En échange, et bien que je sois assez clairement un chien - et donc pas en possession d’un pouce préhenseur me permettant de tenir un stylo - je dois écrire des "reports". En fait c’est juste des compte-rendus, mais comme c'est une marque cool, tout le monde parle en anglais. Un peu comme si je mettais des miaulements de temps en temps quand j’aboie pour faire style genre. WOL (LOL en chien, ndlr). 

 

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler des villes que j’ai découvertes pendant mon séjour, et surtout de les noter sans pitié, sur des critères canins ultra-précis. Et nous les chiens, quand on dit précis, c’est précis. N'oubliez pas que rien qu'à l'odorat, on est capables de repérer Afida Turner dans un rayon de 300 km.

 

 

METZ

 

- Points forts : de belles et larges rues piétonnes et beaucoup d’espaces verts pour faire. Place de la République, jolie densité de petites bâtardes croisées bien dans mon style. La population mosellane appréciant les boules, le Bingo humain est un succès.

- Points faibles : énorme caniphobie au Centre Pompidou Metz - on m’a interdit de rentrer ! Comme si l'Art contemporain n'était réservé qu'aux gens sans truffe. Déprime : ma blague "tu les as vus ? Quoi ? Messins" ne marche que sur les humains.

 

 

NARBONNE

 

- Points forts : moult fruits gratos par terre. Et puis ils ont ce truc, là, où plein de gros humains se rassemblent et courent après un rond ovale, preuve que nous ne sommes pas différents vous et nous. En revanche, on a aussi essayé de m’interdire l’accès à la plage mais j'ai adopté une attitude furtive, c'est passé tout swag. Bonus : j’étais à pile à l’heure pour le cours de zumba. Bon, c’est pas super adapté pour mes pattes arrière, mais j’ai pu stalker la prof.

- Points faibles : cours Mirabeau, j’ai failli me faire croquer par un rottweiler, et si le moniteur de stand-up paddle de la tournée ne m’avait pas sauvé au dernier moment, il ne resterait de moi que mon petit bandana rouge (c'est ma maîtresse ça, elle est fan de Wham!). En revanche, le Canal du Midi vers Béziers, j’ai détesté évidemment. J’ai horreur de l’eau. Je sais, ça craint, on croirait un chat. 

 

 

MARSEILLE

 

- Points forts : il faisait chaud, du coup j’ai fait style j’ai trop chaud pour que tout le monde me caresse et s’occupe de moi (WOL). Sinon, Marseille c’est mortel : les gens pissent partout partout, je savais plus ou donner de la truffe. La classe, j’ai dormi au Mama Shelter designed by Starck, où j’ai laissé un joli crottou designed by moi. ET j’ai enfin réussi à choper un bracelet de la tournée et j’ai pu aller me renseigner sur les types de forfaits et portables offerts aux animaux (déception : y en a un seul, et c’est un forfait bloqué).

- Points faibles : j’ai failli me prendre une boule OBUT lancée par un gros monsieur au parc, apparemment j'ai mangé le "cochonnet" (?). Et puis les chevaux au parc Borély sont vraiment flippants. C'est décidé, je ferai jamais dans l’interracial.

 

 

PORT-LEUCATE

 

- Points forts : il faisait chaud encore, j’ai fait le coup de "ouhlala qu’il a chaud ce chien regardez il tire la langue", et hop, j’ai léchouillé deux/trois hôtesses de la tournée, héhé. Progrès : les chiens sont acceptés sur les jet-skis s’ils sont accompagnés d’un chien adulte ; et merci la chaleur, j’ai pu remanger deux trois gauffres rendues par des gosses humains. WAF(fle).

- Points faibles : Dieu-Chien sait que je déteste les chats, mais là, j’avais la vanne qui tue pour les victimiser tous si j’en croisais : "tranquille, Leucate ? (trankil le cat, t'as compris ?)”. Evidemment, ce qui n'arrive jamais est arrivé : ZERO chat.

 

 

ARGELES-SUR-MER

 

- Points forts : c’est mortel, les humains se parlent comme des chiens. J’ai spotté une maman qui disait à son gosse de sept ans : "putain bordel, tu les prends tes couilles et tu vas le chercher tout seul ton bout de pain". Y'avait max de monde sur le site du village mais j’ai enfin pu aboyer sur l’humaine de la tournée qui a le plus de chien, celle avec une voix grave comme un setter un peu.

- Points faibles : près de la plage, j’ai croisé un berger catalan croisé totalement dégénéré, je crois qu’il avait trop bu d’eau des stores de fish-pédicure. D’ailleurs, pas moyen d’avoir un baquet d’eau dans les bars si tu consommes pas, du coup j’ai fait dedans. Cadeau pour toi, le Nikki Beach Lounge. Malheur : les gens du village Sosh refusent une fois de plus que je bénéficie du stand "ongles polish", faisant de moi la seule personne de la région Languedoc-Roussillon non manucurée.

 

 

MIMIZAN

 

- Points forts : toutes sortes de poteaux de signalisation aux mille senteurs. Egalement, j’ai repéré deux-trois plages où des humains se baladent comme moi avec l’anus apparent. L’expression "le chien aboie, la caravane passe" prend tout son sens dans cette ville, j’y ai passé deux heures. Et surtout : l’humaine qui fait les blind tests sur le village me trouve cute, du coup elle m’a fait jouer, mais j’ai rien trouvé à part I Wanna Be Your Dog. WOL. 

- Points faibles : bon à savoir : trop de vent = du sable dans les poils. Egalement, note pour plus tard : ne plus jamais tenter des moules à la plancha près d’une poubelle à la plage.

 

 

CHATELAILLON-PLAGE

 

- Points forts : à deux pas, La Rochelle, le paradis. J’ai découvert là-bas des humains appelés "punk à chiens" dont il s’avère qu’ils sont les esclaves de leurs chiens, ça tue. J’ai parlé avec un golden (évidemment prétentieux et sur-gay, un retriever quoi), il m’a dit juste tu aboies pour prévenir ton humain quand les camionettes de nettoyage de la municipalité viennent passer le jet d’eau, tu pisses tout autour du coin où on dort, et hop, t’es son Dieu. WANT. Je m’en trouve un direct de retour à Paris, ça me changera de ma maîtresse (imagine le combo : dépendante affectivement ET control freak sur mes crottes). 

- Points faibles : une ville avec le mot CHAT dedans, a priori pour moi, c’était bouaf. En fait ça tue : beaux espaces verts, plages spacieuses, piscine de thalasso à l’hôtel où j’ai pu faire en fourbe. Attention quand même, spottés sur site : nombreux bouledogues "théâtreux", et au moins un bichon maltais en peignoir.

 

 

Jean-Claude le chien, aidé de mon scribe Josselin Bordat.