Bonjour, qui êtes-vous ? 
Pain Surprises : Jabberwocky, Jacques, Grand Soleil et Petit Prince. A venir : Basile di Manski & many more. 

Qui a trouvé le nom du label et le regrettez-vous ?
On a trouvé «Pain Surprises» à l’époque où l'on organisait des super fêtes. Le principe était assez simple : avant de venir, personne ne savait ce qu’il allait se passer. Et on faisait vraiment n’importe quoi : tournage de film porno sur le dancefloor, concert d’un sosie de Claude François au milieu d’un DJ-Set, soirée plongée dans le noir avec 900 lampes frontales distribuées au public, concours de burkas mouillées... On était jeunes et cons. Comme aujourd’hui. 


Il y a un chef chez vous ou vous êtes en autogestion, pourritures communistes ? 
On aime expérimenter des nouveaux modèles. C’est un peu comme ça que l’on fonctionne en général. On tente des innovations et on voit ce qu’il se passe. Là, on est en plein capitalisme dans le communisme. C’est chelou et un peu prise de tête par moments, mais c’est bien. 

Les labels sont-ils, comme les albums et la guitare, des objets du passé ?
Pour sortir des albums avec des guitares, il faut des labels… Enfin plus forcément, mais y’a un moment où c’est mieux. 

Pourquoi y a t-il aujourd'hui plus de labels que de groupes ? 
C’est pas vrai, ça. 


Sachant que l'idée de styles musicaux est fasciste, quel style musical défendez-vous dans votre label ? 
Vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise musique. Moi, si je devais résumer la musique aujourd'hui avec vous, je dirais que c'est d'abord des rencontres, des gens qui ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seul chez moi. Et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n'est pas mon cas, comme je le disais là, puisque moi au contraire, j'ai pu ; et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... Je ne suis qu'amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd'hui me disent "Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ?", hé ben je leur réponds très simplement, je leur dis que c'est ce goût de l'amour, ce goût donc qui m'a poussé aujourd'hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain, qui sait, peut-être seulement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi... 

Si vous étiez sur MySpace, quel serait "l'univers" de votre label ?
Des filles blondes ou brunes et plutôt très jolies. MySpace est aussi l’ancêtre de Tinder. Il ne faut pas l’oublier. 

Trois morceaux qui  résumeraient à la politique artistique du label ?
Florent Pagny – Ma Liberté de Penser
Pascal Obispo – L’important c’est d’aimer
Lorie – A 20 ans (rien n’est impossible)

Hipster, normcore ou les deux ?
Gendre idéal. 

L'underground, ça veut encore dire quelque chose pour vous ?
Justin Bieber est l’underground des fans de Michael Jackson. Et Tame Impala est l’underground de Justin Bieber. Jacques est l’underground de Tame Impala. Par contre, l’underground de Jacques ? Faut creuser un peu, mais il existe, c’est sûr. Mais Michael Jackson est l’underground de Jacques. On est tous l’underground de quelqu’un. C’est pour ça que ça n’a jamais voulu dire grand chose.

N'est-on pas un peu toujours l'indie de quelqu'un ?
Sans faire exprès, on a déjà répondu.

Ne mentez pas : votre rêve, c'est de devenir mainstream en vrai ?
Pour que nos papas et nos mamans nous prennent au sérieux, on y est condamnés. 

Quel est votre modèle économique (LOL) ?
Gagner plus d’argent qu’on en dépense. C’est ça le secret. 

Non, sérieusement, comment gagnez-vous de l'argent ?
Argent trop cher. La vie n’a pas de prix. 

On est d'accord, la musique aujourd'hui, c'est gratuit ; pourquoi voulez-vous encore la vendre ?
On la vend pour les gens de plus de 40 ans qui ne savent pas comment faire et pour tous ceux qui ont envie de «soutenir l’industrie de la musique». On les remercie d’ailleurs. Mais vendre et acheter de la musique, c’est aussi un acte noble, comme un Kickstarter déguisé. 


Quelle est l'importance du live pour vous aujourd'hui ?
Hyper-important. C’est pour ça qu’on ne signe que des artistes qui font des concerts et pas de DJ-sets. Ca ne nous amuse pas d’aller voir un DJ mixer. Ca manque de magie. On est attaché au concept de show, du mec qui t’en met plein la vue techniquement, qui est en connexion avec la salle. Et pour ça, il faut qu’il sorte de sa zone de confort, qu’il galère un peu. Les DJ's ne galèrent pas. 

Vos activités dépassent-elles la seule musique (merci de ne pas prononcer «transmédia» ou «collectif») ?
Pain Surprises est un label, mais c'est aussi un studio d’enregistrement et de post-production audiovisuelle, mais aussi des soirées, mais aussi une marque de vêtements, mais aussi une boîte de production qui fait des courts-métrages, des clips et des séries TV.  On est donc un collectif transmédia. Désolé les gars ! 


Un avis sur Hadopi (répondre par non ou par non) ?
Le même que le gouvernement qui va bientôt le supprimer : bof bof.  

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes qui voudraient vous envoyer leurs démos, à part «plus personne n'envoie de démos» ?
Envoyez nous vos démos. C’est comme ça qu’on a rencontré les Jabberwocky et ça nous a bien réussi.

++ Pour retrouver toute l'actualité du label et de ses groupes, rendez-vous sur la page Facebook et le compte Soundcloud de Pain Surprises.