Whatever Happened To Corey Haim ?

Whatever Happened To Corey Haim, c’est une chanson de The Thrills, ce sympathique groupe irlandais qui rêvait de Californie. On récapitule pour les deux du fond : Corey Haim, c’était un enfant-star à Hollywood dans les années 80 qui a sombré dans la dépression et la drogue, et qui a fini par décéder en 2010. Son immense succès pendant son adolescence et sa triste descente aux enfers valaient bien une chanson.

 

Corey Haim s'est  d'abord fait connaître en 1986, à l’âge de 15 ans, avec le film Lucas dans lequel il partageait l'affiche avec Charlie Sheen et Winona Ryder, mais c'est Génération Perdue qui a fait de lui une star. Le film n’est rien d’autre qu’un teen movie qui tourne autour d’une histoire de vampires. Le casting est constitué de graines de star, puisqu’on y retrouve le susnommé Corey Haim donc, mais aussi Kiefer Sutherland, Diane Wiest, Jason Patric et Corey Feldman. Haim est devenu le meilleur ami de ce dernier - qu’on a pu voir dans Les Goonies, Stand By Me et les Gremlins - avec qui il a formé une équipe de "buddy movies" adolescents.

A la fin des années 80, alors qu’il est tout juste post-adolescent et millionnaire, Haim plonge dans la drogue, ce qui le mène en toute logique vers la dépression et les films de seconde zone. Après plusieurs tentatives de comeback infructueuses, dont une télé-réalité assez sordide nommée The Two Coreys en 2007 avec son complice de toujours Corey Feldman, il finit par mourir d’une pneumonie dans un condominium d’une banlieue de Los Angeles qu’il partageait avec sa mère atteinte d’un cancer du sein. Dur.

 

A la mort de son ami, Corey Feldman décide de briser l’omerta qui gangrène Hollywood depuis des années : selon lui, la raison principale de la descente aux enfers de Corey Haim n’est pas due à la drogue, mais aux abus pédophiles dont il aurait été victime. Pour lui, le problème numéro 1 à Hollywood est et sera toujours la pédophilie - des dires qu’il a répété de talk shows en talk shows pendant des mois mais qui n’ont manifestement pas été pris au sérieux. Les cyniques ont préféré privilégier la thèse de l’acteur has been qui tente de se faire de la publicité à moindre coût sur le dos de son pote décédé. Pourtant, ce qu’il a décrit ressemble étrangement au système pédophile ultra-codifié qui est apparu avec le scandale de l’affaire Singer.

 

 

La jurisprudence Neverland 

Même si jusqu’au jugement dernier, on se souviendra de lui comme d’un génie pluridisciplinaire, il est difficile de ne pas penser au cas de Michael "Bambi" Jackson quand on évoque une affaire d’obédience pédophile. Ce bon vieux MJ a dû en effet sérieusement entamer les P.E.L. de ses enfants à venir pour couvrir les dizaines de procès que lui ont intentés les parents de nombreux enfants qui avaient pour habitude de zoner dans son ranch de Neverland et qui l’accusaient d’actes pédophiles.

 

Le scandale avait éclaté en 1992 avec l’affaire Jordan Chandler, qui s’était soldée par un arrangement à l’amiable pour la modique somme de 22 millions de dollars sans que personne ne trouve ça trop trop louche. En 2005, Michael est à nouveau inquiété par la justice, puisque la famille de Gavin Arvizo, un petit cancéreux de 13 ans, l’accuse alors d’avoir violé son fils trois années auparavant. Cette fois-ci, le roi de la pop a été acquitté à l'unanimité, sur tous les chefs d'inculpation. En toute logique, certaines familles se sont donc demandé si Hollywood n’était pas un royaume où les pédophiles pouvaient s’amuser en toute impunité.

 

Bryan Singer, l’arbre qui cache toute une forêt de pédophiles "présumés"

En avril dernier, un nouveau scandale a éclaté à Hollywood : un jeune homme tout juste trentenaire qui répond au nom de Michael Egan a accusé Bryan Singer, le réalisateur de la saga X-Men qui s’était fait connaitre avec Usual Suspects, et d’autres magnats de Hollywood (le producteur de Broadway Gary Wayne Goddard, l'ancien président de Disney TV David Alexander Neuman ainsi que Garth Ancier, ex-président de NBC Entertainment et de la BBC Worldwide America) de l’avoir violé à de multiples reprises, de l’avoir drogué et de l’avoir menacé avec une arme à feu lors de sordides soirées organisées par des pédophiles du show business en 1998 et 1999 alors qu’il n’avait que 15 ans.

Si l’affaire a fait grand bruit, il n’y a pourtant rien de nouveau sous le soleil : le groupe d’hommes incriminés avait déjà été inquiété il y a presque quinze ans de cela.

 

En 1998, Bryan Singer s’était vu intenter un procès par quelques figurants (mineurs) du film Un élève doué avec Brad Renfro. Selon eux, le réalisateur leur aurait demandé de tourner nus sous une douche pendant des heures, sans que le scénario ne nécessite ce genre de scène. Pourtant, le Los Angeles Police District n’a rien retenu contre le réalisateur à l’époque. Le scénariste du film Brandon Boyce avait alors argué qu’il s’agissait d’un procès malveillant ayant pour seul but de faire du chantage à un groupe d’individus en raison de leur sexualité. Puis, en 2000, Michael Egan, ainsi que d’autres garcons, avaient déjà intenté un procès contre plusieurs personnalités puissantes du circuit hollywoodien, dont un proche de Bryan Singer, Marc Collins Rector. Ce dernier fut reconnu coupable d’actes pédophiles et a purgé une peine de deux ans de prison au début des années 2000.

 

 

Lors de la conférence de presse qui a suivi les accusations de Michael Egan en avril dernier, la mère de la victime présumée s’en est pris personnellement aux agents du FBI qu’elle avait contactés il y a plus de dix ans, et qui n’avaient pas donné suite à ses nombreuses requêtes et appels au secours. Début mai, un nouveau coup de tonnerre est venu entacher davantage la réputation de ces pontes de Hollywood puisqu’une nouvelle action en justice a été ouverte à l’encontre de Bryan Singer et de Gary Goddard. Un jeune homme britannique qui tient à rester anonyme affirme que les deux hommes l’ont violé dans une chambre d’hôtel à Londres après l’avant-première de Superman Returns en 2006.

 

Si le FBI prend cette fois-ci toutes ces accusations au sérieux, il est possible qu’il prenne en considération les propos de l’écrivain Bret Easton Ellis, qui affirme avoir été mis au courant par l’un de ses amants des fameuses "underage parties" de Bryan Singer qui, selon lui, étaient connues du tout-Hollywood. Pour lui, l’alarme se doit d’être déclenchée. "Nous sommes au courant de sordides histoires de pédophilie à Hollywood depuis des décennies. Vers où est-ce que ces comportements nous mènent et où se trouve la limite ?"

Dans la justice, peut-être.

 

Dans une ironie non négligeable, un film mené par Amy Berg serait actuellement en production sur cette infâme affaire.

 

 

Sarah Dahan // Illu: cathala.