Outre le plan marketing millénaire consistant à créer une fausse liaison entre deux vedettes un peu fatiguées ou en devenir (ex : Selena Gomez et Justin Bieber ou Véronique Sanson et Pierre Palmade), il existe d'autres techniques pour faire parler de soi. 

 

 

- LE FILM D'OBÉDIENCE PORNOGRAPHIQUE

 

A défaut d'être un sésame pour le cinéma traditionnel, le film porno permet au moins de faire parler de vous, par le biais de blogs plus ou moins spécialisés et de toutes les feuilles de chou physiques ou numériques qui existent en ce bas monde. Le film pornographique se révèle par ailleurs multidimensionnel, dans le sens où il peut se pratiquer seul ou avec des congénères.

Quentin Elias, qui a récemment passé l'arme à gauche, a par exemple pratiqué l'onanisme devant caméra pendant une vingtaine de minutes. Un cadeau filmé - et bien entendu rémunéré - pour son large public gay et son compte en banque déficient.

 

* Le cas de la cassette sexuelle :

N'oublions jamais que la cassette sexuelle, communément appelée «sextape», peut faire de vous une mégastar planétaire, comme le veut la jurisprudence Paris Hilton et Kim Kardashian. En effet, la première est devenue une DJette respectée et l'autre s'est fait féconder par Yeezus. Un sacré gain de temps qui dispense de tout talent ou, mieux encore, de toute sorte d’effort.

Taux de réussite escompté : 95 % (mais l’effet peut être quitte ou double selon votre anatomie).

 

 

- LE PASSAGE PAR LA CASE TÉLÉRÉALITÉ

 

On ne le sait que trop : la téléréalité, aka les latrines de l'audiovisuel, a servi de cotisation pour leurs quinze petites minutes de célébrité à bon nombre d'anonymes sans talent. Elle sert également de défouloir et de plateforme médiatique pour d’anciennes gloires sur le retour qui, aveuglées par les paillettes et anesthésiées par leurs cocktails multivitaminés à base de Lexo'/Temesta, ne comprennent pas que cette démarche va les griller encore davantage. Mais comme dirait Jacques Séguéla, Amanda Woodward ou tout autre individu dépourvu d’âme : «toute publicité est bonne à prendre».

C’est vrai que si l’on regarde les choses à travers un prisme franco-français, le niveau de déprime est haut. La Ferme Célébrités featuring Jordy, Surya Bonaly, Mallaury Nataf et consorts, Je suis une célébrité, Sortez-moi de là, une émission remportée par Richard Virenque (vous imaginez une seconde le Q.I. des autres participants ?), L’Île des Vérités - qui s’était récemment offert les services de feu Quentin Elias - ainsi que toute la grille des programmes de NRJ 12, tout ceci est plus sordide qu’une balade à Vélizy 2 un weekend pré-Noël. Mais après tout, la téléréalité peut aussi booster une carrière mise à mal ; Ozzy Osbourne, l’une des premières personnalités à avoir mis en scène sa vie privée, en sait quelque chose. Tout comme sa femme Sharon et sa fille Kelly qui ont elles aussi pu monétiser leur personne.

 

Et qui dit «succès» et «téléréalité» dit L’Incroyable Famille Kardashian, qui met en scène les sœurs Kardashian, Kim, Khloe et Kourtney et leur mère Kris Jenner (une sorte de Liane Foly sous ecstasy) dans une vie faite de sacs Hermès, de fesses bombées et de séances de botox plus ou moins réussies. Il va sans dire qu’il s’agit là du meilleur programme télévisé américain depuis Melrose Place, izi.

Taux de réussite escompté : 80 %. Avec une bonne prod’ et deux-trois secrets de famille, ça peut être le jackpot.

 

 

- LA RÉDACTION DE MÉMOIRES-CHOC

 

Ecrire ses mémoires, surtout lorsqu’on a 23 ans et qu’on n’a pas encore accompli grand'chose, peut s’apparenter à un appel au secours, à un cri, un S.O.S. ou tout simplement à l’envie de se faire un peu d’argent.

S’il n’y a pas d’ «effet crousti», les mémoires ne sont même pas publiées. Elles doivent donc être intrinsèquement scandaleuses et aguicheuses pour pouvoir faire le tour des plateaux télés en pleurnichant.

 

Souvenons-nous : en 2009, Dustin Diamond alias Screech dans Sauvés par le Gong, une personne dont on avait naturellement oublié l’existence, a déversé toute sa bile contre ses anciens collègues et contre le showbiz en général. Ses mémoires se nomment Behind The Bell et n’omettent bien évidemment aucun détail graveleux. Il aurait couché avec 2000 femmes, Mario Lopez serait un violeur, Mark Paul Gosselaar aurait un sérieux problème avec les stéroïdes, et bien sûr, tout le casting se droguait et couchait régulièrement ensemble, telle une équipe soudée.

Taux de réussite escompté : 30 %. Les gens ne semblent plus trop savoir lire.

 

 

- UN PASSAGE SUR LE CANAPÉ D'OPRAH WINFREY (ou sur la chaise en plastique de Jean-Marc Morandini)

 

Aux Etats-Unis, un plan promo de prestige pour une vedette inclut bien évidemment un passage sur le plateau d’Oprah Winfrey, grande sœur protectrice de tous les anges déchus du showbiz (et qui doit manifestement être dotée d’un budget par émission équivalent à 72 saisons de Star Academy). On se souvient notamment de l’interview-confession de Whitney Houston en 2009, après sept longues années de silence. Une interview qui a aussi marqué Oprah en personne, comme elle l’a dit justement : «if you missed it, I sure hope you have it on TiVo». On y voyait alors une Whitney Houston au bout du roul’ raconter comment sa vie fut un cauchemar à cause de Bobby Brown, et sa plongée consécutive dans l’enfer des stupéfiants. Grâce aux conseils bienveillants de tata Oprah, on pensait que Whitney s’en sortirait. Que nenni : trois ans plus tard, elle nous quittait.

 

Plus récemment, c’est Lindsay Lohan qui a annoncé en fanfare (et en orange, car elle a su pressentir que l’orange is the new black) qu’elle était enfin clean. Elle l’a dit tout de go : pour elle, plus de folles nuits de débauche, plus de défonce, mais juste l’envie de reprendre en main sa carrière et sa vie, notamment en tournant The Canyons aux côtés de James Deen. Et on a bien l’impression qu’elle tient parole, puisqu'on entend beaucoup moins parler d’elle dans la presse à scandale et qu'on voit de moins en moins sa culotte prise à la volée par des paparazzis en furie. On se doit donc de l’avouer : cela nous manque.

Taux de réussite escompté : 50 %. Il faut être absolument convaincant pour émouvoir la ménagère de moins de 50 ans.

 

 

- UNE BONNE VIEILLE T.S.

 

Simple comme bonjour, la bonne vieille tentative de suicide de derrière les fagots.

Si la star n’a plus les moyens de se payer un imprésario, elle peut tout de même faire parler d’elle à moindre coût. Pour cela, il lui faudra une pleine boîte d’anxiolytiques, tout ce qui est alcool fort et un forfait mobile, afin de pouvoir passer un coup de fil à un ami (journaliste) avant de passer à l’acte. Loana connaît, peuchère, cette routine par cœur.

 

Cette technique fut également testée par «le petit prince du raï», celui qu’on a un jour connu sous le nom de Faudel et qui, comme la légende urbaine le veut, évoluerait désormais en tant que kébabiste dans la petite ceinture de Paris (même si d’autres personnes disent l’avoir aperçu au Maroc). Il a raconté dans son livre sorti en 2008 Itinéraire d'un enfant de cité qu’il a failli se jeter par la fenêtre un an plus tôt, à la suite du lynchage médiatique dont il a été la victime après avoir apporté son soutien officiel à Nicolas Sarkozy. Cette TS + cette autobiographie que le quotidien Le Parisien avait décrite comme «un autoportrait touchant d'un trentenaire parfois paumé dans ses propres contradictions mais décidé à les affronter» sont pourtant deux armes fortes pour revenir en force dans les médias. Mais rien n’y a fait, Faudel reste introuvable et n’a même pas fait une petite apparition télé. Plus moche la vie.

Taux de réussite escompté : 50 % (soit une chance sur deux de se rater).

 

 

Sarah Dahan