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Portfolio

Sébastien Charlot

Mercredi, 06 Juin 2007

 

Peux-tu te présenter brièvement ?
Sébastien Charlot : J'ai passé une grande partie de ma vie à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, puis sur un skateboard à arpenter les trottoirs de Paris. J'ai eu une enfance pleine d'activités, c'est sûrement ce qui m'a ouvert les yeux. J'ai toujours été curieux pour éviter de m'emmerder, et j'ai fait des rencontres déterminantes. Tout ça se conjugue actuellement. Aujourd'hui, je fais un magazine mensuel de skateboard, SuGaR , et j'essaie de diversifier mes activités photographiques en compagnie de mes amis du collectif Misc .

Comment décrirais-tu ta recherche artistique ?
Sébastien Charlot : Dans le cadre de mon travail pour le magazine SuGaR, je suis particulièrement intéressé par l'aventure humaine, transmettre les récits et expériences des skaters; photographiquement ça donne de la ‘performance' pure, et des images d'ambiance. J'aime les situations insolites et absurdes qui peuvent se passer dans la rue, et auxquelles les skaters sont confrontés. Je ne suis pas sûr d'avoir une démarche artistique. La photographie est avant tout pour moi un moyen et non une fin. Je n'aime pas la considérer comme étape ultime d'une expérience, au contraire, j'aime à penser que ce n'est que le début d'une collaboration, qui évoluera, et trouvera d'autres supports, d'autres manières de créer quelque chose, même si ça n'est qu'un souvenir. La photographie est une expérience commune.

Quelles sont tes influences et tes inspirations ?
Sébastien Charlot : Je suis troublé par le travail de Joël-Peter Witkin, j'aime l'insolite, l'absurde et la réflexion de Martin Kollar, les sueurs froides et la violence des photographies de Boogie, les anamorphoses de Georges Rousse, le graphisme de James Nachtwey, les instants de Olli B, les rochers de David Parker …

Quelles sont tes ambitions ?
Sébastien Charlot : Faire des photographies de mon grand-père Ismaël avant son décès, réunir sur pellicule les derniers membres de ma famille, faire un cliché de Tekilatex nu, faire des photos de dDamage, et surtout avoir l'instant décisif où Fred étranglera JB (ou l'inverse…), commencer à structurer mon travail, mettre en image tout ce qui me passe par la tête, m'orienter vers la vidéo, documenter les premiers mai, faire des photos avec six flashes en ville, avoir des portraits de tous les rappers français, continuer l'argentique, prendre des cours de Photoshop, faire un livre, faire de l'affichage sauvage, concrétiser le projet Mamie Denise VS Pépé Ismaël, documenter ma future ligament plastie…

Un mot sur les photos que tu as choisi de présenter dans ce portfolio ?
Sébastien Charlot : Elles sont toutes intitulées ‘Sans Titre' et elles ont été réalisées en novembre 2005 avec un Leica M7. J'ai été choqué/offusqué/perturbé par l'avènement des tentes, et j'ai commencé à les prendre en photo, la nuit. Je trouve ça complètement absurde/désolant/scandaleux que ce soit possible, que les pouvoirs publics/la population/les Parisiens ne se soient pas mobilisés dès qu'elles ont émergé. Je trouve ça viscéralement regrettable que l'on en arrive à de tels moyens pour faire apparaître la misère au grand jour, et que cette misère fasse peu à peu partie du paysage français.

 

Propos recueillis par A.C



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