Qu’est ce qu'il se passe quand un groupe rencontre un succès rententissant et retombe dans l'oubli en l’espace d’une seule et même année ? Il tente de faire un boucan d’enfer pour se faire remarquer, comme un fils unique qui tente d’attirer l’attention de ses parents après la naissance de sa petite soeur.

 

En ce sens, le nouveau single des Tokio Hotel est une réussite ; le titre étant une cacophonie sans queue ni tête.
 

 

A en juger les statistiques qui s'offrent à nous sur YouTube, Girl Got A Gun ne parvient même pas à remplir sa mission première : faire le même bruit que la vidéo pornographique d’un autre groupe allemand ou atteindre le centième du nombre de vues d’une popstar un peu paumée (non, pas Miley, une autre).
 

Et pourquoi y arriverait-il ? Girl Got A Gun n’est pas la suite logique de Durch Den Monsun mais un clip qui se veut bizarre pour le simple fait d'être bizarre.
 

 

Bon, loin de nous l'idée de blâmer leur tentative d’expérimentation. Toute popstar qui se respecte traverse cette phase, qu’il s’agisse de l’album autobiographique de Rihanna, de la transformation de Kelis d’artiste R'n'B en grande amatrice de musique électronique ou de la récente incursion de Lady Gaga en des territoires plus jazzys.

 

Parfois ça marche. Parfois moins. Parfois on se retrouve avec des femmes hystériques recouvertes de peinture qui prennent leur revanche sur un gros chien bleu un peu pervers. Nul doute que ces dernières années, les membres de Tokio Hotel les ont passées à jouer à Second Life ou regarder Arte la nuit.
 

 

Ultime bizarrerie, leurs fans se font désormais appeler «les aliens», comme pour souligner d’autant plus le fait qu’être encore fan des Tokio Hotel en 2014 relève de l’incongruité totale. Gageons que cette chanson sera le déclic final qui les poussera à définitivement décrocher les posters du groupe des murs de leur chambre. Mais là encore, rien n'est moins sûr.

 

 

 

Thomas Rietzmann.