En effet, au lieu d’une interprétation littérale des paroles résultant en un clip déjà vu des milliers de fois (X trompe Y avec Z, et Y se venge en l’humiliant devant Z), Demi Lovato a endossé le parti-pris de tourner ça en pleine Gay Pride de Los Angeles, en détournant le sens premier des paroles pour en faire un hymne gay. Alors là, on se dit, voilà une sympathique initiative qui devrait se dérouler sans accrocs, non ? Et pourtant.

 

Comme il est d’usage avec YouTube, le clip a recueilli un flot de commentaires hostiles à cette démarche. Et après tout, si déjà une opération aussi innocente qu’un simple burger spécial Gay Pride déclenche un véritable tollé, alors le clip d’une ex-popstar estampillée Disney que nos pauvres chérubins idolâtrent et imitent au quotidien devrait faire l’objet d’un cataclysme, n’est-ce-pas ? Bingo. Allez, encore une fois, on ne va pas se mentir : la réception du public est très mitigée, avec des commentaires allant du désormais célèbre «arrêtez de nous infliger ce spectacle où que l’on tourne la tête» à l’impayable «et pourquoi qu’on a n’a pas d'Hétéro Pride nous hein ?» ainsi que le grand classique «je ne suis pas homophobe, mais…».

 

 

Néanmoins, il faut admettre qu'on n’avait pas vu un clip aussi gay friendly provenant d’une popstar formatée depuis Take It Off de Ke$ha (qui n’a d’ailleurs jamais été diffusé à la télévision, remplacé par une version plus conventionnelle). On est également surpris de constater que Lady Gaga, qui est pourtant la porte-parole officielle de la communauté homosexuelle*, n’y ait pas pensé avant Demi.

 


Alors bien sûr, on peut se demander s'il ne s’agit pas là d’une stratégie purement commerciale et faussement polémique dans le but de s’attirer des clics et de remonter dans les classements. Bien sûr, on peut pinailler sur la présence de Perez Hilton aux côtés de pancartes «stop bullying» quand on sait que le blogueur a bâti sa carrière en écrivant des injures et en des dessinant des pénis sur des photos de célébrités. Bien sûr, on peut aussi se demander ce que Travis Barker (le batteur historique de Blink-182, ndlr) fait là. Mais si on s'arrêtait deux secondes pour apprécier la joie terriblement communicative qui émane de ces images ? Pour tout cela, et bien plus encore : merci, Demi.

 


*enfin, dans sa tête.

 

 

Thomas Rietzmann.