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Brian Cross aka B+

Mercredi, 15 Août 2007

 

Qu'est-ce qui a motivé ton intérêt pour la photo ?
B+ : J'ai étudié la peinture dans une école d'art en Ireland, mais je n'étais pas un peintre très brillant. Pourtant, j'avais beaucoup d'idées d'ordre visuel, et c'est ça qui m'a finalement orienté vers la photo, plus qu'un attrait particulier pour ce médium.

Quels sont les photographes qui t'ont influencé ?
B+ : En fait, je me suis tout d'abord intéressé à l'art conceptuel d'Alan Sekula, John Baldessari, Matha Rosler, Michael Asher et tout le mouvement Art and Language du Royaume-Uni. Par la suite, j'ai effectivement commencé à être inspiré par d'autres photographes et artistes, tels que Nick Waplington, Araki, Chris Marker, Agnès Varda, William Klein, William Eggleston, Santiago Alvarado, Francis Wolfe, Billy Woodberry et le travail de musiciens comme Horace Tappscott, Billy Higgins, Kamau Daood et les Watts Prophets. Sans oublier de nombreux artistes hip hop avec lesquels j'ai eu la chance de travailler comme Freestyle Fellowship, Madlib et bien entendu Dilla.

Tu as grandi en Ireland, comment était le mouvement hip hop dans ce pays au cours des années 80 ?
B+ : En comparaison à Londres ou Los Angeles, il était peu développé, mais son impact ne fut pas négligeable. Il y avait plusieurs crews de breakers et on chérissait les mixtapes de notre Red Alert national. Un expat' irlandais, Billy Jam, avait même un show radio à Oakland. Doucement mais sûrement, je me suis mis à écouter de plus en plus de hip hop, jusqu'à finalement n'écouter plus que cette musique à la fin des années 80.

Quand et pourquoi as-tu déménagé aux Etats-Unis ?
B+ : En 1990, pour continuer des études en art en Californie du Sud.

Quand as-tu commencé à collectionner les disques vinyles, et combien en as-tu aujourd'hui ?
B+ : Je suis devenu un crate digger digne de ce nom vers 1988, et je continue encore aujourd'hui à acheter des vinyles dès que je peux. Je considère que ce qui est important ce n'est pas le nombre de disques que tu as, c'est ce que tu en as fait. Madlib a converti plus de gens à l'amour de la musique que le Smithsonian, et pourtant sa collection est certainement moins vaste. Mais pour répondre à ta question, j'avais 7500 disques lors de la dernière purge !!

De quelle façon ton amour de la musique et ton amour de la photo se complètent-ils ?
B+ : Ils sont étroitement liés. La mémoire est un élément aussi important dans la photo que dans la musique, et ce sont donc deux média très similaires. Ce sont deux amours entièrement complémentaires. Je m'excuse de donner une réponse aussi abstraite, mais c'est une question extrêmement importante. Une question au centre de mon travail et de ma vie, et il me faudrait des heures pour tenter d'apporter une réponse cohérente.

Tu étais à Los Angeles au début des années 90, à quel point la scène gangsta rap et la scène indie du Good Life Café interagissaient-elles l'une avec l'autre ?
B+ : Enormément. De nombreux rappeurs, tels que Snoop ou RBX, venaient régulièrement au Good Life et les rappeurs du Good Life étaient pour la plupart fans de gangsta rap, donc ces deux scènes se nourrissaient l'une de l'autre. Certains disent que Snoop a découvert la musicalité au contact du Good Life, tout comme Bone Thugs and Harmony. Quoiqu'il en soit, c'était une époque très créative.

Penses-tu que la scène hip hop de LA soit aussi créative de nos jours ?
B+ : Je dirais que oui. La créativité est tout aussi importante, mais l'espace social où elle s'exprime et se nourrit s'est par contre réduit de façon radicale. Comparé aux années 90, il y a beaucoup moins d'espaces autonomes et libres, à l'image du Good Life ou des écoles de Samba.

Quelle est la première pochette de disque que tu as photographiée ?
B+ : Ma première pochette d'album est Inner City Griots des Freestyle Fellowship, ma première pochette de maxi est 187um. d'Easy E !!

Penses-tu que l'art des pochettes de disques soit aussi créatif qu'il l'était dans les années 60 et 70 ?
B+ : Non. La technologie a complètement a transformé la façon dont nous consommons la musique. Aujourd'hui, c'est aussi important d'avoir une belle page sur myspace que d'avoir une belle pochette de disque.

J'ai entendu de nombreuses réponses différentes à cette question, alors une bonne fois pour toutes : quel est le magasin de disques que tu as photographié pour la pochette de l'album Entroducing de DJ Shadow ?
B+ : Enfin une question facile… C'est un magasin qui s'appelle Records et qui est situé sur K Street à Sacramento.

Quels sont les musiciens les plus fascinants avec lesquels tu as travaillé?
B+ : En un sens, tous les musiciens sont fascinants à leur façon. Je citerais donc ceux qui sont décédés et que j'ai eu le plaisir et la chance de photographier : Horace Tappscott, Billy Higgins, Dilla, Eazy, Biggie, Pac, Al Mc Kibbon, Alice Coltrane, John Lee Hooker… Que des personnages incroyablement passionnants.

Tu as réalisé des documentaires et des clips. En quoi est-ce différent d'une session photo ?
B+ : Il y a très peu de différence au niveau du processus de réflexion en amont. La grosse différence c'est qu'un film est beaucoup plus un travail d'équipe, particulièrement au niveau de la post-production.

En quoi ta conception de la photo et ta recherche artistique sont-elles différentes d'à tes débuts ?
B+ : Elles ne le sont pas réellement. Je suis juste plus à l'aise dans mon rôle aujourd'hui. Je suis un peu plus sage et plus confiant qu'à mes débuts.

Quels sont les 5 meilleurs films musicaux selon toi ?
1- Cocksucker Blues, de Robert Frank
2- Sympathy for the Devil, de Jean Luc Godard
3- Latcho Drom, de Tony Gatliff
4- Saudade do Futuro, de Marie Clemence and Cesar Paes
5- Round Midnight, de Bertrand Travernier

Est-ce que tu penses à retourner vivre en Ireland ?
B+ : Oui. Ca serait difficile pour moi, mais j'y pense…

Tes projets pour 2007 ?
B+ : Organiser des projections de mon film Brasilintime et partir en voyage à Haiti avec Damian Marley.

 

++www.mochilla.com

 

Propos recueillis par A.C



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