Sur des thématiques différentes et sous couvert d’humour, ces trois films promeuvent des idées rançouillettes avec plus ou moins de subtilité. Apologie «lol» du viol, familialisme, putophobie, racisme, sexisme, homophobie latente… En 2017, «pédé», «pute» et «bite» semblent demeurer les ingrédients d’une bonne comédie franchouillarde.

À BRAS OUVERTS, LE RACISME BIENVEILLANT
Vous n’avez pas pu rater la polémique. À peine sorti en salle, À Bras Ouverts (initialement intitulé Sivouplééé...) se faisait dézinguer pour son racisme et ses piles de clichés abjects envers la communauté rom. Après Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu (QQOAFABD) et Débarquement immédiat, Philippe De Chauveron poursuit ici son exploration «comédie avec étrangers», et c’est toujours aussi effroyable. Le pitch : le célèbre intellectuel de gauche Jean-Étienne Fougerolle (Christian Clavier) se retrouve sur un plateau télé pour promouvoir son dernier livre. Barzach (Marc Arnaud), son opposant de droite, le défie alors d’accueillir des Roms chez lui. À peine rentré dans son manoir de Marnes-la-Coquette, Fougerolle et sa femme Daphné (Elsa Zylberstein) voient débarquer Babik (Ary Abittan) et sa famille, et se voient contraints d’accueillir ces Roms dans leur jardin.

Affiche A bras ouverts réduite

En vrac, le film dit que les Roms campent illégalement, ont des poules qui chient partout, une dentition pourrie, une hygiène corporelle douteuse, font caca la porte ouverte, mangent des hérissons («plat préféré famille Babik»), boivent de l’alcool à 90°, mentent, volent «quand obligés nourrir famille», n’envoient pas leurs enfants à l’école, mendient dans le métro déguisés en Péruviens et massacrent Michel Fugain ou Serge Lama à la première occasion venue.

Pas mieux du côté des BHL de Marnes-La-Coquette. Ces caricatures de soixante-huitards embourgeoisés (en vrai, ils sont de droite non ?) défendent des valeurs qu’ils n’appliquent pas. Ils se payent les services de Ravi (Armen Georgian), domestique indien avec accent, turban et tout le toutim, qui les appelle «maîtres» (Elsa Zylberstein l’aurait-elle dégoté sur le tournage de Un + Une ?). Hormis son racisme et son whitewashing (Babik est interprété par un comédien non-Rom), le film nous offre aussi une bonne leçon de féminisme. 

«C’est pas le moment de jouer la chienne de garde !»
Comme dans QQOAFABD, les femmes sont reléguées au statut d’archétypes peu folichons, au nom de la dérision. Chez les Roms, c’est normal, ce n’est que le reflet de leur culture arriérée et de leurs coutumes barbares. Ainsi Babik, habituellement jovial, voit rouge quand un homme s’approche de sa cadette Lulughia (Nikita Dragomir). Le premier qui s’y aventurera se prendra des coups de marteau dans le râtelier, vous êtes prévenus. «Toi pas toucher, Rom doit rester vierge jusqu’au mariage» ou «toi faire sexe ? Papa lire dans ton cœur. Si hymen plus là, Babik très fâché.» Alors quand le fils Fougerolle – une tête à claque nommée Lionel lookée à la Vianney qui traverse le jardin en gyropode, parle un verlan des années 1990 et veut «être libre comme un Rom» – s’éprend de Lulughia, c’est le drame. «Babik déshonoré.» Seule solution pour laver l’affront de la famille, marier les deux pécheurs. Tout ça sans demander l’avis de l’intéressée bien sûr.

De son côté, Daphné Fougerolle, héritière-diva déconnectée, conçoit des installations d’Art dégueulasses. Bête comme ses pieds, elle boit les paroles de son mari et semble incapable de se forger ses propres opinions. Galvanisé par une manif avec l’UNEF (comprendre une marche dans les couloirs de la fac avec des banderoles au son de «résistons !»), Jean-Etienne Fougerolle se laisse embrasser par Fidélia, une étudiante qui a succombé à son charme pourtant fort discutable (quelles coquinettes ces syndicalistes de vingt ans). Plus tard, Daph’ découvre sur le téléphone de son mari un MMS de la Fidélia en question featuring sa paire de fesses en string (décidément c’est chaud à l’UNEF !). Le grand défenseur des causes nobles se justifie. C’est la faute de «l’autre hystéro», «j’ai été tenté mais je n’ai pas cédé, je ne t’ai pas trompée.» C’est fatiguant ces jeunes filles qui sautent sur des hommes mûrs et rebutants en situation de pouvoir et s’en tirent sans problème !

La vengeance de Daphné sera terrible : «je vais m’taper un Rom.» Dommage, elle met le grappin sur le seul non-Rom de la bande, Erwano. Car pire que le Rom, il y a le Marseillais, roublard, mauvais, qui ne pense qu’a niquer. C’est lui qui, après s’être fait expulser de son logement, a décidé de convaincre Babik & Co. de profiter du grand cœur des gros riches pour se faire héberger à l’œil. Babik, qui campe sur ses principes, empêche Daphné de fauter et attaque les deux amants réfugiés dans la cave avec une clouteuse. Quand le même Erwano tombe sur une photo de Daph’ dans les escaliers du castel familial et lui demande «vous mannequin ?», elle lui répond «ah non, c’est aux antipodes de mes idées féministes.» Vous avez entendu, les catins mannequins ? Soyez belles et soumises ou moches et féministes. Un peu de cohérence.

Ce n’est pas fini, car on peut toujours compter sur la Daph’ pour s’insurger contre le patriarcat. «Lulughia, elle fait ce qu’elle veut, elle est libre comme moi !», crie-t-elle à Jean-Étienne. Ce à quoi son époux réplique «arrête Daph', c’est pas le moment de jouer la chienne de garde !». Féministe = chienne de garde, une vanne très originale.

Entre couilles
Ah oui sinon, Barzach, l’adversaire de Fougerolle, est méchant, de droite, et il est gay. Et il a un mec gay et jaloux. On a aussi une pensée émue pour Crouch, «bête comme une poule, gentil comme un agneau», le simplet du clan Rom, qui chasse la taupe à mains nues. Babik le claque à tout-va pour lui apprendre à bien se tenir. La violence, une piste à explorer chez vous pour supporter vos enfants handicapés.

Conclusion, tout ce beau monde part en Roumanie fêter l’union de Lulughia et Lionel dans une ambiance bidonville branché façon Emir Kusturica. Alors que QQOAFABD se terminait par un face-à-face entre le papa noir et le papa blanc réconciliés par des valeurs communes (la religion catholique, la pêche et le gaullisme), À Bras Ouverts s’achève par un tête-à-tête entre les deux patriarches qui trinquent et se félicitent de leurs petites affaires. Car dans les films Chauveron (deux frères, un à la réalisation, l’autre au scénario), on aime bien les conclusions entre couilles. Ça a le mérite de bien résumer tout ce qu’on vient d’endurer.

GANGSTERDAM, LE VIOL COOL
Au rayon comédie pour ados, on tombe sur les mêmes écueils. Les trois protagonistes de Gangsterdam, Ruben (Kev Adams), Durex (Côme Levin) et Nora (Manon Azem), sont étudiants en dernière année de fac de droit. Secrètement amoureux de Nora, Ruben n’a jamais osé lui déclarer sa flamme. Mais quand il découvre que Nora est dealeuse à ses heures perdues, il décide de l’accompagner à Amsterdam (Durex s’incruste) pour récupérer un «paquet» et tenter sa chance. Premier point commun avec À Bras Ouverts, Gangsterdam a aussi dégainé sa clouteuse. Une arme semble-t-il dans l’air du temps et supposée garantir l’hilarité, que brandit Ruben face à un lascar néerlandais avant que son pote Durex ne lui embrase les testicules.

Passion prouts
Dès le départ, Ruben est très clair au sujet de Durex : «raciste, sexiste, homophobe, antisémite, il a tout pour plaire, mais pourtant, c’est mon ami d’enfance.» C’est bien pratique ça. Parce que du coup, tout est permis. Des Arabes voleurs de claquettes Adidas et de VTT, «tu es Juif et tu ne sais pas conduire une Porsche ?» en passant par «tu as un regard de femme, les meufs comme Nora, elles cherchent la violence».

Affiche Gangsterdam réduite

Comme c’est un film pour djeun'z, le trio star est pétophile. Mais on est bien loin de «la mouche qui pète». À retenir de leur passion prouts, cette réflexion de Durex sur le «fameux secret du petit pet silencieux des femmes.» Les filles naissent dans les roses, ont la flatulence discrète, ne défèquent que sur un malentendu et Maman est vierge. Vous en voulez de l’idée reçue ? Vous allez en bouffer. Sachez qu’à Amsterdam, il y a des vélos, des putes dans les vitrines, de la weed dans les coffee shops et des gangsters dans les nightclubs. Il y a aussi Ulysse (Hubert Koundé), le Noir dealer qui a l’air méchant mais s’avérera en fait gentil à la fin. À peine un pied posé à 'Dam, Nora, Ruben et Durex s’enfument en terrasse et taquinent Ruben sur sa première fois avec une pute qui «avait la gastro et lui a vomi sur la bite.» 

Obsession fellation
Si la bite est omniprésente, les auteurs Romain Lévy, Rémy Four, Mathieu Oullion et Julien War semblent aussi faire une petite fixette sur la fellation. Ça commence par Ruben qui accuse Durex d’être amoureux de lui. Ah, cette bonne vielle blague du mec qui kiffe son BFF mais ne se l’avoue pas ! Et Ruben de punchliner : «t’as envie de sucer ton pote et tu sais pas si c’est un choix de gay ou une pulsion de vacances ?». Car comme tout le monde le sait, on choisit d’être gay comme on choisit d’aller se faire dépuceler en Espagne par une prostituée.

Ça continue à l’étage d’une péniche quand June (Mona Walravens), la copine d'Ulysse, raconte à Ruben qu’elle a couché avec «beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup» d’hommes dans sa vie avant de lui sauter sur la braguette. «Tu veux que je te suce ?» Ruben résume en redescendant : «j’ai été attaqué par une pute, on a essayé de me sucer de force». Ces prostituées qui tentent de violer ces pauvres hommes inoffensifs… Projection ? Fantasme ? Les auteurs, allô ? Ça finit par une confrontation entre Caspar le-vrai-méchant et son bras droit versus Nora, Ruben, Durex et Ulysse. Ce dernier a bien envie de buter ses ennemis parce qu’il refuse de passer sa vie à regarder par-dessus son épaule. Et là, Durex a une épiphanie. «Si on lui disait de sucer son pote comme ça on est peinard ?!». L’idée : forcer Caspar à prendre son sbire en bouche, filmer, et se servir de la vidéo comme moyen de pression. Malin, nan ? Nora, Ruben, Ulysse, Durex, tout le monde est mort de rire. Parce que forcer des gens, surtout des méchants, à commettre des actes sexuels non consentis, c’est LOL. Et «merci qui ? Merci Jackie et Michel !». 

Le viol, lolilol
Le viol, globalement, on trouve ça assez marrant dans la petite troupe d’auteurs octo-testiculaire. Une quarantaine de minutes plus tôt, on avait déjà eu droit à la boutade du viol «cool». Nora, Ruben et Durex planquent devant la péniche d’Ulysse et June pour récupérer leur paquet perdu. Trop de bol, pile au moment où June se dépoile et montre ses seins à travers la seule lucarne dans leur champ de vision. 

Avant de passer à l’abordage, une question turlupine Durex. «Juste un truc, on est d’accord qu’on ne la viole pas ?», «non, on la viole pas», réplique Ruben. Mais Durex insiste. «Je te parlais de viol cool, pas de viol triste où ça porte plainte». Réponse : «j’avais bien compris de quel type de viol tu parles». Ah bon ? Parce que nous, on n’a pas bien compris. Peut-être les scénaristes pourraient-ils nous éclairer ? On parle du viol cool commis par un proche, comme dans 94% des cas ? Ou plutôt du viol cool qui touche 60% de mineur(e)s ? Sinon, Durex peut se rassurer, le viol triste, c’est plutôt rare puisque seule une victime sur dix porte plainte et seule une plainte sur dix aboutit à une condamnation. Et ça, c’est carrément tordant. Précisons que pendant toute cette scène, Nora reste muette. Elle ne l’ouvre pas davantage quand elle se voit proposée en offrande à un gamin de 18 ans par un contact turc, qui tente d’infiltrer la fine équipe chez le caïd du coin. Le «Jeune» est-il vraiment friand de tout ça ? Ou les scénaristes se sont-ils juste fait plaiz' en prétextant s’adresser à des adultes en devenir ? 

TELLE MÈRE, TELLE FILLE, UN PAPA, UNE MAMAN
Avec Telle mère, telle fille, on sort du registre graveleux pour s’élever un peu. Mais sur le fond, pas tant que ça. Le film réalisé par Noémie Saglio (Connasse) et co-écrit avec Agathe Pastorino semble cibler la trentenaire parisienne et sa famille bien sous tous rapports. Il raconte l’histoire de Mado (Juliette Binoche), adulescente insouciante et irresponsable de 47 ans, qui vit aux crochets de sa fille de 30 ans Avril (Camille Cottin) et de son beau-fils Louis (Michaël Dichter). Mais voilà, mère et filles tombent enceinte en même temps, sonnant ainsi la fin de la fusion pathologique.

Quand Mado apprend que sa fille attend un bébé, elle a peur de se faire remplacer. «Quand je pense à quel point je me suis sacrifiée pour elle !» Tellement peur qu’elle finit par recoucher avec son ex Marc (Lambert Wilson), qui est aussi le père d’Avril. Avril aussi réagit mal quand elle apprend la grossesse de sa mère. «Ça me dégoûte. Tu pouvais pas mettre une capote ?» Là, on se dit que c’est intéressant, que le film prône le plaisir, le safe sex sans obligation de procréation. On se trompe. La Avril a vite fait de culpabiliser sa génitrice en insistant bien sur le fait que sa grossesse à elle est acceptable parce qu’elle a «un appart', un mec et un boulot.» Shame on you futures mères célibataires SDF et sponsorisées par Pôle Emploi.

Affiche Telle mère telle fille réduite

Bien que le père d’Avril ait fui ses responsabilités, sa rejetonne conçoit très bien que ce brillant grand chef d’orchestre ait privilégié sa carrière. «Papa, je comprends que ton métier prenne toute la place.» En revanche, elle fait preuve de moins d’indulgence envers sa mère. «Tu imagines maman mère ? C’est quand même une sacrée pute.» Pute parce qu’elle est enceinte ? Pute parce qu’elle a une sexualité à 47 ans ? Ah non, pute juste parce que c’est marrant, pardon. Et quand celle-ci lui confie «j’aurais pu travailler si on m’avait laissée», elle la calme direct : «mais tu étais enceinte !». Entre famille et carrière, faites votre choix mesdames, on ne vous jugera pas.

On retrouve plus tard la mère et la fille en rendez-vous commun chez le gynéco (qui a déjà fait ça ?!). Après avoir sermonné Mado («Vous avez bien réfléchi ? Parce que quand même, à votre âge…»), le médecin lui prescrit une pilule abortive, sans jamais la nommer. Grâce au comprimé magique, «dans deux jours, l’affaire est réglée.» Les chanceuses qui ont expérimenté la RU486 rigoleront bien…

À peine sortie du cabinet, Mado décide de prendre le cachet. Mais il est trop gros et elle n’arrive pas à l’avaler. Mince alors. Du coup, elle décide de garder le bébé. C’est crédible. Et comme elle a 8 ans dans sa tête, elle va mentir à Avril et Louis et prétendre qu’elle a bien interrompu sa grossesse. Ainsi, lorsque sa fille s’enquiert «ça va ? Tu te sens comment ?», «amputée» qu’elle répond la Mado. Amputée «d’un minuscule petit être humain». Avant d’ajouter «je vais me coucher, entre nous, ça m’a épuisé cet infanticide». Une IVG (médicamenteuse) serait donc un meurtre. Sachant que le film ne propose pas de contrepoint, personne pour dire «mais non, c’est un droit, c’est ton choix, ce n’est pas un assassinat blablabla», merci la pub gratuite pour La Manif Pour Tous. 

Des femmes «hystériques»
Bien que les femmes tiennent des rôles centraux, elles sont dépeintes sous un jour peu gratifiant. Entre Mado qui zone accoutrée d’un tee-shirt Iron Maiden, du caleçon de son beau-fils et de sa French manucure paillettes, chevauche son scoot rose couvert de stickers et mange des Chocapic, la mère de Louis (Catherine Jacob), psychologiquement instable et étouffante, Avril, frustrée de la vie, et sa boss abusive Cécile (Olivia Côte), le tableau fait flipper. D’ailleurs, Louis le fait bien remarquer : «j’en peux plus de vivre avec des folles égoïstes et hystériques !». Est-il possible, un jour, éventuellement, d’envisager une comédie avec des meufs, sans que l’une d’entre elles se fasse traiter d’hystérique ?

Arrive alors le climax. Mado et Avril sont séparées pour la première fois de leur vie. La mère vit chez sa fille et la fille chez ses beaux-parents. C’est là qu’Avril se rebelle. Au resto, elle avoue à son père : «je suis coincée du cul. Je fais jamais rien de fou. J’ai l’impression d’être sous cloche». Pour s’émanciper, elle va faire un «truc de malade mental». Deux, même. Primo, elle va toquer à-pas-d’heure chez son odieuse patronne. Remontée comme un coucou, elle vide son sac devant sa cheffe interdite mais s’arrête net quand elle voit apparaître sur le seuil une «petite fille super mignonne», un «petit garçon parfait» et son «copain canon». Ben oui, comment s’attaquer à une femme qui a une famille idéale ? Seconde phase de maboule, Avril crie dans une voiture décapotable. Si c’est pas de l’empowerment, ça ! Enfin, elle est libre et peut maintenant démissionner de son taf, envoyer bouler Louis et belle-maman à coups de «bite, couille, sodomie». 

Un éloge de la famille traditionnelle
De son côté, Mado va passer une échographie. Surprise, c’est un garçon. «Il va être complétement pédé, ça fait six mois que je lui parle comme à une fille !» Elle se ravise devant la mine déconfite du gynéco : «ah pardon, vous êtes homo ? Ah super ! Cool ! Bravo !». Bravo les homosexuels d’être homosexuels ! Malgré tout ce que vous vous prenez dans la tronche, vous résistez ! On devrait vous décorer.

Folle de joie, Mado écrit sur l’échographie qu’elle glisse sous la porte de Marc «c’est un p’tit mec, le choix du roi, on déchire» (bienvenue en Chine). Et à l’issue de son cours de préparation en piscine, elle glisse à ses copines que l’accouchement, «c’était le plus beau jour de (sa) vie». On a eu peur mais toutébienkifinibien, et mère et fille se réconcilient. Mado donne un bain à son enfant de 30 ans, lui caresse son ventre rebondi d’une éponge (freaky) avant de s’endormir en cuiller avec elle. 

Enfin, arrive le jour J pour Avril. Et ça se passe crème. Elle accouche sans cri, sans souillure, sans sueur. En plein travail, seules deux petites expirations appuyées l’empêchent de galocher son gynéco, dont l’odeur la rend folle (ah, les hormones). Mado et Marc sont à nouveau ensemble (on ne va pas finir une comédie par une mère célibataire de 47 balais) et Louis débarque à la maternité. Tout ça «lui a donné envie de faire le tour du monde» avec sa chérie et leur enfant. The End. On croit que c’est fini, mais apparaît sur grand écran cette phrase ultime qui donne la désagréable impression d’avoir vu une œuvre de Sens Commun : «ce film est dédié à toutes les mères et toutes les filles». De quoi nous pousser à faire vœu de fidélité éternelle à Netflix. Et à finalement aller voter.

++ À Bras Ouverts, en salle depuis le 5 avril dernier. Gangsterdam, en salle depuis le 7 mars. Telle mère, telle fille, en salle depuis le 29 mars.