Samedi, 09 Juin 2012

Depuis sa plus tendre adolescence, Farid Ghehioueche est un adepte invétéré de la fameuse feuille ciselée. Dorénavant, ce militant écologiste est tête de liste en Essonne, dans la 8e circonscription, pour représenter son parti « Cannabis, Santé, Liberté, Justice » aux prochaines élections législatives. Quand bien même Cécile Duflot, la ministre de l’Egalité territoriale et du Logement, aurait annoncé qu’elle militerait pour une dépénalisation, l’homme préfère s’en rouler un petit et nous abreuver de bonnes paroles cannabiques et stupéfiantes autour de ce sujet tant controversé.
A quel âge as-tu été confronté pour la première fois au cannabis ?
Farid Ghehioueche : Assez jeune, puisque mon premier joint je l’ai fumé à l’âge de 16 ans. A l’époque, ma mère n’arrêtait pas de me répéter : « Il ne faut pas que tu touches à la schnouffe ». Et lorsque que je me suis retrouvé pour la première fois à 18 ans avec un keuf, en garde à vue, à cause d’une boulette, j’ai commencé à comprendre qu’il y avait un truc qui clochait dans la société et que je n’étais pas du tout compris. Il fallait donc s’engager…
Il était donc indispensable de mettre cette drogue au centre du débat démocratique ?
Farid Ghehioueche : Tu sais, si tu tapes mon nom dans Google, tu vas t’apercevoir que cela fait pas mal d’années que je m’intéresse au sujet. J’ai passé notamment 12 ans chez les Verts, pour faire avancer la question de la réforme politique en matière de drogues, et en particulier celle à l’égard du cannabis. Aujourd’hui, pour les législatives, ce mot est révélateur d’un tas d’hypocrisie et de mensonge. Il faut commencer à se poser les bonnes questions : faut-il continuer à maintenir une politique de prohibition qui est un échec total ? Dans les sixties, on a voulu protéger la jeunesse du fléau du cannabis. Pourtant, actuellement, il n’y a jamais eu autant d’usagers en France. Désormais, beaucoup de parents consomment du cannabis en présence de leur enfant. On doit regarder la réalité en face !
Quand tu parles d’hypocrisie, tu penses au fait que l’on puisse acheter des feuilles longues ou des pipes à eau en toute légalité, sans que l’on puisse fumer véritablement du cannabis ?
Farid Ghehioueche : Bon… beaucoup de personnes te diront qu’une pipe à eau peut être utilisée pour d’autres choses. Mais, c’est vrai que dès que tu mets une feuille de cannabis dessus, tu es dans l’illégalité. Là , c’est complétement hypocrite. C’est une lecture de la loi qui est très restrictive. Comme d’habitude, elle est liée à l’arbitraire politique et à la gueule du client. Au même titre, on laisse à Monsieur Bolloré le soin de vendre des feuilles longues, alors que paradoxalement on dit lutter contre le tabac. Ce qui voudrait dire que l’on autorise les gens à faire des cigarettes beaucoup plus longues, ce qui est en soit aberrant. Tout le monde sait très bien que c’est pour fumer des pétards. Il faut donc mettre les deux pieds dans le plat et organiser une politique plus pragmatique et plus tolérante.

Certains pays considèrent le cannabis comme une plante sainte et divine. D’autres comme l’incarnation du diable en personne. Pourquoi est-elle, encore aujourd’hui, l’objet de tous les fantasmes ?
Farid Ghehioueche : A force de diaboliser et d’interdire cette plante aux yeux de la prohibition, nous l’avons complètement mystifiée. Il faut donc réhabiliter le chanvre dans notre vie quotidienne, comme l’a fait Jack Error à l’époque de la conspiration.
En utilisant par exemple le cannabis pour élaborer du papier ?
Farid Ghehioueche : Oui, mais pas que ! Je vais prendre un exemple. Pour faire du papier, il nous faut un arbre. Il va mettre 20 ans à pousser pour être rentable. Dans le même volume, il suffirait que je plante 100 plants de cannabis dans un champ, pour qu’en un an de récolte j’ai autant de pâte à papier qu’avec mon arbre. A longueur de temps on nous rabâche qu’il n’existe pas d’alternative au nucléaire, qu’on veut lutter contre le sectaire, qu’on est obligé de continuer à exploiter le pétrole ou le charbon… foutaise ! On pourrait utiliser cette plante comme une panacée. Concrètement, elle a de multiples usages.
Quels sont-ils ?
Farid Ghehioueche : Près de 50 000 produits peuvent en être dérivés, en passant par le textile, la chimie ou encore le papier. On pourrait utiliser l’huile pure de cette plante pour faire tourner nos moteurs. Si l’on veut sauver nos forêts, il faudrait planter davantage de cannabis. Mais aussi, si l’on veut dépolluer l’air et sol, il faudrait planter du cannabis. Quand on parle d’utilité, il faudrait surtout mettre en avant les applications pour la santé, pour les personnes en phase terminale principalement.
Pourtant, quand on fume du cannabis, cela favorise les risques de cancer et réduit nos réflexes au volant. On dit même que cela fait baisser notre mémoire et notre motivation au quotidien…
Farid Ghehioueche : Il y a sans doute un peu de vrai là dedans, mais je vais nier un certain nombre de tes arguments. On sait que le premier facteur d’accidents au volant c’est la vitesse, donc il faudrait peut-être aussi taper sur les doigts des constructeurs automobiles qui mettent sur le marché des engins de la mort. Pour le syndrome motivationnel, le cannabis est un amplificateur d’émotion. Donc si l’on n’est pas bien, cela ne pourra pas aller mieux. Mais vu qu’on n’a pas d’éducation à la prise de drogue, on préfère incriminer le cannabis alors qu’on ne sait rien de la nature des produits que l’on consomme. A partir du moment où l’on connaitrait la carte d’identité des différents produits, on pourrait commencer à avancer.
Comment la dépénaliser ?
Farid Ghehioueche : Je suis pour une légalisation intégrale des drogues et notamment du cannabis. Il faudrait que l’on envisage la dépénalisation d’usage. Pour ce qui est du cannabis, je pense qu’il faudrait limiter la surface de culture personnelle ou collective, pour éviter ainsi les abus. Je pense qu’il faudrait aussi limiter les quantités d’importation à 5 kg. Pour ce qui est de la délivrance au client, l’instauration d’un cannabis- pro dans des lieux bien spécifiques. Il faut éviter le monopôle d’Etat, qui serait pour moi une hérésie, ou le monopole de quelques grands acteurs économiques.
Penses-tu que c’est en bonne voie avec le nouveau gouvernement ?
Farid Ghehioueche : On pourrait obtenir une certaine forme de dépénalisation : au minimum pour des besoins thérapeutiques, car c’est primordial. Les Pays-Bas tournent autour du pot depuis 20 ans. Je pense qu’au cours de sa campagne, notre président a été obligé d’adopter un profil de droite. Mais je peux te dire qu’avec son nom, François Hollande est un peu mal barré pour échapper à la question. Il ne faut pas oublier non plus que le fils de sa compagne a été choppé par la police avec quelques grammes de beuh sur lui. Si c’est un véritable politicien, ce qu’il semble être, il doit avoir l’art du consensus ! Par exemple, comme avec le film « Intouchables » avec près de 20 millions d’entrées, je pense qu’on peut très bien faire comprendre aux Français que les personnes qui sont atteintes d’une maladie grave peuvent avoir le droit de fumer un petit joint pour se soulager…
Propos recueillis par Julien Bouisset.
Bonjour, Je suis un tantinet fatigué d'avoir l'impression que les journalistes ne rendent pas compte de ce qu'ils ont entendu (ou enregistré) mais de ce qu'ils voudraient dire ou écrire : - "A longueur de temps on nous rabâche qu?il n?existe pas d?alternative au nucléaire, qu?on veut lutter contre le sectaire, qu?on est obligé de continuer à exploiter le pétrole ou le charbon? foutaise !" Bien entendu, après lutter contre le nucléaire, j'ai cité "lutter contre l'effet de serre", ce qui est plus sérieux ! - "comme l?a fait Jack Error à l?époque de la conspiration." : J'ai bien entendu évoquer Jack Herer et souligner qu'il a relancé le combat antiprohibitionniste avec des arguments précis dénonçant la conspiration contre le cannabis à la fin de la prohibition de l'alcool. ( Or malheureusement sa thèse est souvent détournée pour alimenter les arguments des conspirationnistes ). - Je considère qu'il est urgent de donner accès au cannabis à des fins thérapeutiques, pour toutes les personnes malades qui le souhaitent, plutôt que de ne réserver cela qu'aux patients au stade terminal ! - Pour ce qui concerne le titre de cet article : je ne crois pas en dieu, et je ne suis pas rastafariste... encore une de ces association d'idées propres aux médias qui préfèrent caricaturer ou provoquer plutôt que de donner une information véritable... "la légalisation des drogues comme programme législatif" aurait largement suffit...
Super! Tu prends aussi des RTT pour partir en vacances à Cannes?
J'adore le cannabis, je consomme régulièrement depuis 18 ans environ. Depuis qques années j'ai quand même bien réduit ma consommation, pour la santé évidemment et puis pour mieux apprécier et déguster ma ganja. Je ne fume donc plus que le weekend (je ne fume pas de clopes). Cela ne m'empêche absolument pas d'avoir une vie normale : à 36 ans j'ai une femme et 3 enfants qui sont heureux et épanouis, j'ai un 2 boulots, je travaille 50 heures par semaine et je gagne très bien ma vie, je suis propriétaire de ma maison et je roule dans une voiture de luxe. Je paie mes impôts, je ne dois rien à personne et j'ai la conscience tranquille. Le cannabis n'est donc pas, à mon sens, un fléau pour la société. Attention, je n'ai pas dis que c'était BON pour la société, j'ai dis que c'était PAS MAUVAIS. Et si celà venait à être légalisé, il fadrait que ce soit très encadré à l'instar, voire même plus que l'alcool et le tabac : interdiction aux mineurs, limitation des quantités, prévention et encadrement des consommateurs, etc. Bref, même si c'est un produit de consommation courante, ce n'est pas le cannabis qui fera avancer une société ou une génération, il faut que ça reste un petit plaisir, comme déguster un verre de vin avec un bon fromage. Tout abus est, de toutes façons, dangeureux pour la santé physique et mentale.
"une légalisation intégrale des drogues" ... De toutes les drogues ? drogues dures et synthétiques incluses ?
Grande question? perso je ne me sens pas concerné, mais là où ça coince ce sont toutes les maladies qui sont contractées à cause de tout ça (j'englobe drogue, alcool, tabac). Donc ok, aujourd'hui on légalise (aussi) les drogues, par contre soyez un peu responsable de vos actes et venez pas pleurer pour vous faire soignez au frais de la société pour schizophrénie, dépendance,? Au fait, il n'y a pas plus important que dépénaliser le cannabis aujourd'hui ?
http://en.wikipedia.org/wiki/Jack_Herer
Ce ne serait pas Jack HERER, plutôt ? (dernière ligne de quatrième réponse)
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