32. Hercule à New York (Hercules in New York), de Arthur Allan Seidleman (1969)
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Hercule à New York est le premier et le plus mauvais film d’Arnold Schwarzenegger. Il y incarne le demi-dieu Hercule qui, lassé de sa vie sur le Mont Olympe, décide de voyager dans le temps et découvrir la vie trépidante du New York des années 70. Le premier problème, c’est que Schwarzenegger, 22 ans, rebaptisé Arnold Strong au générique, ne parle pas un mot d’anglais. Il ânonne ses répliques avec un accent teuton à couper au couteau, le regard vide, et tente de détourner l’attention en contractant ses pecs aussi souvent que possible (il est torse nu pendant quasiment tout le film).
Mais le jeu d’Arnold est loin d’être le seul problème, tout est cheap dans le film : le scénariste confond les dieux grecs et les dieux romains, Zeus porte une fausse barbe ridicule et il ne faut pas compter sur les vieilles barres d’acier tordues qui lui servent d’armes (censées symboliser la foudre) pour le rendre plus crédible, la musique se résume à une sorte d’affreux sirtaki passé en boucle pendant tout le film. Les scènes d’action sont pour la plupart montrées hors champ faute de budget ; du coup quand Hercule pulvérise successivement les records du monde de lancer du disque, du javelot et de saut en hauteur, on ne voit à l’image que les réactions médusées des badauds. Cependant, il arrive parfois que les exploits d’Hercule soient filmés, et c’est encore pire : quand il se dévoue pour aller péter la gueule d’un ours très dangereux échappé d’un zoo, l’ours est clairement joué par un mec en costume.
Hercule à New York est un flamboyant ratage et il faudra une bonne douzaine d’années avant que quelqu’un ose à nouveau faire tourner Arnold dans un premier rôle.

31. La fin des temps (End of days), de Peter Hyams (1999)
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C’est le réveillon de l’an 2000, jour où l’Antéchrist est censé s’accoupler avec une mortelle pour provoquer l’Apocalypse. Un agent de sécurité lambda se retrouve à protéger l’élue, qui doit également la défendre d’une bande de catholiques intégristes résolus à l’éliminer avant que la prophétie ne se réalise. Le rôle, d’abord écrit pour Tom Cruise, avait été décliné par celui-ci qui, sentant le coup foireux, avait préféré aller tourner Magnolia. Tom Cruise out, il fallait donc trouver un remplaçant. Alors qui, à Hollywood, est l’acteur le plus similaire à Tom Cruise ? Arnold Schwarzenegger évidemment !
Tout est comme ça dans La fin des temps, série ininterrompue de mauvais choix, de casting, de mise en scène, de scénario... Les décors et les éclairages craspecs cherchent vainement à imiter l’ambiance de Seven, le wingman de Schwarzie est insignifiant, Gabriel Byrne dans le rôle de Satan fait tout ce qu’il peut pour ressembler à Willem Dafoe... Il pourrait s’épargner cette peine, vu le ridicule achevé de son personnage qui ne trouve pas d’autre moyen pour éliminer un importun que de le consumer dans de la pisse flambéeVoilà donc un bien vilain thriller, désagréable jusque dans son emballage final qui, loin de relever le niveau de l’ensemble, se rend coupable d’un bien dispensable prosélytisme religieux.

30. Stay Hungry, de Bob Rafelson (1976)
a30Un mec (Jeff Bridges) doit racheter un centre de bodybuilding pour le compte de banquiers sans foi ni loi. Mais il tombe amoureux de l’une des employées du centre (Sally Field), qui par ailleurs se trouve être l’ex-meuf de Joe Santo, star du culturisme qui squatte toujours les lieux pour s’entraîner pour le concours de M.r Univers. C’est bien sûr Schwarzenegger qui l’incarne, mais dans un registre assez éloigné de celui qu’on lui connaît : Santo, malgré ses 110 kilos de muscles, est une sorte de philosophe blasé de la vie, de poète spleenétique à la sexualité ambiguë. On est très loin de l’Arnold badass et éclatant de Commando (cf. n°7).
Et hormis une bonne séquence mettant en scène un concours de Mr. Univers dégénérant en course-poursuite en slip dans les rues de la ville, on se fait quand même un peu chier : La romance entre Jeff Bridges et Sally Field n’a aucun intérêt et Arnold semble progressivement sombrer dans la dépression au second plan de l’intrigue.
Il obtint pourtant pour ce rôle le Golden Globe du “meilleur acteur débutant”, la seule récompense importante de sa carrière à ce jour, peut-être pour cette dimension introspective et à contre-emploi, peut-être aussi pour saluer les gros progrès réalisés depuis le catastrophique Hercule à New York (cf. n°32).

29. Sabotage, de David Ayer (2014)
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Dès les premières minutes du film, on sent bien que ce sera pas Citizen Kane : une shaky-cam dégueulasse à la Paul Greengrass, une esthétique verdâtre et craspouille, un casting constitué d’acteurs de la B-list de l’Hollywood bourrin : Josh Holloway (jadis Sawyer de Lost), Terrence Howard (viré d’Iron Man), ou l’inénarrable Sam Worthington, déguisé pour l’occasion en bassiste de Limp Bizkit.
Dans Sabotage, Arnold est le chef d’une bande de flic-mercenaires ayant manqué de respect à un cartel de Mexicanos en tentant de leur voler de l’argent. Les membres de cette aimable unité d’élite vont alors se faire décimer un par un, par un ennemi invisible et insaisissable. Tout est moche dans Sabotage : la mise en scène, la photo, le générique, le vocabulaire des personnages, l’absurde coupe de cheveux bi-goût forrest-gumpisante de Schwarzenegger...
S’il y a un salut possible dans ce film, c’est peut-être d’Olivia Williams qu’il faut l’espérer, dans le rôle d’une inspectrice chargée d’enquêter sur ces mystérieux meurtres, impertinente mais bienveillante, rayon d’un timide soleil à l’horizon de cet océan de médiocrité.

28. Cactus Jack (The Villain), de Hal Needham (1979)
a28Étonnant objet cinématographique que ce Cactus Jack, qui se présente comme une comédie-western, mais s’avère en réalité une adaptation incroyablement fidèle du dessin animé Bip-Bip et Coyote. Cactus Jack, un truand interprété par Kirk Douglas (!) cherche à interrompre le voyage d’une jeune femme (Ann-Margret), escortée par un certain Handsome Stranger (Arnold Schwarzenegger). Cactus Jack rivalise de stratagèmes pour les arrêter et finit toujours par s’en prendre plein la gueule : il trébuche, se cogne, se fait écraser par un rocher géant ou par un train, et survit à chaque fois. Pas une égratignure, pas une jambe cassée. Toutes ses mésaventures sont ponctuées d’insupportables petits sons cartoonesques, swiiips, poutchs, booings, shebams ou autres wizz.
Pendant ce temps, la meuf, une sorte de séductrice échevelée visiblement sensible au charme de Schwarzenegger, lui fait du rentre-dedans H-24, en tenant des propos équivoques, en se léchant lascivement les lèvres ou en plaçant ses seins à deux centimètres de son visage. Arnold, absent à lui-même, s’en fout totalement. D’ailleurs le fait qu’il ait été choisi pour ce rôle n’a aucune importance, il pourrait tout aussi bien s’agir de Matt Damon ou Michel Crémadès, la cohérence du film en serait inchangée.
Au final ce n’est jamais drôle, à part peut-être quand apparaît le personnage de l’Indien Nervous Elk (incarné par l’humoriste Paul Lynde qui donne tout ce qu’il a). Le film n’a finalement d’intérêt que pour son statut de comédie expérimentale, à voir éventuellement par curiosité (malsaine).

27. Le Contrat (Raw Deal), de John Irvin (1986)
a27Voilà un titre bigrement ironique, puisque Schwarzenegger a accepté de tourner Le Contrat uniquement pour négocier la rupture de celui qui le liait avec le producteur Dino de Laurentiis. Cela ne présageait rien de bon, et effectivement le résultat est absolument nul. Arnold joue un ancien agent du FBI à qui un vieux collègue demande de venger la mort de son fils en infiltrant un gang mafieux et en le détruisant de l’intérieur.
Le problème c’est que le réalisateur John Irvin ne sait jamais quoi faire du matériau difficilement malléable qu’est Schwarzenegger. Du coup, il l’envoie au casse-pipe dans des situations où il ne semble jamais à l’aise, le summum étant probablement une scène de déambulation de casino où le pauvre Arnold, les cheveux gominés, engoncé dans un costard slim-fit, tente de jouer les séducteurs en singeant Sean Connery.
Ce n’est que dans les dernières minutes du film qu’on retrouvera le vrai Schwarzie, en marcel-mitraillette, enfin décidé à exterminer tous les méchants (que ne l’a-t-il fait plus tôt ?). Mais même là, la mise en scène est molle. Il arrive notamment à foirer la scène de gear-up, classique du genre, dont sa version devrait être montrée dans toutes les écoles de cinéma comme exemple à ne pas suivre en matière de rythme et de montage : il prend trois plombes à enfiler son blouson, recharger l’intégralité de son arsenal et fermer une par une les 3 000 fermetures éclair de son putain de sac de sport. Le bain de sang qui suivra n’aura, évidemment, aucun intérêt.

26. Double détente (Red Heat), de Walter Hill (1988)
a26Un film qui commence par un combat au corps à corps à poil dans la neige ne peut pas être tout à fait mauvais. Malheureusement, c’est à peu près tout ce que Double détente a à offrir. Arnold y incarne un policier russe (pourquoi pas - après tout, l’Autriche et la Russie, c’est un peu pareil), voyageant aux États-Unis pour aider la police locale à capturer l'un de ses compatriotes recherché pour trafic de drogues.
Il fait équipe avec un flic américain nullos et très bavard (James Belushi), avec lequel l’antagonisme est censé provoquer l’essentiel des scènes de comédies. Mais rien n’est fait pour qu’on s’attache à l’un ou l’autre des personnages et l’on se retrouve très loin de l’alchimie exigée dans ce genre de L’Arme-Fatale-like.
Pour ce qui est de l’action, c’est pas la joie non plus, le film étant pollué par d’interminables séquences de blablas et de développements d’une enquête sans intérêt. C’est dans un état de semi-somnolence qu’on en arrive à la seule séquence potable du film, une belle course-poursuite finale en bus. Saluons quand même la performance d’Arnold, impeccable en agent soviétique mutique, dont la coupe en brosse n’atteindra plus jamais ce niveau de brillance.

25. Kalidor (Red Sonja), de Richard Fleischer (1985)
a25Contrairement à ce que le titre français du film laisse entendre, Kalidor n’est pas du tout le personnage principal de cette histoire. La vraie héroïne est une guerrière rousse nommée Sonja (Brigitte Nielsen), affublée d’un étonnant combo capillaire base Johnny-Hallyday long sur le derrière. Celle-ci part en quête d’un talisman magique dérobé par une reine maléfique et rencontre sur sa route le fameux Kalidor (Schwarzenegger) qui pour des raisons obscures s’est mis en tête de l’aider dans son voyage. Mais celle-ci est formelle : “I don’t need any man’s help !”.

Kalidor passe alors une bonne moitié du film à se cacher dans les fourrés pour prêter main forte à Sonja en cas de difficulté. Hélas pour lui, elle se débrouille très bien toute seule. C’est probablement par pitié qu’elle finit par l’accepter dans sa team, déjà composée d’un gamin pénible flanqué de son majordome obèse, rencontrés par hasard sur la route (et pas moyen de s’en débarrasser non plus).
Impossible de dire à qui est destiné ce film. Pas aux adultes, qui auront bien du mal à se passionner pour ses scènes d’action indigentes et ses décors en carton-pâte évoquant davantage les Chevaliers du Labyrinthe de Georges Beller que les arides plaines hyboriennes. Pas aux enfants non plus, qui devront encaisser moult décapitations, effusions de sang et tortures en tous genres. On se consolera éventuellement avec la bande originale signée Ennio Morricone (qui est loin d’être sa meilleure, mais on fait ce qu’on peut).

24. Running Man (The Running Man), de Paul Michael Glazer (1987)
a24Il ne reste du roman génial de Stephen King (pléonasme) qu’un pitch sommaire : un type participe à un jeu télévisé dans lequel il est la proie d’une chasse à l’homme organisée. Le reste de l’histoire a été totalement remanié. Dans la version de King, le participant était volontaire, la traque durait un mois et se déroulait dans la ville. Ici, le héros est un ancien policier accusé à tort de meurtre, et forcé à participer ; le jeu ne dure que quelques heures et se déroule dans un espace clos, annihilant une bonne partie de l’aspect ludique du roman.
Mais bon, soit. Après une grosse demie heure d’introduction bien reloue, on est quand même content quand le jeu démarre. Le problème c’est que pour chasser Schwarzenegger, on envoie dans l’arène une série de méchants plus grotesques les uns que les autres : un hockeyeur fou envoyant des palets explosifs, un moustachu peroxydé à tronçonneuse détruisant tout sur son passage (qui finira évidemment par mourir en se faisant tronçonner les gonades), un chauve de 200 kilos en tenue de centurion recouverte de LED multicolores, et ainsi de suite. On a l’impression de voir défiler les boss d’un jeu d’action de merde du fond de catalogue Playstation. Schwarzenegger fait le boulot, il élimine les méchants sans beaucoup de difficulté et égraine les références peu subtiles à ses précédents films (“I’ll be back”, etc.). Arnold est dans sa zone de confort, on s’emmerde. Next.

23. Le Dernier Rempart (The Last Stand), de Kim Jee-woon (2013)
a23En 2013, après une dizaine d’années de politique et de caméos chez des potes, Schwarzenegger revient pour un vrai rôle, qui s’avère un choix étonnant pour un come-back. Dans Le Dernier Rempart, l’homme le plus dangereux du monde (un Mexicain) s’échappe de prison et vole une voiture de course surpouissante pour traverser la frontière avant que les autorités ne l’arrêtent. Au même moment, un sherif local vieillissant (Arnold) vit tranquillement sa journée de congé, mais va évidemment devoir reprendre du service pour neutraliser le malfaiteur.
J’ai vu assez de sang et de morts”, marmonne Schwarzenegger à un moment du film. C’est peut-être ce rôle d’ancien flic de Los Angeles rangé des bagnoles répondant à son lourd passé d’acteur nerveux qui l’a incité à jouer son personnage. Car le film se révèle tout à fait inconsistant, bourré de clichés, et à peine drôle malgré d’incessantes tentatives de gags.
Après 1h30 de fusillades somnifères, le film atteint ce qu’on croyait être un sommet d’absurde, avec une poursuite dans un champ de maïs d’une grande tristesse, mais c’était compter sans un pitoyable duel final entre le latino et Schwarzenegger, qui disposera aisément du fâcheux, sans vraiment y croire.

22. Un flic à la maternelle (Kindergarten Cop), d’Ivan Reitman (1990)
a22L’idée est prometteuse : un flic s’infiltre dans une classe de maternelle pour retrouver la trace de la mère d’un des élèves, cachée sous une fausse identité. Évidemment, faire la classe à des sales gosses turbulents n’est pas donné à tout le monde, et le fait que Schwarzenegger, parangon de la brutalité policière, endosse ce rôle crée un décalage comique instantané. Et effectivement, c’est marrant cinq minutes de voir Arnold dans une position de faiblesse face aux créatures monstrueuses que sont des enfants de quatre ans, mais est-ce suffisant pour torcher un long-métrage ? (Non.) Dans l’incapacité de faire ressortir une ou deux personnalités parmi les enfants, les scénaristes se contentent de leur faire dire des insanités : l’un est obsédé par la mort et le cancer, hihi, un autre prononce le mot “vagin”, haha. Devant cette pénurie de gags, on en est réduit à suivre gentiment l’intrigue du film, qui ressemble à un whodunit dans lequel il faut trouver laquelle des mamans est celle recherchée par Arnold. Là encore, Ivan Reitman n’étant pas Alfred Hitchcock, le mystère tourne court assez rapidement.

21. Dommage collatéral (Collateral Damage), d’Andrew Davis (2002)
a21Dommage collatéral s’intéresse au marasme d’un certain Gordon Brewer après la mort de sa femme et son fils dans un attentat fomenté par d’infâmes terroristes colombiens. Dans un premier quart-d’heure sondant le sentiment de culpabilité de Brewer face aux événements, on pense étonnamment avoir à affaire à un drame psychologisant à la Eastwood. Mais Arnold restant Schwarzenegger, il ne faut pas attendre bien longtemps avant que celui-ci se retrouve dans la jungle recouvert de boue à déclencher des explosifs dans tous les coins. Explication : son personnage vient de décider de se rendre en Colombie pour aller exécuter lui-même le terroriste responsable de l’attentat. Mais Dommage collatéral n’est pas non plus un pur revenge movie. Quand Arnold retrouve (très vite) la trace du méchant, le film change à nouveau de direction et redevient un thriller quelconque, où il est question d’empêcher le déroulement d’un nouvel attentat... Et c’est là que la sieste commence.

20. La Course au jouet (Jingle all the way), de Brian Levant (1996)
a20En 1996, après avoir tourné Jumeaux (cf. n°11), Un flic à la maternelle (cf. n°22) et Junior (cf. n°13), Arnold est en train de prendre grave la confiance : est-ce que par hasard, il ne serait pas en train de devenir un véritable acteur de comédie ? Alors, quand on lui propose La course au jouet, film de Noël crétinisant racontant les mésaventures d’un père de famille luttant pour acheter à son fils un jouet introuvable, il se lance à corps perdu dans l’aventure. La course au jouet est un pur film pour enfants, totalement cartoonesque : le personnage de Schwarzie est complètement con, il court dans tous les sens, se cogne partout, écarquille les yeux à s’en péter les paupières toutes les cinq minutes. Tous les ingrédients du genre sont là : le gamin que son père a oublié de venir voir à son spectacle de karaté, le voisin à lunettes un peu envahissant qui veut se taper maman, le personnage secondaire qui s’en prend plein la gueule (ici, un flic atrabilaire que notre héros ne cesse de croiser par hasard à des moments plus ou moins gênants). Quand on a moins de huit ans, le charme du film opère. Dans le cas contraire, une fois éventé l’effet de surprise, on finit par fatiguer.

19. L’Effaceur (Eraser), de Chuck Russell (1996)
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Sur le papier, L’Effaceur est un peu le Mission : Impossible de Schwarzenegger : l’agent secret John Kruger est chargé de protéger une jeune femme détenant des preuves d’accointances interlopes entre le FBI et un fabricant d’armes. Les choses se compliquent quand un flic ripou se charge personnellement d’éliminer la meuf. Le climat est idéal pour un bon film d’espionnage, avec rebondissements et twists scénaristiques de bon aloi, mais aussi pour dérouler un maximum de scènes d’actions balourdes et assommantes. Et c’est clairement vers la deuxième option que s’incline L’Effaceur. Ça ne s’arrête jamais. Bagarre, bagarre, bagarre... Schwarzenegger et son rival passent le film à se faire transpercer de toutes parts par toutes sortes de projectiles : armes blanches, chevrotines, forets de 14... Tout cela n’est guère très inventif, sauf, à la limite, si on s’intéresse à l’arsenal utilisé (en effet, les méchants, approvisionnés par le fameux trafiquant d’armes, disposent d’incroyables guns hi-techs avec de la fumée bleue et tout). Ah si ! il y a aussi cette scène assez incroyable où Schwarzenegger saute d’un avion sans parachute pour échapper à ses ennemis. Les effets spéciaux ont un peu vieilli, mais c’est mieux que rien.

18. Évasion (Escape Plan), de Mikael Håfström (2013)
a18Pas le temps de s’asseoir dans son fauteuil qu’un Sylvester Stallone vieillissant débarque déjà sur l’écran, rassemblant énigmatiquement des boulettes de PQ mâché sur la lunette des toilettes d’une cellule de prison. Car, si Évasion est le film du vrai come-back de Schwarzenegger en 2013, quelques mois après l’anecdotique Dernier Rempart (cf. n°23), il faut noter qu’il s’agit également d’un film “de” Stallone. Ray Breslin (Stallone, donc) est un expert en sécurité carcérale et passe sa vie à se faire interner dans des prisons de haute-sécurité pour tester leur fiabilité en tentant de s’en évader. Par une machination savamment orchestrée, il se retrouve un jour dans une prison over-hi-tech infaillible, privé du code de sécurité habituel lui permettant de mettre un terme à sa mission. La lose. Ce n’est qu’à ce moment (au bout de 25 minutes de film quand même) qu’apparaît Arnold, regard malicieux, bouc grisonnant, dans la peau d’un autre détenu. On sent qu’il va former avec Stallone une belle paire, et effectivement ils s’entendront d’emblée comme larrons en foire et démontreront par l’absurde que la technologie la plus avancée ne sera jamais rien face à la sagacité de deux monstres de roublardise couillue. Comme il fallait s’y attendre, le tandem Sly/Arnold est à peu près le seul intérêt du film, dont le scénario d’abord assez ludique finit par s’embourber dans des rebondissements toujours plus rocambolesques. Qu’importe, le plaisir de ces deux-là est communicatif, notamment quand Schwarzenegger se lance de manière totalement gratuite dans une magnifique séquence de vocifération d’insultes en allemand, inédite dans sa carrière et parfaitement hilarante.

17. Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines (Terminator 3: Rise of the Machines), de Jonathan Mostow (2003)
a17S’il y a un reproche à faire au troisième volet de la célèbre saga (et c’est peut-être de là que viennent tous ses défauts), c’est qu’il déroule exactement la même intrigue que l’épisode précédent (cf. n°3) : le Terminator originel incarné par Schwarzenegger revient du futur pour protéger John Connor d’un robot mille fois plus fort que lui, programmé pour abattre manu militari le futur leader de la résistance. Ces sentiers déjà battus sont tranquillement foulés par un Jonathan Mostow sans inspiration, qui essaie d’imiter la mise en scène de Cameron. Les nouveautés se résument à deux personnages féminins : d’abord le love-interest incarné par Claire Danes, ensuite ce personnage de robot massacreur à gros seins, guère plus charismatique que son prédécesseur masculin, mais surtout incroyablement peu réactif : en effet, cette soi-disant merveille de la technologie du futur, réputée invincible et impitoyable, tergiverse de manière incompréhensible, court lentement, prend des plombes à analyser les situations, alors qu’il lui serait aisé d’annihiler toute la smala d’un revers de main. Finalement, c’est peut-être là l’énorme faille de cet opus : le fait qu’il laisse au spectateur le temps de se rendre compte que son intrigue est totalement stupide. On ne s’était jamais posé la question avec Cameron. 

LA DEUXIEME PARTiE DU TOP 32 SERA PUBLIEE A 15H TAPANTES.