Comment s’est formé le plan à 4, qui a donné naissance au groupe ?
Santa : Et bien, le groupe s’est monté au Lycée Masséna à Nice, il y a maintenant environ deux ans et demi. On était une bande de potes…
Line : A vrai dire Puss et Santa se connaissaient déjà depuis longtemps. Au lycée, on a commencé à se côtoyer tous les quatre. On voulait faire quelque chose de musical, de nouveau. Et Hyphen s’est formé.

Très bien. Pourquoi avoir choisi des pseudonymes tout droit sortis de séries romantiques US ?
Santa : Moi on m’appelle Santa depuis toute petite en fait. C’est le diminutif de mon prénom, Samanta.
Zak : Moi aussi, tout con, c’est le surnom naturel de Zacharie.
Puss :  Le mien, c’était à la base pour rire. C’est venu un peu comme ça. Rien à voir avec mon prénom pour le coup. Line (prononcer layne), elle, c'est parce qu’elle est un peu la ligne directrice du groupe.

Que faites-vous en dehors du groupe ?
Santa : Pour le moment, on ne fait plus grand chose. Chacun essaye de poursuivre un peu ses études, mais c’est plus pour nous élargir l’esprit.
Line : Zak et moi on est en info-com.
Zak : Je suis aussi en parallèle au Conservatoire.
Puss : Santa et moi, on est inscrits aux Beaux-Arts. Enfin, elle a arrêté, moi je continue. J’y vais comme ça, une fois de temps en temps. Histoire d’avoir ma carte d’étudiant, oui (rires).


Malin. Hyphen signifie « trait d’union » en anglais. Cela explique-t-il  les traits colorés que vous portez tous sur scène ?
Santa : Ça n’explique pas les traits colorés, par contre ça définit un lien entre notre musique et tout ce qu'on essaye d’y apporter. En ce moment, on réfléchit à notre clip. On aimerait bien tenter quelque chose avec de la fumée, de la neige… On pense également beaucoup à la pochette, qui est aussi importante que la musique. Les traits colorés, notre accoutrement, c’est plus conçu pour donner un choc visuel dès l’entrée sur scène. Et pour qu'on se souvienne de nous, qu'on nous reconnaisse facilement sur les photos.

 

 

Ça a au moins le mérite de vous rapprocher de votre public, non ?
Line : En l’occurrence oui (rires).
Zak : Je me souviens de cette photo. C’était à Boulogne, dans le Nord, chez les Ch’tis.
Santa : Il avait un accent vraiment prononcé. Je ne comprenais pas trop ce qu’il voulait me dire. Juste capté qu’il voulait me parler. Et là, il m’a montré ses poings comme sur la photo. Un gros tatouage vert représentant une feuille de cannabis. Alors je lui ai montré les miens, faux ceux-là, et on a immortalisé le moment. De quoi alimenter notre Tumblr.

Parlons bégaiement. Pourquoi avoir doublé Hyphen ?
Santa : Pour l’esthétique que l’effet miroir procure.
Puss : Aussi parce que le nom prend plus de place sur les affiches. Ça permet aux gens de se rappeler de nous. Si tu ne l’as pas bien entendu la première fois, t’as une deuxième chance.

Question identité musicale : un communiqué de presse pour une date à venir caractérise votre musique comme « un son électro-rock indéfinissable et puissant qui se situerait entre Metronomy, Foals, LCD Soundsystem, Phoenix, Klaxons ou Talking Heads ». Que pensez-vous de toutes ces références ?
Line : Elles sont sympas.
Santa : L’objectif, pour notre deuxième EP, est de ne plus entendre parler de références du tout, d'avoir une réelle identité sonore, la nôtre, pour que les gens reconnaissent directement notre son. C’est ce à quoi on s’attelle depuis un mois et demi.

Parlons peu, parlons bien de votre révélation maintenant. Qui s’est chargé de vous inscrire pour le concours CQFD organisé par Les Inrocks (aujourd’hui Inrocks Lab) ?
Line : Notre manager Romain Vigna, aka Mout-Mout.
Puss : On l’a laissé faire. On en a rapidement parlé, on s’est mis d’accord. On était évidemment super contents.
Santa : Ça nous a permis de jouer à la Villa des Inrocks, à la Flèche d’Or en juin dernier, de très bons moments !

Cette expérience a-t-elle agit comme un révélateur ?
Line : Pas forcément LE révélateur non. On avait déjà fait quelques bonnes scènes avant. Après, c’est sûr que ça nous a aidé à nous faire connaître dans le milieu parisien.
Santa : Dans un autre sens, on doit notre petite notoriété à notre agence de promotion Ping-Pong (regard teinté de cirage vers l’attaché de presse).

Tenter Taratata jeunes talents : avouez-le, c’est pour parler à Nagui ?
Santa : On devrait passer à la télé dans deux mois (ndlr : février 2012). On a posté des vidéos, on a été décernés quatre fois « jeunes talents ». Là on attend le clip, et on espère que ça sera suffisant pour être télévisés, enfin.

Aujourd’hui, quels types de scène jouez-vous principalement : concerts lycéens, festivals, premières parties, concerts tout court ?
Puss : Là, en ce moment, c’est la totale. On a fait pas mal de festivals, notamment Marsatac à Marseille, et Calvi on the Rocks en Corse. On a beaucoup de dates où l’on joue avec d’autres groupes, dans de petites salles, comme ce soir au Gibus (ndlr : 2 décembre). On a aussi fait la première partie de Mademoiselle K au Zénith, et un bon concert au 104 récemment. Donc c’est assez large.

Évoquons les EP maintenant. Le titre du premier était « Chewbacca I’m your mother ». Quelle fille du groupe a des problèmes de pilosité si importants pour se targuer d’une telle descendance ?
Zak : Je ne répondrais qu’indirectement à ta question, je ne vais pas me mouiller. On cherchait un titre marrant. Ça nous a fait rire sur le moment, après on s’en est lassé. Bref, sur le coup, ça collait bien à l’album, à son énergie.

En combien de temps l’avez-vous composé ?
Line : On l’a fait en six-sept mois, je crois.
Zak : On avait pas mal écrit. On n’a voulu garder que les meilleurs titres, vraiment le top 5. Puis avec ces 5, on a fait des versions différentes. Et ce n’est qu’une fois l’unanimité atteinte pour chacun d'eux que l’on a commencé à enregistrer l’album.

Comment arrive-t-on à masteriser son album au studio Exchange de Londres,par où sont passés entre autres Klaxons, Phoenix & co ?
Santa : Ça s’est déroulé de manière très simple, étrangement. On a envoyé un mail au mec qui gère ça là-bas. Il aurait pu nous dire non, mais il a accepté. A partir de là, on lui a envoyé nos sons, et ça s’est fait assez rapidement. On compte faire de même pour notre second EP.


Qu’attendez-vous du prochain EP justement, actuellement en préparation ?
Santa : L’objectif clair, c’est d’avoir une plus grande visibilité pour signer sur un label. Avoir un producteur nous permettrait de décrocher des budgets plus conséquents.

 


Peut-on espérer une collaboration avec Dick Rivers, Niçois lui aussi ?
Line : Non (rires), clairement pas !

Abordons un sujet aussi funky. Sur scène, j’ai l’impression d’avoir devant moi, tenues et styles débridés aidant, quatre petits hippies. Qu’évoque pour vous ce terme ?
Santa : Notre manager (rires) ! C’est un gros hippie. De manière générale, je dirais baba-cool, fumette… Mais moi, je ne les aime pas trop les hippies. Et je ne me considère absolument pas comme baba-cool. Non, on n’est pas hippies du tout, qu’est-ce que tu racontes là.
Line : Bon, on peut dire qu’on est hippie, parce que plus personne n’aime la guerre, mais ça s’arrête là.

Le retour d’une certaine mode tribale a-t-elle jouée un rôle dans vôtre manière de vous saper sur scène ? Est-ce finalement marqueté ?
Santa : Ça s’est fait parallèlement je dirais. On rentre un peu dans l’esthétique du moment, on en joue. Après, je pense qu’on devrait plus l’élaborer. On y travaille. On désigne nos costumes en ce sens. C’est pas vraiment marqueté non, ça reflète notre manière de vivre, toujours en tribu. On partage beaucoup de choses à quatre.

Que préféreriez-vous entre jouer à Woodstock, en 1969 donc, ou faire une tournée enfourchés sur des motos customisées au temps de Dennis Hopper et Peter Fonda (Easy Rider) ?
Line : Je vais répondre pour les garçons (tout juste partis faire les balances) : eux préféreraient certainement le road trip en moto je pense. Nous, avec Santa, c’est carrément Woodstock.
Santa : Oui ! C’était magique, un moment à part.

Pour terminer, une belle question ouverte. Quel âge a à votre avis la personne qui a posté ce commentaire salace sur votre Myspace : « C'était ma première fois de vous, hier soir ! Et quel première fois ! Hyphen, vous m'avez déchiré l'hymen en beauté... » ?
Line : Haha, je m’en rappelle ! Oh je pense qu’elle doit avoir pas plus de 14 ans cette personne. C’est une blague de jeune ça.
Santa : Ah ouais, tu penses. Je dirais plutôt la quarantaine moi. Pour faire un  jeu de mots aussi pourri, il faut avoir de l’expérience. Et puis hymen, tu ne connais pas quand t’es jeune. Tu as la réponse ?

NDLR : L’auteur du commentaire n’a pas précisé son âge sur sa page. On sait juste qu’il fait partie d’un groupe signé sur… MILF Records.


Guillaume Blot.