LOVE ?

La NAMBLA refait surface

C'est au détour d'un article sur un blog gay confidentiel (www.towleroad.com), que le terme de NAMBLA nous a sauté aux yeux, il y a deux semaines. En effet, cela faisait quelques années que la « North American Man/Boy Love Association » n'avait pas fait parler d'elle. L'organisme, qui promeut la pédophilie consentante et cherche à faire abaisser l'âge légal de la maturité sexuelle aux États-Unis, est à nouveau sur les radars des médias, peu après l'affaire Bryan Singer à Hollywood. Évidemment, à droite, on mettait déjà pédophilie et Démocrates (Barack Obama en tête) dans le même sac depuis longtemps. Cette même semaine du 15 mai, le site d'extrême-droite Barbwire, en croisade contre « Satan et l'homo-fascisme », avait d'ailleurs mis en ligne la photo d'une banderole où l'on voyait la tête du Président américain surmontée du sigle de l'asso pédophile, grossièrement photoshopé. Dans des sphères plus respectables, au sein du GOP (Grand Old Party, le surnom du Parti Républicain), la team Ben Carson, l'un des candidats potentiels à l'élection présidentielle de 2016, vient de prendre un gênant virage, lorsque son poulain a comparé les États-Unis actuels à l'Allemagne nazie, et s'est farouchement opposé aux unions homos : « je pense que le mariage doit être célébré entre un homme et une femme. C'est un pilier bien établi et fondamental de la société, et aucun groupe, qu'il s'agisse des gays, de la NAMBLA ou de gens qui croient en la zoophilie, ne le renverseront... » Mauvaise pioche pour ce neurochirurgien de 62 ans, qui passe désormais pour un illuminé extrémiste au sein de son propre camp, pourtant pas toujours subtil.

 

Bonus archives : le très long running gag (étalé sur plusieurs années) de Jon Stewart à propos de la NAMBLA. Jubilatoire...

 

 

HATE

Port d'armes : la Géorgie s'enfonce

Il est presque passé inaperçu en France, mais le nouveau texte concernant le port des armes en Géorgie est proprement hallucinant, et ce alors qu'une nouvelle tragédie a endeuillé la Californie la semaine dernière. Baptisé « Safe Carry Protection Act », le projet de loi a été renommé « Guns everywhere bill » par ses détracteurs, car il autorise le port d'armes dans les bars, les églises, les aéroports, les écoles et les bâtiments administratifs. Une victoire pour la NRA (Nation Rifle Association), qui a fait de cet État du sud un laboratoire du lobby des armes. 18 ans au lieu de 21 si vous êtes militaires, pas de confiscation dans les situations de crise, et un droit à la légitime défense accru en cas de procès, les changements sont nombreux. « Vous n'arrêterez pas le crime en désarmant les honnêtes gens », s'est défendu Jerry Henry, de GeorgiaCarry.org, un groupe pro-armes qui a porté le texte. Les observateurs, à l'image d'Adam Winkler, professeur de droit à l'université UCLA (Los Angeles), sont pessimistes : « la NRA a fait échouer tellement de lois concernant les armes, que tout ce qui reste à leurs détracteurs, c'est d'essayer de les interdire dans les bars ou les églises. » Un pas en avant, deux pas en arrière. Autant dire que sur le plan fédéral, c'est loin d'être gagné pour Obama et ses successeurs.

 

 

OURS

Des comtés séparatistes californiens votent cette semaine

On saura demain (mardi 3 juin) si les comtés de Del Norte et Tehama souhaitent faire sécession et être rattachés à l’État indépendant du Jefferson. Ainsi, trois autres territoires du nord de la Californie (Modoc, Siskiyou et Glenn) avaient déjà fait part de leur désir de revenir à « l'indépendance » en vigueur avant 1960, lorsque chaque comté avait son propre sénateur, essayant également d'embrigader des habitants de l'Oregon voisin dans la bataille. Ce qui ressemblait à une blague a pris une ampleur certaine l'an dernier, lorsqu'un comité fut créé par un fermier local, Mark Baird, pour faire voter une résolution. Alors qu'on en rit encore au Congrès américain, l'idée de diviser la Californie en six Etats fait son chemin, poussée par le fait que Sacramento, capitale administrative, est trop isolée au nord. En effet, une autre initiative, celle de Timothy C. Draper (un investisseur de 55 ans originaire de la Bay Area) auprès du Procureur Général, ne manque pas d'idées, mais ces imprécisions sont nombreuses. Et les experts ne savent pas, de la centralisation ou de la décentralisation, quelle serait la meilleure solution pour l’État. Bouger les frontières laisserait notamment les régions les plus pauvres sur la touche, tandis que la Silicon Valley ou Los Angeles se classeraient parmi les territoires les plus riches de tous les USA  : « cela signifie sans doute que bouleverser les structures établies n'est pas la solution. Dans le cas de la Californie, les conséquences du morcellement que Draper défend, pourraient être horribles », expliquait il y a quelques jours Michael Hiltzik, dans un éditorial du L.A. Times. Qu'elles soient territoriales, culturelles ou économiques, les raisons qui poussent les indépendantistes à revendiquer leur liberté sont, pour le moment, trop endémiques pour inquiéter Washington.

 

 

Félicien Cassan.