Chris Esquerre

CHRIS ESQUERRE

«Il faut bien comprendre que le bide implique que le public ait conscience qu’il n’a pas ri à un moment «censément drôle», ou en tout cas qui est présenté comme tel par le comédien (grâce à un silence appuyé, par exemple). Ceci concerne donc principalement les artistes qui font des «vannes». Et cette forme d’humour, si elle est majoritaire dans le one-man-show, est très minoritaire dans le «spectacle vivant drôle». Des artistes comme Patrice Thibaud, Philippe Caubère, Yann Frisch ou les Chiens de Navarre me font rire aux larmes sans qu’il n'y ait une seule vanne !

Bien sûr, il peut arriver qu’un public soit moins réceptif que celui de la veille, mais si l'on ne fait pas de vannes, on s’en fout un peu - même si ces représentations-là sont moins agréables. Quand une représentation marche moins que d’habitude, une autre forme de plaisir prend le relais : celui d’imposer son style à des gens qui n’y sont pas habitués. Personnellement, je ne retouche jamais mon spectacle, car je considère que c’est comme un tableau : quand on est peintre, on ne retouche pas son œuvre au moment du vernissage en fonction des commentaires des gens... et c’est pareil pour la musique, la danse, le théâtre, la photographie ou la littérature. Mon métier, c’est de partager ce qui me fait rire, pas de trouver ce qui fait rire les autres ! Encore une fois, le bide ne concerne que les humoristes de stand-up. Le bide ne leur étant pas permis, ils testent généralement leurs vannes et suppriment celles qui ne marchent pas. On obtient donc souvent un spectacle raboté de tout ce qui n’est pas partagé par le plus grand nombre. C’est dommage.

De mon côté, je peux d'ailleurs te dire que je ne suis jamais sorti dépité ou déprimé de scène, ou alors à mes débuts. Quand ça rit moins, on est tout aussi utile, voire davantage. Ce métier, c’est aussi déconcerter les gens, pas seulement les faire rire.»

Julie Bargeton, crédits Sébastien Vincent

JULIE BARGETON

«Le plus gros bide de ma vie, c’est celui de mon mec ! Voilà... Ça, c'est un bide. Une mauvaise vanne qui fait un flop. Dans la vie de tous les jours, ça m'arrive souvent ! Mais dans mon spectacle (Barbue), il n'y a pas vraiment de punchlines ni de jeux de mots, c'est plus des personnages ou du storytelling, donc je suis un peu protégée. De toute façon, mon spectacle est davantage un «seul en scène» qu’un one-woman-show ou du stand-up pur. C'est une forme théâtrale qui mélange humour, réflexion et émotion. Pendant la phase d'écriture, j'avais autant envie d’amuser que d'émouvoir, donc je ne cherchais pas le rire à tout prix. À ce niveau-là, j'ai certainement moins la pression que d’autres.

Cela dit, ça n’empêche pas les mauvaises expériences : un jour, au bout d'une minute de représentation, une jeune femme au premier rang a eu un fou rire. Je ne m'y attendais pas du tout, je crois qu’elle avait un peu trop bu. Du coup, j'ai commencé à rire avec elle. Sauf qu'après, j'étais tellement déconcentrée que je ne me souvenais plus de mon texte ! J'ai eu un trou. Heureusement, le public n'a rien vu et c'est vite revenu, mais j'ai eu très, très peur. Un autre soir, j’ai taquiné un monsieur au premier rang. Il me regardait avec des yeux noirs et ne me souriait pas du tout. J'étais mal à l'aise... Et contre toute attente, il m'a attendue à la sortie pour me féliciter ! En discutant avec lui, je lui ai fait part de ma sensation de l'avoir un peu dérangé car il n'avait pas ri du tout. Et il m'a répondu : «si, j'ai ri. À l'intérieur !».

Tout ça pour dire que je j’ai fini par comprendre, avec le temps, qu’il fallait apprendre à gérer ses émotions. Ce n'est pas toujours facile, mais avec l’expérience, je me suis un peu blindée. Comme je suis très exigeante, je me remets souvent en question et tente d'améliorer mes textes en fonction des réactions du public. Mais parfois, il faut aussi laisser le temps à une scène ou à un personnage de s'installer. Il ne faut pas enlever trop tôt ce qui ne marche pas tout de suite. D'où la période de rodage. Et ça, ça prend du temps. Mais bon, on ne va pas se mentir : si un passage ne marche jamais, il faut l'enlever hein !» 

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CARTOUCHE

«Un soir, alors que je jouais dans un gros théâtre parisien et que ça faisait plusieurs jours que le spectacle était complet, je me suis retrouvé à jouer devant six personnes. Dans une salle de 400 places, ça fait mal ! Mais c’était impossible à prévoir. Du coup, tu te demandes ce qui se passe, les spectateurs également. Toutes les personnes présentes me prenaient d’ailleurs pour un menteur. Du coup, j’avoue avoir joué mon spectacle très vite pour me débarrasser de la situation. En plus, il y avait deux mecs devant qui n’arrêtaient pas de parler et qui ont fini par se barrer au bout de trente minutes… Le plus triste, c’est de ne pas avoir compris ce qui s’était passé. Il y avait peut-être eu une grève ou un gros match de foot, mais rien de certain. Après le spectacle, je peux te dire que ce n’était pas la fête : je suis rentré chez moi et je me suis lancé une série pour oublier cette horrible nuit.

Après, pour ce qui est des bides liés à des blagues, ça arrive assez régulièrement. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’une vanne est une technique millimétrée. Par exemple, je jouais une pièce de théâtre avec Josiane Balasko. Chaque soir, les gens riaient à un fameux passage où l'on sort de scène tous les deux. Pendant plusieurs soirs, pourtant, plus aucun rire. Je me demande pourquoi, j’en parle à Josiane et là, elle me dit : «c’est normal, tu mets ta main trop haut sur mon dos». Tout ça pour dire que l’humour est aussi une histoire de précision. De toute façon, il y aura toujours ce décalage entre toi et le public : parfois, tu vas penser que la soirée était superbe alors que c’était une catastrophe, parfois c’est l’inverse.»

 

Comte Bouderbala

LE COMTE DE BOUDERBALA

«Disons que sans bide, il n’y a pas vraiment d’humour. Avant d’être drôle, une vanne a forcément été testée, répétée et retravaillée. Pour ma part, j’ai connu quelques moments de solitude, comme cette fois où je jouais au Lantern Comedy Club, un petit rade dégueulasse situé sous un bar-karaoké aux États-Unis. Il y avait des rats sur scène, et seulement quatre personnes dans le public. J’étais tellement nul ce soir-là que les gens me criaient des «you suck» constamment. Heureusement, ce n’était pas tous les soirs comme ça - mais ça a au moins le mérite de forger un caractère.

Un autre soir, dans le cadre du festival Juste pour Rire à Montréal, je fais un sketch dans une salle avec une clim' assourdissante, des loges proches de la scène où des pseudo-musiciens jouent à la guitare, des klaxons aux alentours et des mecs qui multiplient les allers-retours au bar. Bref, un bruit infernal. Quand je suis retourné dans les loges, j’avais envie de fracasser les mecs qui jouaient de la guitare, mais ils ont immédiatement pris la fuite ! (Rires)

Après de telles expériences, soit on se laisse dévaster, soit ça nous galvanise et ça nous fait bosser encore plus. En l'occurrence, c'est ce dont je parle dans mon second spectacle, dans le sens où, après un premier one-man-show, en plus d’être forcément attendu, tu te retrouves face à cette fâcheuse et problématique question : être drôle ou ne pas l’être ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut jamais se laisser abattre : si un public est plus difficile que celui de la veille, je reste persuadé que c’est à l’humoriste d’aller le chercher. Tu sais que tu as une heure trente, voire deux heures pour le convaincre. De toute façon, quand tu proposes un spectacle, faut que tu sois certain qu'il est bon. C'est d'ailleurs pour ça que les humoristes n’entament jamais de promo tant que le spectacle n’est pas rodé. Et c’est aussi pour ça qu’on répète généralement le spectacle en province avant de multiplier les dates sur Paris... Enfin, c’est ce que font la plupart des humoristes, par tradition. Moi, je ne trouve pas ça très cool pour les provinciaux, donc je fais l’inverse !»
 

Pascal Vincent

PASCAL VINCENT (Robins des Bois)

«Mon plus beau bide fut à l'occasion d’une émission de radio, enregistrée en public. J’avais choisi d’interpréter un imitateur du futur qui se lancerait dans un pot-pourri de chanteurs inconnus qui seraient célèbres dans vingt ou trente ans. Les chansons étaient donc totalement inventées. Ça me paraissait être une superbe idée - je le pense encore, d’ailleurs - mais ça été un très grand moment de solitude. Les personnes autour de la table étaient complètement paumées. Ça m’a perturbé, donc je me suis encore plus enfoncé dans mon délire.

Après, ce n’est pas la fin du monde ; c’est très humain finalement de faire un bide. En plus, n’importe qui aime voir des gens connaître ce genre de situation. Des acteurs comme Pierre Richard et Jean Carmet en ont même fait une carrière. Avec les Robins des Bois, c’était pareil : on a souvent joué le bide, ou des situations de bide. Ça paraissait intégralement improvisé et bancal, mais c’était très travaillé. En plus, on était en direct à la télé, donc on n’avait pas le droit à l’erreur. Mais jouer le bide n’empêche pas de le connaître ! Ça arrive sur scène, ça arrive dans la vie, comme lorsque j’ai tendu la main à Herbert Léonard pendant une dizaine de secondes dans les coulisses d’une émission de Cauet sans ne rien avoir en retour. Encore une fois, rien de grave : le bide fait partie des risques du métier, et c’est ce qui est formidable.»
 

maurice-barthelemy

MAURICE BARTHÉLEMY (Robins des Bois)

«Avec les Robins des Bois, on assumait les bides, on faisait en sorte qu’ils se produisent et on rendait complice le public. On avait même créé Bide et Musique, une émission de radio (et un site devenu aujourd'hui une référence, ndlr) qui mélangeait les blagues pourries et les chansons. Cela dit, je pense qu’on a connu un réel gros bide avec la sortie de RRRrrrr!!!. À l’époque, Le Parisien avait titré «Nul», et ça nous avait paru très violent. On avait beau avoir fait 1,8 millions d’entrées, on a vécu ce film comme un véritable échec. Le truc, c’est qu’il était réalisé par Chabat et que, après le succès d’Astérix, le nombre d’entrées paraissait forcément dérisoire. Mais bon, il y a un certain nombre de films qui n’ont pas eu un grand succès et qui ont fini par devenir cultes. Ça été le cas pour RRRrrrr!!!, qui était sans doute un peu en avance sur son époque, et ça été le cas pour Le Père Noël est une ordure, qui n’avait fait que 400 000 ou 500 000 entrées à sa sortie alors qu’il est l’un des films les plus diffusés aujourd’hui. En revanche, ce n’était pas le cas de Casablanca Driver, mon premier film. Là, pour le coup, c’était un gros bide, avec seulement 10 000 entrées et un projet mal distribué et incompris.

Le truc, c’est que le bide n’est pas toujours une question de qualité - c’est parfois juste une question de timing. Il faut se remettre en question, chercher à comprendre pourquoi le film nous a échappé - est-ce que ça vient de l’écriture, de la bande-annonce ou de la promotion ? - et tenter de résoudre le problème. Il y a à la fois de la prudence, de la peur et un manque d’audace qui entre alors en jeu. La sanction du rire peut parfois être terrible. Mais le bide n’est pas forcément quelque chose de négatif : avec les Robins, on en a pris des phénoménaux. Je me souviens, par exemple, d’un sketch dans la Grosse Émission avec Farrugia. Je jouais le loup de Tasmanie et j’étais la mascotte officielle de l’équipe de Roumanie. Le truc, c’est que personne ne comprenait ce qui se passait et personne ne riait, à part Dominique et moi. Mais ça ne nous a pas freiné, on a même refait le sketch deux ou trois fois parce que ça nous éclatait. Avec les Robins, on avait 25 minutes de sketchs à créer chaque jour et, sur ces 25 minutes, il y avait au moins la moitié de foirée. Et c’est tant mieux. Personnellement, j’aime les blagues qui tombent à plat.»

Dédo, crédits Fifou

DÉDO

 «N’importe quel artiste est confronté au bide sur scène, que ce soit à ses débuts par manque d'expérience ou parfois quand on teste du nouveau matériel, des nouvelles idées, des nouvelles vannes... Il faut parfois trouver la plateforme parfaite pour qu'un axe ou une thématique passe de «pourquoi il nous raconte ce truc ?» à «mais ça, c'est tellement marrant !». Par exemple, dans mon nouveau spectacle, je parle à un moment des différences sociologiques entre l'humain et le règne animal, tout ça à la moulinette de l'absurde, et croyez-moi, il faut trouver les mots justes et le moment de jeu adéquat pour intéresser les gens avec un canard frustré et une loutre Jedi.

L’erreur serait de se mettre une pression supplémentaire à cause du risque du bide. En tout cas, moi je ne m'en préoccupe pas, dans la mesure où je pars du principe que si ça m'intéresse et me fait rire, ce sera sûrement le cas aussi pour le public. Je ne cherche pas à trouver les sujets les plus susceptibles de plaire au plus grand nombre ; je cherche à m'amuser sur scène, et avoir du fond dans ce que je raconte, que ce soit sur les répercussions sociétales de la religion, le cinéma, le sport ou mes expériences sexuelles.

J'ai le souvenir d'un soir à Paris où, pendant l’heure où je jouais mon spectacle, il ne s'est rien passé dans la salle. Mais rien ! Le tunnel sans fin, l'impression d'une représentation en Antarctique devant des ours polaires. Et malheureusement, je ne parlais pas de la fonte des neiges ou de la rapidité des poissons qui font qu'ils ne sont pas toujours faciles à attraper... Du coup, très peu de réactions dans le public. Je me souviens leur avoir dit au bout de vingt minutes : «vous savez là, ce que j'entends dans ma tête ?». Et j'ai chanté : All By Myself. Ça m'a fait beaucoup rire, mais eux non. Le blind date complètement foiré, en gros. J'en ai un souvenir marrant aujourd’hui, mais sur le coup, j'ai tout remis en question... Et puis j'ai rejoué le lendemain et les gens ont ri non-stop, du coup je me suis dit que j'allais continuer encore un peu. Mais pour en revenir à cette soirée, je leur ai demandé s'ils étaient un car de touristes moldaves, et là non plus, pas vraiment de réactions. J'étais peut-être dans le vrai.»
 

Kallagan, crédits John Waxx

KALLAGAN

«Le pire bide de ma vie était en direct à la télé, dans l’émission Rire contre le racisme en avril 2008 sur France 4. La soirée a pris énormément de retard, je suis passé vers 22h30 au lieu de 21h30, l’horaire prévu à la base. Le public était en salle depuis 19h et, autant le dire, on a été nombreux ce soir-là à prendre un super bide... Je suis passé après un monologue de trente minutes de Michel Boujenah sur les accents et la flammekueche, suivi de trente minutes de discours de sensibilisation des associations qui organisaient la soirée. J'étais jeune, sans expérience du direct, la salle était remplie d'invités très jeunes, et dissipés dirons-nous... Mon pote Mouss Diouf avait senti que ça allait être très, très dur. Je le revois me dire en coulisse - alors que j'étais déjà décomposé - qu’il voulait faire une impro avec Cyril Hanouna pour relancer le public.

Cyril reprend le contrôle comme il peut et m'annonce. Je l’entends encore dire «alors le prochain c'est mon pote, il vient de Lyon», et là, j'entends un mec hurler du fond de la salle : «FILS DE PUTE !». Le mec devait être à quarante mètres de moi. Je me suis dit, si je l'ai entendu, les téléspectateurs aussi... Je suis monté sur scène en ayant déjà perdu. Cette sensation est horrible - tu sais que ça ne marchera pas, mais tu es obligé d'y aller comme si t'allais te faire exécuter ! Tu sais que ta famille regarde, tes amis, les parents de ta copine aussi. Tu sais que tu vas vivre les quatre minutes les plus longues de ta vie ! Je ne me rappelle plus trop de mon sketch, honnêtement, mais il me semble que j'ai quitté la scène en courant. J'ai évidement regardé une rediffusion de l'émission, multi-rediffusée comme par hasard, un cauchemar…Pendant mon passage, il y a des plans du public où l’on peut voir des rangées entières se lever pour quitter la salle pendant que je suis sur scène ! Ce jour-là, j'ai pris beaucoup de distance avec les plateaux TV, c'est un vrai traumatisme. Aujourd'hui, j'en ris beaucoup parce que je sais que chaque collègue a une histoire aussi gênante. Notre truc à tous est de rendre tout ça drôle. Et on y arrive, on rigole bien avec nos bides au final.

Il y a aussi les bides sympathiques. Comme lorsque je faisais les premières parties de Fabrice Eboué sur sa dernière tournée. On a dû faire une centaine de dates, tout s'est super bien passé, mais il y a aussi eu de grands moments de solitude très sympas. Je repense à Limoges, à Barcelonette, où j'ai pris ce qu'on appelle un «tunnel» de vingt minutes : les gens ne t'attendent pas, et quand ils ne veulent pas de toi, ils ne veulent pas de toi. C'est arrivé deux fois où je n’ai pas réussi à choper le public de Fabrice. Alors que lui, je l'entendais rire de mon bide. Il était sur le côté de la scène et j'étais le seul à l’entendre. Toi t'es sur scène, il y a mille personnes devant toi qui te détestent, mais t’as envie de rire parce que tu sais que les techniciens sont morts de rire, et tu entends Fabrice prendre un fou rire sur ton bide. Ça fait des putains de bons souvenirs au final, même si cette sensation m’a déprimé plusieurs fois. Il m'est arrivé de ne pas aller à une fête d'anniversaire prévue depuis longtemps parce que mon show du soir n’était pas bon. J'ai préféré rester seul pour analyser le pourquoi de la situation. Personne ne comprend ça et je comprends qu'on comprenne pas, mais je le redis, ce métier, c'est une implication totale !»
 

Eric Et Quentin

ÉRIC & QUENTIN

«Le bide fait partie intégrante de la comédie. Si l’on ne veut pas faire de bide, on ne se lance pas dans l’humour. Il faut accepter qu’un sketch puisse faire un four et, surtout, ne pas théoriser sur son échec, sinon c’est le début de la fin. De notre côté, on a fait quelques bides en plateau, et parfois même dans nos sketchs. On a aussi du bide, mais ça n’a rien à voir...

Notre avantage, c’est d’être deux, de pouvoir se rassurer, de se mentir parfois ! (Rires) Contrairement à ce que l’on peut penser, nous ne sommes pas du tout à l’abri. Sur un plateau télé, il faut faire rire immédiatement - pas le temps d’installer un personnage. C’est d’autant plus dur, parce qu’un plateau peut devenir glacial lorsque le public ne rigole pas.

L’un de nos bides les plus marquants, je pense, c’était à nos débuts en plateau sur le Petit Journal en 2011. Depuis, on a bien appris, et surtout, on se joue de nos ratés : si l'on sent qu’une vanne passe moyen, on essaye de jouer le four, d’en rigoler. À cette époque, on sentait qu’on n'arrivait pas à être naturels sur le plateau, on stressait. Maintenant, on s’en fout de faire des fours. Sauf des petits, parce qu'on peut les manger. Voilà, par exemple, ça c'est faire un bide. Un gros. Vous me direz, c'est normal de faire un gros bide avec des petits fours, ça fait grossir. J'arrête là parce que ça peut devenir très lourd. Vous me direz, c'est normal, les petits fours c'est pas léger... Pardon.»

Crédits photos : Fifou, Sébastien Vincent, John Waxx, Christophe Chevalin, Franck Laguilliez.