• La balade en ville
D'un bout à l'autre du clip, Charli secoue sa chevelure luxuriante dans les rues d’Amsterdam, puis loue un bateau-mouche sur les canaux, avant de s’émerveiller devant les lumières aveuglantes de plusieurs machines à pince. Tout ça, c’est bien sympa - même si elle nous avait déjà fait le coup au single précédent en errant dans les rues de Tokyo - mais ce n’est surtout pas très original.

 

 

La balade introspective a été faite des milliers de fois sous toutes ses formes. Prenons par exemple Adele, qui a fait bloquer le pont Alexandre III pour marcher au rythme de son coeur brisé au lever du soleil, obligeant ainsi ceux qui s’étaient éternisés au Showcase à y rester un peu plus longtemps avant de pouvoir rentrer chez eux (non, c’est faux). On pense aussi à Shakira qui foutait le boxon dans les rues de Barcelone, au risque de s’attirer les foudres des autorités locales (ça par contre, c’est vrai). Plus proche de nous, il y a Tal, qui marchait dans les rues de New-York à la poursuite de son rêve. Tu as vu ça un peu, Charli ? Même Tal l’a fait. Or, comme dit le proverbe, «si Tal l’a fait, lâche l’affaire».

• Les extraits de film
L’autre aspect du clip, c’est son côté «bande-annonce de luxe». En effet, si la chanson voit le jour aujourd’hui, c’est pour promouvoir la sortie de Nos étoiles contraires, une comédie dramatique adaptée d’un roman à succès. Cela justifie-t-il pour autant de fournir le minimum syndical en terme de visuels ? Korn par exemple avait eu l’ingéniosité de faire intervenir Angelina Jolie dans leur clip pour la bande-originale de Tomb Raider 2 Pink, les Destiny’s Child et Madonna avaient chacune incarné un rôle dans l’esprit du film qu’elles étaient supposées vendre, et même les Sugababes étaient apparues sous les traits d’un graphisme similaire aux Super Nanas pour défendre leur bifteck.

 


Chez Charli, rien de tout ça. Le clip est (mal) entrecoupé d’images du film, comme si un pote un peu relou s’amusait à changer de chaîne toutes les dix secondes. Reste la sympathie du titre qui, comme toujours chez Charli XCX, demeure la chose que l'on retiendra en premier lieu. Espérons au moins qu’elle ait profité du voyage pour s’allumer un joint et réfléchir à son prochain clip, sans le sponsoring de TripAdvisor.


 

 

Thomas Rietzmann.