Japon - Japan Oricon Weekly

 

 

Aller-simple

Si vous avez quelque peu traîné sur les internets ces dernières semaines, vous n’avez sûrement pas pu passer à côté du dernier clip d’Avril Lavigne. Outre la chanson, horripilante piste dubstep-pop sans mélodie qui tienne la route, c’est surtout le clip qui a fait parler de lui, et ce pour de mauvaises raisons. A cela s'ajoute une série de photos embarrassantes sur lesquelles les fans de la popstar feignaient une complicité inexistante pour la modique somme de 360 dollars. Avril devient alors la risée du web, donnant naissance à une série de mèmes tous plus réjouissants les uns que les autres.

Toute cette débâcle n’aura pas eu que des effets négatifs : une semaine après la sortie du clip, Hello Kitty est entré en 75ème place du Billboard Hot 100, en majeure partie grâce au nombre de vues récoltées sur YouTube. Un bonus plutôt qu’autre chose, puisque le single n’était prévu que pour le territoire japonais, là où Avril cartonne depuis le début de sa carrière. En effet, là où son dernier album peine à entrer dans les Tops 10 du marché outre-Atlantique, il caracole en tête des charts japonais dès ses premiers jours de commercialisation.

Il est à noter cependant qu'Avril Lavigne n’est pas la première popstar à venir chercher refuge auprès de l’archipel nippon. Bon nombre de ses collègues du milieu R'n'B s’y sont exilées avant elle : ainsi, Nivea a pu y sortir son troisième album, et ce n’est que là-bas qu’on peut se procurer le best of de Christina Milian. Mya, quant à elle, y poursuit une carrière indé depuis quelques années.

En dépit de ces quelques déconvenues, le temps se maintient donc au beau fixe pour la chanteuse, puisqu’en sus de ce succès inespéré, elle demeure envers et contre tous la Canadienne la plus connue selon une enquête réalisée par le très réputé M.I.T. (Institut de Technologie du Massachusetts) et basée sur des statistiques de longévité et de référencement internet. Avec des clips comme ceux-ci pour faire parler d’elle, il est certain qu’Avril n'est pas prête de se faire détrôner.

 

Royaume-Uni - Official Charts Company

 

 

Rihanna Ora

Nous vous avions parlé de Rita Ora il y a deux ans de cela, à l’occasion de la sortie de ses premiers singles. Après un premier album des plus insignifiants, la nouvelle coqueluche des Anglais suit son petit bonhomme de chemin, sans manquer de soulever une interrogation parmi le grand public : qui est-elle vraiment ?

A première vue, nous avons affaire à un clone de Rihanna. Sa musique est produite par la même équipe, leur look est ostensiblement similaire, et quand elle passe devant l’objectif de Terry Richardson, c’est pour poser de la même manière que celle-ci (mais ici, la faute incombe plus à Richardson qu’à Rihanna). Une comparaison que Rita réfute, nous implorant de la juger en tant qu’artiste à part entière. Difficile toutefois de la prendre au sérieux lorsque pour les besoins d’une rubrique du talk show de Jimmy Fallon, elle explique comment elle a écrit les paroles de son dernier single, un titre pourtant signé dans son intégralité par son petit ami Calvin Harris.


Néanmoins, l’industrie du spectacle semble déterminée à faire d’elle une star. Après avoir donné le top départ d'une course de Fast & Furious 6 (un caméo qui ne restera pas dans les annales), Rita sera à l’affiche de l’adaptation cinématographique de 50 Shades of Grey - elle n’occupera pas le rôle-titre. Rimmel London choisit de collaborer avec elle pour une nouvelle ligne de cosmétiques, permettant par la même occasion à son nouveau single de jouir d’une (sur)exposition accrue.

Au bout du compte, rien n’y fait : Rita trime, mais ne reste qu'un second couteau de la scène pop actuelle. Sur les forums musicaux ne règne que de l’indifférence à son égard. Malgré tout, ce manque singulier de personnalité ne l’empêche pas de connaître le succès : I Will Never Let You Down est déjà le quatrième titre de sa (courte) carrière à atteindre la première place des charts anglais.

 

France - Syndicat National de l'Edition Phonographique

 

 

Lumière sur...

Avec le succès intarissable de son album Mini World, Indila est sans conteste la révélation francophone de l’année. Après avoir fait ses premières armes auprès de Rohff, Soprano ou encore Youssoupha, Indila a fait la rencontre de Skalp (du duo Kore et Skalp), qui lui a produit l’intégralité de son premier album. Passé ce premier paragraphe biographique rédigé sur le modèle d’une vielle pastille musicale de M6, vous n’avez certainement rien appris de bien conséquent, et vous demandez donc pourquoi diable trône t-elle en tête des ventes d’albums depuis le début de l’année.

Pour ce qui est de la réponse, on cherche encore. La réussite de la chanteuse est arrivée sans crier gare, sans qu’on ne sache vraiment de qui il s’agit et c’est à quel sujet. Et pour cause : Indila cultive le mystère. A une question aussi simple que «quel âge avez-vous ?», elle répond «j’ai l’âge qu’on me donne» (ce qui est généralement la réponse que l’on donne lorsque l’on nage en pleine crise de la quarantaine).


Pareillement, Indila refuse d’attribuer un nom à son univers musical, martelant à qui veut l’entendre qu’elle est une «enfant du monde». Lorsqu’on la compare à Najoua Belyzel (artiste pop pseudo-torturée à la carrière aussi courte mais fulgurante), elle s’avoue surprise. On la comprend, c’est vrai que Dernière Danse s’apparente plus à un morceau de Charles Aznavour déjà maintes fois samplé.

Qu’on le veuille ou non, Indila symbolise la relève de la variété française. Les désordres sentimentaux d’Hélène Ségara, Lara Fabian ou Natasha St-Pier doivent désormais partager l’affiche avec les trémolos d’Indila et la boîte à rythmes qui l’accompagne partout. Ce constat harassant ne contribue qu'à nous faire regretter Leslie davantage.

 

 

Thomas Rietzmann.