Après ma défaite du type à la french pédicure, la vérité, j’étais mi-figue. Toute en parano et patati mes belles années sont derrière moi et nananou je vais devoir rappeler mon plan régulier alors que j’avais promis de pas faire ça, et j’ai plus de ressources, et je suis l’équivalent d’une frangipane périmée qu’on vend à -50% le lendemain de l’épiphanie dans un hyper, bon, la mauvaise passe quoi. Et puis je me suis rappelé d’un gars qui m’avait refourgué son numéro pendant un apéro barbec'. Je l’avais pas considéré sérieusement puisqu’à l’époque, ça m’avait marquée, il portait des Converse sans chaussettes et je veux bien être tolérante, mais à un moment donné c’est le corps qui dit stop. Mais à grand désert sexuel les grands remèdes, je me suis concentrée pour retrouver son prénom, parce que c’est pas le tout d’avoir un numéro, sans nom dans un océan de répertoire, ça sert à rien. Alexi. Voilà. Sans S.

Un beau texto, c’est une moyenne de 4 minutes de réflexion. J’ai donc envoyé «hey salut (jamais mettre de virgule entre les deux, ça pue la défaite), t’as pas besoin d’un cobaye ? J’ai envie de me faire tatouer, mais je sais pas quoi.» Ah oui, le gars est tatoueur. Dans un salon qui se la raconte où ils écoutent du Rockabilly alors que clairement, tout le monde est né après 1990.

Une réponse favorable, c’est une moyenne de 4 minutes après l’envoi. Il m’a donc répondu, sinon l’histoire s’arrêterait là, «hey salut ! (il a compris la règle de la virgule, j’aime bien), ah ah, bah okay, t’es dispo quand ?»

LE VER EST DANS LE FRUIT.

«Ce soir ?»
«Okay !»

C’est quand même agréable quand personne ne fait de chichipompon.

J’ai le temps de mater trois épisodes de Pretty Little Liars avant de me mettre en branle, je sais que c’est mauvais mais laissez-moi tranquille, je juge pas les gens qui font des pataquès sur Rubber, alors j’aimerais un peu de souplesse d’esprit, merci. J’aurais pu m’épiler et tout à la place, mais il est de mon devoir d’obliger petit à petit les mentalités masculines à habituer leurs yeux à autre chose qu’à des tags #teenage #slut #shaved comme si c’était inné. C’est donc savonnée mais duveteuse de la miche que je me dirige vers le salon, en jupe au cas où ça dérape, et petit tee-shirt blanc l’air de pas y toucher, sans soutif car le surnom de mes seins c’est Fast and Furious. Je souhaite que cette révélation s’auto-détruise dans 5 ans, quand je pourrai cacher du shit sous mes plis de seins quand leur arrogance aura eu une médaille pour l’ensemble de leur carrière. Je m’égare.

Je suis accueillie dans l’établissement par deux minets tout en bananes Dick Rivers que je me ferais bien en lot, histoire de me fluffer avant d’attaquer le gros œuvre. Mais ils sont trop verts, ils sont pas prêts à entendre ce que je veux faire d’eux. Je pense qu’ils se cachent encore le sexe quand ils se déshabillent, comme en classe verte, ah ça m’excite. J’y reviendrai. Je demande Alexi sans S pour me donner de l’assurance, parce que j’ai beau faire mon coquelet, je ne suis qu’un Homme après tout, et j’ai un peu le cœur qui bat. Et si je lui plaisais pas, et s’il se tapait que des Suédoises avec des longues pattes, en Erasmus et qui viennent se tatouer des symboles de l’infini avec le nom de leur meilleure amie ? Ce qu’il y a de bien quand on chasse les plans culs, c’est qu’on sait tout de suite si y’a moyen ou s’il va falloir faire un Power Point avec son cul pour convaincre son prospect chaud. Or quand Alexi sans S arrive devant moi, clairement, il me cracherait bien dans la bouche et ça va m’économiser toutes les simagrées inhérentes à quand un gars veut pas de moi de prime abord.

«Hey salut», me lance-t-il comme pour rappeler les faits. (J’aime bien, il est précis, même à l’oral il met pas de virgule entre les deux mots)
Je souris sans les dents et sans moufter, pour pas passer tout de suite pour une charretière salope.

«On y va ?». Il l’a dit en tapant dans ses mains aux dix doigts tatoués, que j’imagine en train de chercher des trucs tombés sous le canapé de ma chatte, après qu’il aura soulevé un tout petit peu ma jupe plissée. Je suis à fond, avec les yeux qui brillent et tout.

Alexi me demande si j’ai réfléchi à ce que je veux faire tout en préparant son matériel. J’ai envie de lui dire que oh oui, mais par contre ça concerne pas du tout le tatouage. Je repère les endroits qui peuvent m’intéresser : y’a évidemment la table où je pourrais m’allonger, mais surtout un tabouret de bar. C’est souvent sous-exploité les tabourets, c’est comme la cardamome, c’est bon mais je sais pas on n’y pense pas. Alors que franchement, être assise et se faire enlèc' par une tierce personne debout derrière toi, c’est quand même plus confort qu’un missionnaire qui te chiffonne le visage contre des draps souvent de mauvaise qualité.

Je lui dis face contre face «tu sais quoi, fais ce que tu veux de moi, je te laisse prendre le lead. Mais je veux être assise sur le tabouret, j’aurai moins mal il me semble». ET LÀ TOUT LE MONDE VOIT TRÈS BIEN QUE JE PARLE PLUS DU TATOUAGE.

Je me pose donc comme suit, le dos du tabouret contre le ventre avec ma jupe plissée de tasspé qui fait des volants mine de rien mine de crayon, je pense, je sais pas hein, mais je pense qu’il bande. Il me fait un surprise tattoo dans le bas du dos, ça dure 10 minutes, je chouine un peu histoire de lui rappeler que vraiment, plus vite il finit plus vite il peut se garer dans moi, et au dernier coup d’aiguille, il fait exactement ce que le Seigneur et moi attendions de lui : il me relève les cheveux, s’approche de moi et m’explique tranquille à l’oreille que je pourrai regarder le résultat une fois que toute notre équipe aura joui. Je le trouve super décidément ce petit, comme quoi, faut pas juger quelqu’un à l’absence de chaussettes. Alors je me penche un peu plus en avant sur mon tabouret en relevant ma jupe, la surprise c’est que j’ai vraiment pas beaucoup de culotte, et je prie comme on prie pour avoir la maison Playmobil quand on a huit ans pour qu’il se mette à me baiser sans enlever son jean’s. Ce garçon comprend tout très vite, et je sens à la fois sa peau de teub, la boucle de sa ceinture et la rêcheur de son jean’s contre mon cul qui clairement crie famine, et tout en me traitant de petite pute d’allumeuse qui cherche les problème et qui va les trouver, il rentre petit à petit son arme blanche dans ma chatte, qui ressemble à l’heure où l'on se parle aux 4000 choristes chantant Vois sur ton chemin sur TF1 en prime. Je suis très contente d’être venue me faire faire un surprise tattoo, parce que non seulement Alexi sans S a des mains qui savent conduire, Fast and Furious sont très contents de rencontrer beau-papa, ils sautent de joie dans tous les sens, mais alors le pompon - oui parce que là on en était qu’aux échauffements -, c’est qu’il a le bon sens de faire pivoter le tabouret de bar pour qu’on se voie en train de se baiser devant le miroir qui se trouvait jusqu’alors derrière nous, tout dans cet event est super. Pour couronner le tout, j’imagine les deux mini-lascars à l’étage au-dessus qui doivent se pignoler parce que ça pue le sexe ici carrément y’a une nappe de brume sexuelle à hauteur d’œil, et alors qu’il me branle allègrement en continuant de faire du harcèlement moral à l’oreille, je jouis la putain de sa race en lui promettant que je suis qu’à lui, et que vraiment je mérite ce qui m’arrive. Il me félicite d’avoir été bien obéissante, du coup je le récompense et je vais sous la table, non pas pour trouver la fève mais pour finir par le sucer en crachant et le regard planté comme si j’étais une coiffeuse soi-disant non-pro sur Jackouille et Michel.

Il vient en me plaquant la gorge contre son gland, sérieux c’est tellement une gorge profonde que je pense que j’ai digéré son suc qui est allé directement dans mon intestin. Je reste comme ça avec lui dans ma bouche par politesse le temps qu’il faut ( = environ 8 Mississippi) et je me retourne pour regarder le bas de mon dos dans le miroir.

«Sérieux mec, tu m’as vraiment tatoué Charal dans le dos ??!»

 

À suivre : épisode 4 de notre série érotique, en ligne jeudi prochain. Lire l'épisode 1 et 2.

++ SML est également auteur dans La Chose, revue pop-porn, disponible dans toutes les bonnes librairies et sur Amazon.

Illustration : Marion Dupas.