrai. Pour le premier EP on n'a pas vraiment tourné puis pour le second, comme je te le disais, on s'y est mis plus sérieusement. On l'a enregistré à Brookyn donc on a pas mal joué là bas et c'est à partir de là qu'il y a eu un relai médiatique. Tout ça n'est qu'un accident !

Vous pouvez me parler de cette fameuse scène de Brooklyn ?
Andrea : Brooklyn c'est assez cool comme tu peux l'imaginer. Beaucoup de gens de la région se basent là bas pour monter des groupes, il y a des bars cool partout, des gens qui sortent tous les soirs comme si c'était le week-end tout le temps, pour nous qui venons de Long Island, qui est beaucoup plus calme, ça a été un choc. Il y a tellement de villes aux Etats Unis où il n'y a que deux bars où trainer là c'est l'Eldorado si tu veux t'amuser. Mais on a juste enregistrer un EP là bas on n'y a jamais véritablement vécu. Quand on rentre de tournée on a une maison qui nous attend à Long Island, soit à une heure à l'est de Brooklyn, où on va emménager et enregistrer notre album, on préfère ça à Brooklyn, c'est plus calme, il n'y aura rien pour nous distraire et puis surtout c'est beaucoup moins cher.

Quel est le meilleur public devant lequel vous avez joué jusqu'à présent ?
Eric : J'ai adoré le public de Londres hier, les Anglais sont toujours super enthousiastes et super curieux, jamais blasés. On a joué au Lexington, c'est un super vieux pub, il est très beau, avec une salle de clubbing et une salle de concert, c'était très cool.
Andrea : Moi j'aime bien le public de Chicago pour je ne sais quelle raison et puis le public de New York parce que c'est à la maison ou presque. Tous nos amis viennent nous voir, la famille aussi, c'est une ambiance de fête. Je me sens soutenue à fond ! Mon père est venu nous voir pour la première fois au Webster Hall, c'est une grande salle donc il était fier, il a pu aller « backstage », avoir des bières gratos et se la raconter comme un ado devant ses potes !

Ah bon.. moi j'ai toujours pensé que les groupes préféraient chanter devant des inconnus car c'est moins stressant que de se retrouver nez à nez avec sa cousine..
Eric : Carrément, moi je suis dans cet état d'esprit-là. C'est stressant d'être devant des gens que tu connais mais bon je pense que ça ne pourra jamais égaler le moment de solitude qu'on a vécu à Leeds il y a deux jours. Les tickets se sont bien vendus mais quand on est arrivés il n'y avait presque personne ! Il y avait une rumeur disant qu'Aphex Twin était en ville alors on imagine que c'est lié sinon c'est incompréhensible. Le groupe qui jouait avant nous s'est barré, nous on a décidé de rester mais on a dû jouer devant 10 personnes dont la moitié était assise, le tout avec des spots super vifs  dans la tronche, c'était l'horreur.
Andrea : Tu oublies la fille qui dansait devant nous, comme pour nous remonter le moral ! Je pense sérieusement que c'est le plus petit show qu'on ait jamais fait.
Gabel (bassiste peu loquace) : C'était digne de X Factor.

Est-ce que vous avez la pression du fait que des médias influents comme Pitchfork ou Stereogum vous soutiennent ?
Eric : On est plutôt reconnaissants envers ces médias, car ce sont eux qui sont venus à nous, et pas l'inverse, et qui nous ont soutenus avec de très bonnes critiques.
Andrea : Moi je dois avouer qu'il y a un média qui me fait « peur », c'est le Brooklyn Vegan, attention j'adore ce site mais les commentaires sont tellement acerbes que j'ai peur de me faire dégommer. Si je sais qu'il y a un photographe du Brooklyn Vegan sous mon nez je ne suis pas tranquille !
Eric : La pression vient de nous mêmes plutôt, on veut toujours faire mieux. Mais on est aussi conscients de la chance qu'on a, de réussir en si peu de temps à tourner, à faire un clip, toutes ces choses qu'on envisageait même pas.

Oui votre clip (pour All Around and Away We Go) est très beau d'ailleurs et très marrant…
Gabel : Ah je suis content que tu le trouves drôle, certaines personnes n'ont pas saisi l'aspect comique du truc et donc c'était assez embarrassant pour nous, vu qu'on a l'air de gros bouffons dedans.

Donc vous prêtez attention aux critiques ?
Andrea : J'essaie de ne rien lire, ça m'angoisse trop. C'est bien pour ça que je n'ai toujours pas regardé ma vidéo avec les Morning Benders.
Eric : Oui j ‘aime les lire, j'aime savoir ce que les gens pensent de notre musique, mais je ne prends pas ça super à coeur non plus, c'est plus par curiosité qu'autre chose.

Vous écoutez quoi en ce moment ?
Andrea : On écoute surtout nos potes, comme Lost Boy qui vient aussi de Long Island, il y a aussi Bear in Heaven. Et puis aussi les groupes avec qui on joue en tournée, comme ça on met la musique sur les visages. Des groupes comme Holiday Shores ou Still Corners avec qui on a joué à Londres qui sont vraiment pas mal !
Eric : Oui c'est très cool, assez sombre, très « low key » pour un public assez averti.
Andrea : Waouh, tu devrais tenir ton propre blog mec !

Sarah Dahan.



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Commentaires

Les commentaires sont modérés.
  • bbb - Samedi, 18 Juin 2011

    merci pour la découverte!

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