La BO du reportage à écouter ici.

 

Géraldine, Andrée & Danielle
Les Bibiches
Paris & Marseille


Parisienne au quotidien, mais Marseillaise de boucles d’oreilles, Géraldine est descendue à la Capitale avec son amie Danielle pour découvrir un nouveau Parc : celui de Borély. Là-même où David ‘indésirable’ Guetta aurait dû se produire fin juin. A sa place les attendait Andrée, locale expérimentée, accompagnée de son bob. Nothing But The Boules.
 

Striées comme des tranches de melon

Andrée : On ne s’est pas préparées spécifiquement pour La Marseillaise. Je joue toute l’année dans un club et je concours à ce Mondial tous les ans, alors vous savez. Pas de diététique particulière non plus. Regardez, on n’est pas grosses.
Danielle : Moi je suis également licenciée et je joue tout le temps. Avec mes boules de La Boule Noire. Elles sont striées, assez lourde – je préfère – et de la taille de ma main surtout.
Andrée : J’ai changé les miennes récemment. J’ai pris des boules des La Boule Bleue. Elles sont marquées comme des tranches de melon. Elles accrochent beaucoup mieux que celles d’avant.

Presley vs Delon

Danielle : J’aimerais bien former une doublette avec Elvis Presley.

Andrée : Je préférerais plutôt un acteur, français, comme, comme… Alain Delon par exemple, même s’il se fait vieux maintenant.  
Danielle : On parle d’hommes. C’est que quasiment à chaque fois, on joue avec des mecs. Dans notre club, on est trois femmes sur quatre-vingt. Ils sont gentils avec nous, même si cela reste un sport plutôt macho. Ce ne sont pas tant des remarques désobligeantes qu’une difficulté à s’intégrer avec eux.
Andrée : Je n’ai pas d’anecdotes rigolotes pour terminer. À vrai dire, ce n’est jamais tout à fait rigolo les compétitions officielles.
 

 

Marie-Angèle, Marie-Christine & Anna
L’Equipe de France
Bastia, Montpellier & Castillon


Emmenée par la sacrée Marie-Christine, l’Équipe de France de pétanque en impose à Marseille. Le trio promène sur les graviers autant adversaires aux tuniques bariolées qu’une belle tenue blanche digne des meilleurs détartrages. La rage dedans (de victoire évidemment) qui les anime laissait espérer mieux que l’édition 2012 : finalistes, elles au moins.

Equipe type en 1-1-1

Marie-Christine : L’Équipe de France de pétanque compte dix-huit membres, Espoirs inclus. Les sélectionneurs forment ensuite des équipes pour concourir aux différentes compétitions.
Anna : Pour rentrer dans le Club, il faut passer les différentes sélections : Départemental, Ligue, Zone puis National. Après il y a d’autres paramètres qui sont pris en compte, comme le palmarès. Cela fait maintenant six ans que j’y suis.
Marie-Angèle : Et moi deux. Si j’ai un vêtement porte-bonheur que je mets pendant les concours ? Non. De toute façon, j’observe que les rituels sont davantage dans la posture, comme le positionnement des pieds dans le rond par exemple.

Un certificat médical nécessaire pour pratiquer

Marie-Christine : La pétanque est un vrai sport. Il y a des parties qui peuvent durer jusqu’à deux heures. Il faut donc être prêt physiquement mais aussi mentalement.
Anna : Quoi qu’il arrive, il faut absolument un certificat médical pour pouvoir jouer. Ce n’est pas anodin. Bien que cela ne puisse pas forcément prévoir les défaillances. J’ai souvenir d’un match national où la troisième joueuse de mon équipe avait fait un malaise, nous contraignant à terminer la partie à quatre boules contre six.  

 

 

Pascale, Cécile & Caroline
Les Landaises
Mimizan, Dax & Tarnos


Comme un clin d’œil à leur Sud-Ouest, Cécile, Pascale et Caroline se sont parées de rouge pour l’événement. Ont-elles été à la féria pour autant ? Pourquoi le vert est-il leur couleur de cochonnet préférée ? Tant de questions. Une chose est sûre, elles étaient loin du (petit) jaune qui « nuit » tant à ce sport, selon leurs dires. Révélations au grand jour.

 

Le vert, l’espérance

Caroline : On a décidé de venir ici entre copines. C’est pourtant la première fois que l’on joue ensemble.
Cécile : On pratique surtout en club, et on participe généralement aux qualifications de notre région. D’ailleurs le plus beau lot que j’ai gagné était grâce à ce type de tournoi : une récompense moitié vins de Gironde - Sauternes pour être précise - et moitié espèces. On collectionne les trophées aussi. Il y en a que j’aime plus que d’autres. Du verre au vert, je dirais que cette couleur est ma préférée pour un cochonnet, car cela représente l’espérance.
Pascale : Toujours dans la superstition, j’aime bien porter une casquette qui m’a permis d’enchaîner quelques victoires.

« On a failli battre Jésus »

Caroline : La pétanque nous amène de la détente.
Pascale : Si je devais choisir une personnalité pour former une doublette ? Oh Michel Sardou. Je l’aime bien. En revanche, ce que je n’aime pas, c’est l’image de notre sport associé à l’alcool. On voit souvent des joueurs un verre à la main. Cela nous nuit.
Cécile : La pétanque amène de belles rencontres aussi. A la deuxième partie du Mondial, dimanche, on a joué contre Jésus, qui avait remporté le concours il y a quelques années. Et on a failli le battre !

 

 

Nadège, Sabrina & Samantha
Les admiratrices
Vaucluse, Ariège & Aude


Loin de Belleville, cette triplette à l’assent du Sud s’est formée autant sur le tas que sur le tard. Elles ont en revanche eût tôt de sympathiser, échangeant facilement autour de leurs célébrités à trois boules préférées ou de l’attitude parfois déplorable du beau sexe, entre deux bouffées. Pas de fumée sans cigarettes, en effet.

 

Les hommes sont machos et les femmes méchantes

Nadège : Mon conseil pour bien se préparer aux concours est de ne jamais changer ses habitudes. Si on fait la fête, continuer à la faire même aux abords de la compétition, si on ne dort pas beaucoup, ne pas prévoir de grasse matinée…
Samantha : Je voudrais parler de mon cochonnet porte-bonheur. Je ne le joue que dans les championnats. Là je ne le sens pas. Mes boules sont des Okaro GTI, demi-tendre. Ce qui signifie que lorsqu’elles s’écrasent, elles font moins de rebonds, mais fusent davantage.
Nadège : La relation hommes-femmes à la pétanque ? Je dirais que la plupart des mecs - disons 75% - sont mauvais perdant et que les femmes sont désagréables entre elles.

Passo, Suchaud & Le Boursicaud

Samantha : On joue rarement dans les campings. Surtout si c’est pour gagner un bob. On est plutôt Master notamment. Je me souviens d’ailleurs avoir joué à Carcassonne la qualification contre le grand Passo, champion du monde. J’avais essayé de le soudoyer en lui payant un restaurant (Rires). On perd finalement 13-10.
Nadège : Je me souviens d’une histoire. Il y a trois ans, lorsque j’ai repris la pétanque, il y avait un gars qui me regardait constamment, jusqu’au moment où il est venu me voir pour me donner des conseils. J’ai dit à une amie « mais pour qui il se prend ! » avant de me rendre compte que c’était le champion de tir de précision Bruno Le Boursicaud. Une perle. Tout comme Philippe Suchaud d’ailleurs.
Samantha : Si on me propose un mixte avec lui, j’y vais en courant.

 

 

Christine, Agnès, & Lysiane
Les finalistes du passé

Marseille


« Pourquoi bouffonne ? Parce que je suis une bouffonne, c’est tout ». Avec son short militaire, Christine se tire une balle dans le pied. Évidemment, elle avait fait quelques carreaux auparavant. Avec ses deux amies Lysiane et Agnès – intronisée porte-parole – la finaliste 2008 comptait viser juste cette année.

 

La reprise en juillet

Ça fait depuis le mois de septembre que je n’ai plus joué. Le travail m’empêche de pratiquer. Mes collègues s’entraînent elles régulièrement, en club. Mais comme je vous le répète, c’est la reprise pour moi. C’est difficile, il faut avoir une bonne condition physique avec le soleil qui tape, et puis on marche beaucoup. Généralement, je mange assez léger durant une compétition. Ne dites pas que c’est un loisir : pour nous c’est un sport avant toute chose.

L’autre Bartoli

Je ne joue qu’avec des boules de pétanque en carbone. Je n’aime pas les inox. Les miennes pèsent chacune 680 grammes. C’est assez léger. La pétanque m’amène parfois de la déception, comme cette finale 2003 perdue, mais surtout du bonheur, c’est une passion. Les boules sont nées ici, en Provence, à La Ciotat. On ne va pas dire que c’est le sport régional, mais ça fait partie du patrimoine. Après l’OM quoi. Pour conclure, j’aimerais beaucoup un jour former une doublette avec Eric Bartoli, un ami.

 


 


Texte et photos : Guillaume Blot // Photos Mondiale La Marseillaise.