Produit : Quatrième album du groupe. À titre de comparaison, Bomber et Charango, les quatrièmes albums respectifs de Motörhead et de Morcheeba, sont un chef-d’œuvre de hard mécanique pour le groupe de Lemmy, et une logorrhée molle et merdouilleuse pour les Morcheeba. L’offre de quatrième album chez les groupes britanniques en «M» est très aléatoire.

 

Garantie : Une rupture amoureuse, puis inutilisable (sauf si retour de l’être aimé entretemps).

 

Origine : Enregistré au Royaume-Uni et composé en tournée.

 

Fabrication : Joseph Mount, leader. Lui tout seul. Le précédent disque du groupe (The English Riviera, plus grand disque de pop de 2011, sinon des dix dernières années – 140 000 exemplaires vendus en France selon certains sites spécialisés) mêlait pop organique et production électronique dans la même casserole. Mount change de formule - back to basics - pour du 100% bio. «Je voulais faire un disque loin des ordinateurs parce que j’en étais devenu dépendant». Love Letters a donc été enregistré en analogique seulement, aux studios Toe Rag (Supergrass, Kills, entre autres) de Londres. La bonne vieille méthode, qui de Daptone à Brooklyn ou de Londres chez Toe Rag, fait le bonheur de ceux qui ont le son chaud. Mais chaud, ce Love Letters l’est-il vraiment ?

 

 

Ce qu’en pensent les scientifiques : Suivant les profils psychologiques, certains titres de Love Letters sont à proscrire. L’usage de Call Me n’est pas autorisé aux dépressifs esseulés ; l’expérience kraut-organique de Boy Racers peut miner les malades toxicomanes qui n’y entendraient qu’un brouillon de techno. Dans un registre plus pratique, Monstrous et le magnifique quoique tire-larmes Never Wanted ont obtenu de très mauvais résultats au test de la somnolence au volant sur parcours coutumier. En tout état de cause, cet album ne comble aucune carence protéique.

 

Ce qu’en pensent les pole-danseuses : «Pas du tout pratique

 

Utilisation principale : L’écoute intégrale. Alors que le format album n’a jamais été aussi galvaudé aujourd’hui, les 42 minutes en dix titres de Love Letters se suffisent à elles-mêmes. Trois ans après leur chef-d’œuvre, les équipes de mise en rayon comme les premiers clients se sont unanimement étonnés de retrouver une production moins tonique mais toujours aussi captivante. Visuellement en revanche, le clip pantomimique de Love Letters réalisé par Michel Gondry brisera quelque peu la délicatesse de l’album le plus mélancolique de Metronomy.

 

Vice de fabrication : Trop douillet. Le minimalisme de The Upsetter ou de Call Me peut sentir la culotte de coton de petite fille.

 

Rodage : 5 écoutes pour se remettre des sons analogiques, 5 écoutes de plus pour en apprécier les aspérités. 5 supplémentaires encore pour s’en faire un avis, et 5 dernières pour en changer. Puis recommencer.

 

 

À l’attention des fétichistes des cheveux : The Most Immaculate Haircut est un morceau privilégié de beauté. En écho à ces quatre minutes trente de grâce, voici une citation de l’un des plus beaux poèmes en prose de Baudelaire, extrait d’un Hémisphère dans une chevelure : «Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.» Le fétichisme des cheveux s’appelle la tricophilie, gros pervers malade.

 

Les membres ayant acheté Metronomy ont aussi acheté : Metronomy, des chaussures en mauvais cuir à bout ronds, une écharpe jaune moutarde, une moustache.


Disponible chez : Because.

 

++ La page Facebook, le compte Soundcloud et le site officiel de Metronomy.