Produit : Gesaffelstein, Aleph, sorti fin octobre 2013. Objet attendu sur le marché mondial de la musique. Premier album de Gesaffelstein. Malgré les unes de magazines, les éloges suceuses et des prévisions à la hausse, le produit fini n’a obtenu que 72% de satisfaction aux tests consommateurs d’Usines Center de Velizy-Villacoublay.

 

Garantie : deux hivers. Trois pour les provinciaux du sud chez qui l’hiver est moins rude et les nouvelles plus lentes.

 

Origine : Rhône-Alpes.

 

 

Méthode de conservation : pas moins de 28 °C. La composition de l’air d’une boite de nuit ou d’une péniche Concrete est idéale pour préserver la saveur d’Aleph : 80% d’azote, 9% d’oxygène, 1% de sueur et 10% de mineures droguées.

           

Prise en main : ceux qui connaissent le garçon savent déjà qu’on peut s’attendre à beaucoup. Remixeur pour Duck Sauce, Rebotini ou Lana Del Rey ; l’éventail de compétences est large. Ancien membre des Flying Turns groupe cofondé avec Yan Wagner, Gesa a autant de cordes à son arc que de surnoms. Entre autres : le Prince de la techno française, l’Astre noir, le Papotechno, Mike Levy, ou tout simplement le Serpentard de l’électro vénère. Ceux qui découvriront le musicien par Aleph sont priés de prendre les précautions nécessaires.

 

Précautions d’emploi : difficile à écouter d’une traite, Aleph se mélangera allègrement dans les listes de lecture «coud1soir», «réveil_lundi», «bébécongelé» ou «abdofessier». Rien à voir avec la disco techno de son premier EP Modern Walk en 2008 dont le tempo lent laissait rentrer n’importe qui dans la danse. On serait plus proche de ses deux Conspiracy (Pt.1 et 2), des EP's trois titres vicieux, dont des morceaux tels Viol et The Lack of Hope illuminaient déjà un artiste qui a du sens de l’humour et choisit des titres rigolos pour ses morceaux. Donc, pour les non initiés, prévoir une bouteille d’eau, se préparer à serrer la mâchoire, se saper de ses habits de lumière, éteindre les lumières, appuyer sur play. C’est parti.

 

Usages conseillés : ils sont nombreux : footing, bagarre, excitant, rapports sexuels forcés et non-protégés. Quand il inaugure le label Bromance (EP Bromance #1), Gesaffelstein avec son Control Movement efface carrément la performance de son bro’ Brodinski qui signe une face B mollassonne. Bien que plus speed, on y voyait déjà un style riche. Aleph confirme les talents multiples de son auteur. Le consommateur peut dès le 2ème titre, Pursuit, se surprendre de tant de violence dans un seul petit bonhomme de 28 ans. La marque de fabrique ? Basse métallique, son glacial, acide, mécanique, des Roland TB-303 dépoussiérées, claps minimaux, vocaux, échos, et, toujours, l’infime touche de mauvais goût (les samples de cris, les sirènes) mystérieusement dosée pour ne pas dégoûter. Une note, un clavier pathos, un son ringard, mais juste un seul, au milieu du reste, c’est l’immesurable défaut qui fait qu’une track est au dessus des autres, une définition du groove en techno. En ce sens, Destinations est un très bon titre, prévu à juste titre pour accompagner les cérémonies d’incinération. De surcroît, c’est l’un des titres les plus appréciés des ménagères de moins de 26 ans.

 

 

Usages non conseillés : thé entre amis. Quoique certains titres, au hasard Nameless ou Aleph, soient tranquillement plan-plan.

 

Imitations : Boys Noize, Crookers, sont arrivés avant mais ont quand même l’air d’avoir pompé. Attention aux copies. Les étoiles du succès comme Gesaffelstein ne brillent jamais longtemps seules. Après son boulot sur le Yeezus de Kanye West et des rumeurs de productions pour Eminem, des clones du Lyonnais seraient déjà dans les tuyaux des grandes majors.

 

Insights consommateurs minorant la note :

- «Il ressemble trop à Gaspard Ulliel sur les photos, et ça avec moi ça ne passe pas

- «J’entends une rotogravure, un pont élévateur, une presseuse… J’ai l’impression d’être à l’usine, désolé.»

- «Certains morceaux n’apportent vraiment rien : Trans par exemple, l’avant-dernier, c’est du banging 0.0. Pedro Winter, 7 ans après. Pas très glorieux.»

 

Insights consommateurs majorant la note :

- «Hate Or Glory, c'est le single et ce n’est même pas le meilleur titre de l’album.»

- «Moi je suis très content que Gaspard Ulliel arrête le cinéma.»

 

Disponible chez : Parlophone

 

 

++ La page Facebook, le compte Twitter et le SoundCloud de Gesaffelstein.