Du meilleur de la Californie (Ty Segall, Thee Oh Sees) au top de l’indie-dance (Helena Hauff, Soulwax), en passant par le rock gna-gna d’Interpol (il en faut pour tous les goûts) : La Route a tapé haut. Maintenant que c’est passé, nous sommes en mesure de confirmer que, oui, à quelques exceptions près (coucou Jesus & Mary Chain), c’était génial. Et pour vous le certifier, plutôt que de retranscrire benoîtement ce que nous avons vu et fait pendant les trois soirs de concerts, on a préféré faire l’inverse. Voici donc l’anti-report de tout ce que nous n’avons pas fait, vu ou écrit à la Route du Rock. 

Une interview de PJ Harvey sur Snapchat
Scoopito : madame Harvey réclamant une somme indécente pour que son concert soit capté par les équipes télé – entre 2,22 euros et 222 milliards de pétro-dollars d’après nos sources secrètes (= un ragot du coin VIP Presse Chill Area Plus Plus), la diva aurait-elle accepté une interview Snapchat ? Rien n’est moins sûr. N’en reste que je ne sais pas si j’aurais dit oui, moi. Vous m’avez pris pour un breton facile ou quoi ?


Un incubateur de start-up pour festival
Exemples : Ubière pool, l’application pour partager un litron à plusieurs dans l’éco-cup d’un conducteur de soirée ! Pissmart, le premier site de rencontre pour soupeurs exigeants et vessies compressées ! Et très logiquement, Gerb’n’b, décidément le service du XXIème siècle pour vomir « Partout dans le monde sauf sur vous » ! Tout ça, on a laissé tombé.  

LA CHENILLE !
Et oui, nous n’y étions pas. Car, le saviez-vous ? Chaque année la Route du Rock perpétue cette tradition séculaire de la Chenille. Traditionnellement inaugurée dans la nuit du samedi au dimanche par les bénévoles de la Route – chacun se livrant à une guerre sans merci pour tenir la tête du centipède – la Chenille de La Route du Rock © (marque déposée, ne pas relayer l’événement facebook sans autorisation) demeure chaque année une attraction à part entière. Elle a déjà été si longue qu’elle partait du festival pour se terminer au camping. Sérieusement. Et cette année, en dépit de l’accalmie qu’offrait la pause entre les concerts de Future Islands et de Soulwax pour démarrer la farandole, on l’a loupée. Toute la rédaction de Brain Magazine tient à vous présenter ses excuses. Voir aussi : quart d’heure armoricain.  

Écouter le concert de Black Lips
Même à 800 mètres, le son sentait le barbecue d’appoint qui a du mal à démarrer. Paraît que leur guitariste est pas de la tournée pour cause de congé paternité. Alors nous aussi, on a séché.

Un guide culinaire des festivaliers
Ça on voulait vraiment le faire, mais on a vite laissé tomber parce que pour une fois dans l’année qu’on peut manger des frites à chaque repas on allait pas se priver.  

Un guide vestimentaire des festivaliers
Comme d’habitude, les Gérards ont posé des autocollants sur les pulls du public. Coup classique : un type s’est habillé en Charlie. Les fourrures, inévitables présences de tout festival qui se respecte, se sont pointées dès les premières gouttes de pluie. Et les tee-shirts rigolos ont été arborés comme à l’accoutumée. Au final : RAS.

 

@laroutedurock 2017

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Un guide vestimentaire des artistes
Là, on aurait pu parler un peu de Mac De Marco et de Ty Segall. Le premier, branleur mythique à la panoplie de street-fisher s’est fait dépouillé de ses chaussures et chaussettes après un slam ambitieux dans le public de la grande scène. Le second, endimanché comme jamais, a atteint des sommet de classe aux côtés de son groupe tout vêtu de pourpre. Mais est-ce qu’on en a quelque chose à foutre ? La réponse est non. Notons que leurs prestations étaient parfaites comme d’habitude, et allez on passe à la suite.  

Un guide olfactif du festivalier
Parce que c’est non. 

 

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Un guide des bonnes manières
Idles putain ! C’est pas parce que votre chanteur glaviote dans votre clip en penchant la tête en arrière dans un mouvement totalement artificiel qu’il faut le refaire sur scène. Vous êtes débiles ou quoi ? On dirait les Devo sortant de l’HP après un lavage de cerveau à base de bootlegs de Sleaford Mods. Pire, on dirait mon pote Camille qui joue à vider les dancefloors en se frottant le bas-ventre sur le sol. Camille, dit aussi « Le Clochard », dit aussi « La Serpillère », dit aussi « La Hyène » a déjà été viré d’une boîte pour ça (motif invoqué cependant : il aurait porté un marcel trop sale). Et vous voulez lui voler son business, putain de rockers ? Allons messieurs… Vous jouez bien en plus. C’était super ce show sur la scène des Remparts. Gardez votre bave pour chanter.

Casser sa tirelire
3,5€ la galette-saucisse, 1€ la crêpe sucre, 5,5€ la pinte de cidre, 6,39€ la boîte de 60 sachets de SMECTA (arôme orange ou vanille), c’est la chiasse la plus abordable du marché, ma parole d’honneur.

Louper The Moonlandingz
Comment aurait-on pu louper le concert de ces satanés Moonlandingz ? Sans déconner, ce soir Lias Saoudi nous a presque fait oublié la Fat White Family en envoyant avec son groupe de lords un bousin pachydermique qui a transformé le public en un amas de corps, d’ADN et jus qu’on ne décrira qu’en des mots non publiables. Tous les confrères journalistes de la presse spécialisée parlent d’un groupe de « rock électronique ». C’est un putain de transformateur. Moralité : ne pas lire la presse spécialisée.

Monter un groupe avec un guitariste surdoué qui tiendrait son instrument avec ses aisselles, porterait des marinières sans manches et se flanquerait de deux batteurs, monstrueusement forts, qui feraient voir double à tout un public hypnotisé par leur jeu jazz-garage.
Car pour tout ça, il y a déjà Thee Oh Sees. Allez, kenavo à tous.

Bastian Landrukalec avec Oscar Oscarec