"Rester la même", c'est un single (fort heureusement) méconnu de Lorie, mais aussi le thème de Same Girl, premier single du 8ème album de la chanteuse / danseuse / actrice / productrice / égérie des rasoirs Gillette. Où qu'elle aille, Jenny est la même, "même chez Oprah Winfrey" (sic), même quand elle débarque en hélicoptère sur la pelouse de Dammarie-Les-Lys pour rencontrer les élèves de la Star Ac', même quand elle documente sa participation à un triathlon avec son pull autour de la taille, LA MÊ-ME, on vous dit.

La voilà donc, casquette New Era vissée sur la tête, la tête tournée vers la fenêtre d'un wagon de métro, ne sachant pas trop quoi regarder, mais néanmoins très attachée à l'idée de défendre coûte que coûte son indéfectible marotte.

A quoi pense-t-elle ? Indice : la réponse n'est pas "merde, la ligne B est en grève, je vais encore galérer pour aller au taff".

 

Le problème, c'est que J-Lo a beau redoubler d'efforts, la mayonnaise ne prend pas. Même le passage où elle se balade dans son ancien tier-quar semble truqué, la star se faisant à peine interpeller par deux, trois badauds très certainement triés sur le volet (comprenez par là "des fans sélectionnés par un quelconque concours sur Twitter ou Instagram"). Sous la vidéo, certains commentaires louent sa grandeur d'âme, arguant qu'il est bon de la voir "rendre" à la communauté qui l'a vue grandir. Rendre quoi, nous l'ignorons. Toujours est-il que refaire un tour dans le Bronx tous les 10 ans accompagnée d'une équipe de tournage et d'une armée de figurants, ça sent un peu le chiqué.


Une artiste proche de son public… mais jamais sans un grillage entre elle et lui, parce que faut pas déconner non plus.


Tout cela va de pair avec la musique. Sur ce plan, J-Lo a toujours fait figure de suiveuse plutôt que de chef de file. Et maintenant que le vent de l'eurodance semble avoir tourné (ses derniers titres ayant rencontré un succès mitigé), la voilà qui renoue avec ses premières amours, la pop mâtinée de hip-hop. Sa street cred, Jennifer compte bien la récupérer en s'enfermant en studio avec Future, Big Sean et French Montana pour des featurings "comme à la belle époque", ou encore en s'acoquinant avec DJ Mustard sur des club bangers qui trouveront à coup sûr leur place pour des danses lascives en boîte de nuit (ou, comme on les appelle dans le jargon, des "prêts-à-stripper"). Alors, toujours la même, J-Lo ? Tout dépend d'où le vent souffle.

 


Thomas Rietzmann.