Il vient d’où ?

Agé d’à peine 25 ans, Makonnen Sheran a tout vécu depuis son enfance à Los Angeles : le divorce de ses parents, l’adolescence aux côtés de son père dans la rue où Marvin Gaye a été tué par son géniteur (West 21st Street), les études en cosmétologie et une condamnation en 2007 pour homicide involontaire après avoir tiré accidentellement sur son ami en tentant de le désarmer. Aujourd’hui, il s’est mis au rap, vit chez sa mère à 45 minutes d’Atlanta, Géorgie, en compagnie de ses deux pitbulls.

 

Qui est-il ?

On ne le dit jamais assez mais, à l’instar des ruptures amoureuses ou de la mélancolie, la haine peut être une fabuleuse source de création. Celle de Makonnen Sheran trouve son origine peu après sa condamnation pour homicide involontaire : confronté au mécontentement de son voisinage et assigné chez sa mère par un agent de probation, l’Américain a alors la merveilleuse idée de se mettre à la production. En plus du blog The Newness, qu’il tient et sur lequel il publie quelques interviews de Lil B ou Miguel réalisées par mail, celui qui a fumé son premier joint à 10 ans met en ligne ses premiers morceaux et commencent à faire parler de lui – notamment auprès de Drake et de Lil Wayne, qui l’adorent.

 

 

Où en est-il ?

ILoveMakonnen, c’est un peu l’histoire d’une success-story annoncée. Après avoir s’être trimballé un peu partout avec une machine à karaoké et un enregistreur durant l’enfance, le gus enregistre trois albums auto-produits et jamais sortis avec sa mère, publie à partir de 2011 des chansons, des vidéos et des EP’s en toute gratuité (dont Drink More Water 4, sorti deux mois après la fin de sa probation). S’il paraît difficile de faire le tri parmi la centaine de chansons publiées depuis (on peut toutefois citer les excellentes Down 4 So Long et I Don’t Sell Molly No More), sa signature sur le label de Drake, OVO Sound, parle en revanche d’elle-même. Tuesday, single partagé avec le crooner canadien, a d’ailleurs accumulé plus de 15 million de vues sur YouTube depuis sa mise en ligne le 21 octobre dernier.

 

 

Ça ressemble à quoi ?

A mi-chemin entre le hip-hop et le r&b, ILoveMakonnen s’inscrit donc de fait dans les pas de Drake (un de ses proches amis) et de Frank Ocean. Pas forcément la facilité donc, quand on connaît le talent et la sensualité des deux artistes et le nombre de pisse-copies qui pullulent sur la toile depuis leur couronnement. Sauf que ILoveMakonnen n’a rien d’un vulgaire suiveur et se fiche pas mal des convenances propres aux genres musicaux abordés : ce qu’il convoite, c’est l’étrangeté, les bizarreries sonores et le beat hybride, qu’il magnifie de sa voix nasillarde.

 

 

A quoi ça ne ressemble pas ?

Malgré les accointances géographiques et stylistiques avec Future ou Rich Homie Quan, ILoveMakonnen chemine dans le rap game selon une démarche radicale : « Il n’est plus question d’être commercial aujourd’hui. L’idée, c’est d’être invendable », déclarait-il à The Fader.

 

Que faut-il faire de cet artiste ?

Se contenter d’aller écouter les nombreux titres publiés sur Soundcloud et d’aller regarder ses vidéos autoproduites serait déjà un choix louable. Le dernier EP, ILoveMakonnen, commence déjà à crouler sous les éloges de la presse spécialisée américaine et anglo-saxonne.

 

++ Le site officiel, la page Facebook, et compte Twitter de ILoveMakonnen 

++ Le dernier EP de Makonnen, ILoveMakonnen EP, sorti le 6 juillet, est disponible en téléchargement gratuit ici.

 

 

Maxime Delcourt.