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Interview

Cults - La Pop, L'Amour & Les Cheveux pour Religion

Lundi, 11 Juillet 2011

Cults est un duo "à la scène comme à la ville", tel que Paris Match serait capable de les décrire. Ils sont jeunes, ils sont beaux et ils s'aiment. Leur premier album est d'ailleurs un condensé d'amour pop, rétro, doo wop et capillaire. Rencontre avec Madeline et Brian, deux New Yorkais fans de nourriture française et des girls bands des 60's .


 

La dernière fois que l'on s'est croisés vous étiez à la recherche de la meilleure truffade (met auvergnat à base de cantal et de lard, ndlr) de Paris, comment vous êtes vous pris de passion pour ce plat ?
Madeline Follin :
Des amis à nous nous ont emmenés un soir dans un restaurant qui servait de la truffade et ça a été une véritable révélation. Il y a un avant et un après truffade, je suis une personne changée.

Qu'est-ce que vous aimez en France à part ça ?
Madeline : La bouffe Française en général est juste incroyable.
Brian Oblivion : C'est cool de pouvoir fumer un peu partout, à New York c'est devenu inimaginable, même dans la rue. J'aime le fait que les Français apprécient de boire. Ici tu as le droit de boire une bière à midi et personne ne te prend pour un fou..

Comment est né Cults ?
Madeline : On s'est rencontrés au show de mon frère. je n'avais pas l'âge légal pour être dans la salle, et Brian m'a fait passer dedans discrètement, on est sortis ensemble juste après ça. Nos études à New York nous faisaient chier donc on a commencé à écrire de la musique ensemble, mais de manière très innocente et détendue.

Madeline est-ce vrai que tu as commencé ta carrière dans la musique à 8 ans ?
Madeline : Ça a commencé un peu par hasard, mon beau père était dans l'industrie du disque. Il y avait plein de matos de musique à la maison, je jouais avec et il me disait que j'étais douée. Du coup j'ai fait un album quand j'avais 9 ans. J'aurais pu devenir une Kesha avant l'heure !
Brian : Elle reprenait The Adolescents, un groupe de punk. Elle est si enthousiaste, c'est trop mignon.

Vous êtes basés à New York...
Brian : A Manhattan. Précise le bien s'il te plait, pas à Brooklyn !

D'accord, Brooklyn vous pose un problème ?
Brian : Oui on a rien à voir avec les groupes branchouilles de Brooklyn, on en connait aucun et on se porte très bien comme ça.

 


Votre son est carrément à l'opposé de ce qu'on pourrait attendre d'un groupe de New York, qui propose des sons plus durs...
Brian : Je pense que notre musique est sur la même lignée que plein d'autres groupes New-Yorkais: The Shangri Las, The Ronettes, The Crystals. Ces groupes sont doux mais coquins, un peu comme nous. On se sent attachés à cette tradition-là. Il faut arrêter de penser que New York c'est juste Le Velvet Underground et les Strokes !

Est-ce que le Brill Building vous a également inspiré ?
Brian : Carrément ! Je viens de finir un livre à ce sujet, sur la manière old school dont la musique était créée dans les années 60. Tout ce process, d'abord les auteurs, puis les producteurs, ensuite les arrangeurs, chacun a son rôle et intervient à un moment donné, c'est fascinant. Et le rendu était d'une qualité incroyable !

Ces groupes de filles ont toujours été des influences pour vous ?
Brian : Oui on s'est rencontrés et on s'est rendus compte qu'on aimait ces groupes là tous les deux. Enfin pour moi c'était plus secret car c'est pas hyper viril non plus. Je ne me voyais pas au début de notre relation lui dire "oh tu as entendu cette chanson Sunshine, Lollipops and Rainbows", elle aurait trop flippé ! (rires)

Quelles sont vos autres influences ?
Brian : J'aime aussi Squarepusher, Aphex Twin, Boards of Canada.
Madeline : Oh mon dieu je déteste Boards of Canada, c'est le genre de trucs que tu entends dans les salons de massage.

Comment se passent l'écriture et la composition au sein de votre duo?
Madeline : Brian s'occupe de la musique, moi des paroles, quand on a fini notre truc de notre côté on se fait part de nos idées et on arrange le tout ensemble.
 
Vous arrive-t-il de vous battre pendant ce processus créatif ?
Madeline : Carrément !
Brian : Parfois j'écris des trucs de mon côté et quand je lui soumets elle se plaint qu'elle ne pourra pas le chanter car c'est trop haut ou trop rapide par exemple. Et parfois je trouve que les paroles qu'elle écrit ne vont pas du tout avec la musique que j'ai composée. C'est ça tu vois, c'est des petites frustrations ici et là, c'est pas très grave.

Est-ce qu'être un couple rend les choses plus simples au niveau du groupe ou est-ce au contraire plus compliqué ?
Madeline : Je pense que c'est plus simple. Comme tu connais bien la personne, tu sais où t'arrêter, tu sais ce qu'elle aime, ce qu'elle n'aime pas. Ça va plus vite, c'est un gain de temps et d'énergie.
Brian : C'est plus dur au niveau de notre couple je pense, mais en tant que groupe ça nous rend plus fort car on communique presque instinctivement. Mais c'est dur d'être avec ta copine et quatre mecs tous les jours, c'est pas évident je te le dis !



Au moins tu peux la surveiller en tournée...
Brian : Tu m'étonnes !

Vous êtes plus Ike & Tina, Sonny & Cher ou Beach House ?
Brian :
 Définitivement Ike & Tina. Tu as vu comme Madeline cache bien les bleus que je lui ai faits ?
Madeline : Nous sommes Madeline & Brian !

Bonne réponse Madeline, mais c'est très Hollywoodien tout de même. C'est limite Kesha comme réponse...
Madeline : Ha ha tu as raison.

C'est quoi ta chanson préférée de Kesha?
Madeline : Je la déteste tellement tu ne peux pas imaginer.
Brian : C'est le summum de la merde mais je pense qu'elle va dégager bientôt. Ça m'a tellement réconforté qu'Arcade Fire ait gagné le Grammy cette année, ça a bien calmé tous ces groupes de merde, tous ces connards comme Kesha ou Justin Bieber qui ne savent pas écrire une chanson ni même chanter. C'était une belle revanche, j'espère que dans le futur on verra moins de chanteurs de merde comme ça. Quoique Lady Gaga devient de plus en plus tarée...

Elle a fait encore pire avec le deuxième album vous ne trouvez pas ?
Brian : Complètement ! Je ne pensais pas que ça pourrait être pire pour être honnête. Je pense que comme tout se barre en couilles, chacun essaie de passer pour quelqu'un de super déjanté, qui ose et qui dérange. Du moins Lady Gaga veut adopter cette posture de chanteuse provocante mais elle est juste ridicule. Qu'elle aille se faire foutre !

Si au moins sa musique était bien ça ne serait pas un si grand problème...
Brian : On est bien d'accord. Moi j'adore Madonna, voilà une vraie pop star! Mais si ta musique ne vient qu'en seconde position dans ta quête de la célébrité c'est que quelque chose ne va pas.

Vous vous considérez comme un groupe de studio ou un groupe live ?
Brian : Un groupe de studio. C'est cool d'être sur scène mais c'est comme refaire l'album. Et c'est une sensation bizarre de le jouer avec un groupe sur scène sachant qu'on la crée tous les deux, Madeline et moi.
Madeline : On se marre plus en studio en fait, on est plus créatifs, on a sans doute aussi moins peur de faire des conneries.
Brian : Oui en studio on peut essayer n'importe quoi ! Il n'y a pas de conséquence, c'est juste une aire de jeux alors que le live est plus stressant pour nous.

Cults

Et comment se passe le live pour vous ?
Brian : Au début c'était horrible, on avait aucune idée de ce qu'on faisait.

Quand avez vous commencé à jouer live avec Cults?
Brian : C'est assez récent, c'était il y a un an et deux mois. Mais notre premier show était un secret show. Notre groupe s'appelait Lady and J and the Highwater Bong Boys ! On a parcouru du chemin depuis ce show là.

Et vous pouvez me raconter votre conte de fées moderne, l'histoire dit que vous avez un jour posté deux morceaux anonymement sur internet il y a un an et demi et maintenant vous êtes signés sur le label de Lily Allen?
Madeline : Oui très vite les médias Internet ont fait le relais. Peu de temps après on a reçu un mail provenant du label de Lily Allen qui disait qu'ils voulaient nous rencontrer à Londres pour parler d'un éventuel contrat. Évidemment tu penses bien qu'on a cru à une blague (rires).
Brian : Au final on les a rencontrés quelques temps plus tard, après avoir rencontré plein d'autres labels et ils étaient définitivement les plus cool et les plus relax.

Ça doit être bizarre d'être dans une situation où tout le monde vous convoite, d'habitude c'est l'inverse pour les jeunes groupes ...
Madeline : Ça fait peur. Ça fout la pression. Au début on a commencé la musique pour le plaisir, on a fait quelques chansons comme ça et après on a réalisé qu'il fallait donc qu'on recommence.
Brian : Heureusement on avait des gens biens autour de nous qui nous ont aidés à prendre les bonnes décisions, à ne pas nous précipiter. Le frère de Madeline par exemple nous a super bien conseillés.

Voulez vous  devenir les gourous d'un grand culte?
Brian : Oui.
 
Est-ce que le nom de votre groupe est une référence à toutes les peurs américaines ?
Brian : C'est une référence à nos propres peurs. Quand j'étais petit j'étais obsédé par les groupes religieux, je pensais que c'était une échappatoire. Je voulais partir méditer seul dans la nature. Je voyais ça comme un moyen d'échapper à la vie moderne. Avec Madeline on était vraiment flippés à l'idée de trouver un job, d'être des adultes, d'être responsables, peut être que le nom Cults vient de la. On a voulu créer notre propre monde.

Cults est un projet a long terme?
Madeline : Oui, du moins c'est ce qu'on espère.

Quels sont vos projets dans le futur proche?
Brian : On fait une mixtape hip hop, on remixe tous nos morceaux en morceaux hip hop. Je déteste le fait que la maison de disques veuille que nos morceaux soient remixés par des gens qu'on ne connait pas. Je suis suffisamment un control freak pour vouloir remixer mes  propres morceaux !

Comment se passe le casting au niveau des musiciens (ils sont tous TRÈS chevelus, ndlr ? Ils doivent nécessairement avoir de longs cheveux bruns ?
Brian : C'est bizarre, on est tous allés au lycée ensemble, on a tous grandi en Californie avec les cheveux longs, c'est comme ça que ça se passe. Parfois ça se passe mal, quand on était à Amsterdam il y a quelques jours on a failli se faire péter la gueule par des connards qui nous tiraient les cheveux et nous traitaient de pédés.

On vous a pris pour les Kings of Leon?
Brian : Ne nous insulte pas s'il te plait !
 
 
Sarah Dahan.



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Commentaires

Les commentaires sont modérés.
  • JeanPaul3000 - Jeudi, 15 Décembre 2011

    moi je préfère les putes qui chantent avec de la reverb poussée à donf plutot que des cousins consanguins qui nous pondent la même merde depuis des années.

  • Lap3 - Mardi, 19 Juillet 2011

    A quel moment sont-ils pretentieux dans l'intw? Je n'en vois juste aucun (a moins que dire a la Gaga d'aller se faire foutre ou que les KOT sont douloureusement nuls? juste des constats en fait)

  • Lap3 - Mardi, 19 Juillet 2011

    ils sont mignons mignons mignons. (et les Kings Of Leon sucent sucent sucent...)

  • you+know+who - Mardi, 12 Juillet 2011

    une sacrée bande de p'tit con pretentieux... entre un nerd qui sait pas jouer en live et une pouf fausse bonnasse qui peut pas chanter de facon audible sans une tonne de reverb on est pas sorti du culte!... et le prochain qui insulte kings of leons ca va chier OKAAYYYY!!!!!!

  • saffio - Mardi, 12 Juillet 2011

    L'album du moment avec celui de The Shoes !

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