Lorqu'il s'agit de Jaden Smith, deux écoles s’affrontent. Il y a ceux qui ne voient en lui qu'une vaste plaisanterie, et ceux qui lui accordent bien plus de crédit que ce qu’il n’y paraît. Certains se posent des questions sur l’air inquiet qu’il semble adopter en toute situation. D'autres louent la "maturité" dont fait montre le garçon sur ses enregistrements les plus récents. Les uns pensent qu'il ne fait que déblatérer un tas d'inepties, les autres pensent qu'il nous trolle tous.
 

En cause, ses tweets dignes d’un élève de terminale qui vient de découvrir les stupéfiants et les quatre heures de philo du mercredi matin. Comment dès lors prendre au sérieux un pré-adolescent qui nous prévient que ce n'est que quand il mourra que nous comprendrons (comprendre quoi ?) et se demande comment les miroirs peuvent être réels si nos yeux ne sont pas réels (sic).

 

 

Pourtant, force est de reconnaître avec toute l'objectivité nécessaire que le peu que l’on est en mesure d’entendre sur Fast n’est, comme on dit familièrement, «pas dégueu». Son flow n’est pas très éloigné d'un Childish Gambino, et les paroles, bien que non-révolutionnaires, ne sont «pas pire» (comme on dit tout aussi familièrement).

 

Tout ça nous fait réaliser que s'il le voulait, Jaden pourrait, à l'instar de sa petite soeur, pondre un tube (featuring T-Pain par exemple). Mais il ne le fait pas. Au lieu de ça, il expérimente divers types de sonorités et utilise la musique comme moyen d'expression, là où d'autres ouvriraient un skyblog.
 

 

Dans la vidéo qui accompagne le morceau, Jaden fait son Jaden, notamment dans une scène où il se roule par terre près d’une voiture dans un parking. Une séquence sûrement soigneusement réfléchie, comme pour signifier que la vie n’est qu’une vaste partie d’échecs dont nous sommes tous les pions et qui ne prendra fin que lorsque nous serons tous hors-jeu ; ou alors, c’était juste "comme ça".

 

Certains gamins occupent leurs samedis après-midi à faire des ateliers pâte à sel, d’autres vont au cinéma, et d'autres encore, plus fortunés, ont la chance d'aller en studio et de tourner des clips. A voir si les rêves de rappeur auxquels Jaden aspirent aboutiront à quelque chose de plus concret, ou ne resteront que des velléités d'adolescent qui grandit sous l'oeil du grand public. Finalement, de Jaden Smith à Rebecca Black, il n’y a peut-être qu’un pas.
 

(veuillez m'excuser, je suis obligé de reposter ce gif, n'en n'ayant toujours pas saisi le propos)

 

 

 

Thomas Rietzmann.