Pharrell, un citoyen du monde aux influences pluriethniques

Vous ne le voyez peut-être pas ainsi, mais Pharrell Williams est bel et bien un artiste subversif. Il croit en ses idées et n’hésite pas à les exprimer, quitte à ce que cela dérange. Avoir avoir osé affirmer son bonheur avec le chant révolutionnaire Happy, il avoue aujourd’hui être pour la liberté. Il paraît même qu’il est contre la guerre… Aura-t-on bientôt droit à la chanson Peace ? Engagement et courage, telles sont les deux mamelles de la philosophie Pharrell.

Pour le coup, on ose se laisser aller à une analogie qui nous est venue telle une épiphanie : et si Pharrell Williams était le Yannick Noah américain ? Son nouveau couvre-chef et le bleu de travail qu’il arbore dans le clip de Freedom lui donnent par ailleurs des airs de Manu Chao (et de Mao, l’homme n’a vraisemblablement peur de rien).

 

 

La messe est dite : Pharrell est un citoyen du monde qui souffre pour ses congénères et il tient à le faire savoir. Ceci dit, si son engagement pouvait lui faire prendre la place de Cali lors des meetings festifs du PS, ça nous arrangerait bien. On espère simplement pour lui qu’il n’osera pas le port du pantalon en lin blanc lors de ses prochains concerts. 

Mais à la vérité, Pharrell nous fait davantage penser à Florent Brunel, cet artiste à la sensibilité à fleur de peau qui dénonce et prend des risques. C’est vrai quoi, peu de gens osent dire que les politiciens sont vraiment «très très méchants».

 

 

Le clip en lui-même

La question fondamentale qui nous vient à l’esprit après le visionnage de ce clip est : «à quel moment une popstar devient-elle totalement déconnectée de la réalité ?». 

(Vous avez 4 heures).

 

Ce clip offre en effet une grande farandole d’images totalement WTF (des chevaux au galop, le Grand Canyon, des favelas, des Noirs qui tapent dans des cailloux dans un champ de ruines, des vieilles personnes qui se baignent dans le Gange. Soit un parti-pris visuel qui oscille entre National Geographic et Des Racines et des Ailes spécial paludisme au Rajasthan).

 

Et comme il loue les vertus de  la liberté (qui est quand même un concept hyper-sympa), il n’hésite pas à dénoncer ceux qui empêchent les autres d’être libres : les grandes corporations. Il nous gratifie ainsi de quelques scènes dans un atelier de couture où du travail à la chaîne est effectué, probablement par des personnes mineures.

Mais une question nous chagrine un peu : et si les dames de l’atelier étaient en train de fabriquer la collection Adidas x Pharrell Williams ? 

 

 

L’histoire ne le dit pas, mais en tout cas, l’image montre bien le logo Adidas sur les fesses de Pharrell qui, comme par hasard, fait beaucoup de tours sur lui-même (bah quoi, il fallait bien un petit logo quand même, faut pas déconner.) 

+ 100 points pour le mauvais goût et le gros foutage de gueule mais bonne nouvelle pour celles et ceux qui s’inquiétaient : Pharrell est toujours Pharrell, un businessman aux allures de Bisounours. 

 

Tout ça pour dire qu'on préfère le Freedom célébré par George Michael, une popstar au final bien plus courageuse et engagée que Pharrell Williams.

 

 

 

Sarah Dahan.