Le Truskel. Sur l’échelle de la crasse : 0/5

 

Recommandation. Uniquement pour se mettre en bouche, donc vers 2h.  

 

Le bon état d’esprit. Allez-y déprimé, vos questions existentielles chargées sur le dos, saoulé par la vie, tout ça tout ça. Car en mal de reconnaissance et d’estime personnelle, la méchanceté gratuite et la moquerie sont les seules prescriptions valables, et le Truskel le seul remède. Ici, les gens sont drôles, malgré eux, et dérideront les plus lugubres personnes.

 

Ambiance. Pour qui aime l’ambiance pub, ça peut passer. Mais le niveau de crasse qu’une bonne âme nous avait assuré n’est visible nulle part. Les gens sont propres et mignonets. Dans la salle du fond, un pseudo DJ passe du son commercial, sans parvenir à faire monter le second degré aux oreilles. Sans oublier les éternels rayons lumineux verts qui balaient la salle. Tout se passe en bas, dans le fumoir. Odeur de clopes froides, brouillard de fumée pour le décor et autochtones très accueillants. En fait, sans le savoir, ce sont eux qui font l’ambiance.

 

Particularité. Ces petits qui portent fiers le duvet au-dessus de la lèvre et ces filles qui fument leur clope comme si c’était l’acte de rébellion suprême valent à eux seuls un détour par le Truskel. Ils assurent l’animation. Ainsi Pierre, pour draguer, demande aux filles si elles sont à la fac, ce qui donne une idée de la moyenne d’âge. En licence, il s’engage dans une discussion vaseuse sur son parcours scolaire, les lycées « très chauds » - dans le 16ème et le 9ème - où il est allé. Bon. Et puis bien sûr, Pierre est en Lettres modernes, mais veut faire du... cinéma. « Ouais j’ai fait trois courts, mais c’est hard hein. C’est vraiment hard hein » annonce-t-il avec un regard appuyé, il n’en dira pas plus.

 

A retenir (ou pas). On le répète : c’est très, très, très jeune, mais sinon les verres ne sont pas chers.

 

Le Truskel.

Adresse : 12 Rue Feydeau, 75002 - 01 40 26 57 42.

3,50€ le demi, 2,50€ le shot puis 3,50 après minuit.

Ouvert tous les jours de 20h à 5h.

www.myspace.com/truskel_paris

 


La Serena. Sur l’échelle de la crasse : 2/5

 

Recommandation. D’après le videur, mieux vaut venir le samedi soir pour croiser plus de monde.  

 

Le bon état d’esprit. Vous vous sentez latin lover de pacotille ce soir ? Vous hésitez entre une ambiance de clip de zouk au rabais genre Thierry Cham ou de Santana, le Serena a le potentiel, mais ne l’exploite pas pleinement. Quel dommage.

 

Ambiance. “Un vrai truc de ouf style pur clip de R&B”* ? Non, pas vraiment. Grande salle, lumière rouge tamisée assortie aux poufs en cuir, bar en lambris. Sur une musique qui rappelle Orishas on voit des cagoles façon Châtelet-Les Halles se déhancher sans grande conviction avec des mecs qui ont sorti leurs plus belles chaînes en or qui brillent. Ce qui effraie c’est que pour eux l’endroit n’a pas l’air d’un pis-aller mais bien « ze place » où emmener bobonne le vendredi soir. Et le groupe de 10 personnes vers le bar a l’air de sortir d’un car de touristes, battant le rythme timidement sur la cuisse. Tout ça est un peu tristounet. Il en faut peu pour être heureux.

 

Particularité. 20 personnes à tout casser dans la salle. A 4h un vendredi soir, ça nous laisse coi. Faut croire que les couleurs chaudes de la déco n’ont pas eu l’effet escompté. Le videur est serviable, “Donne ton numéro et je te préviens quand les gens rappliquent demain”...

 

A retenir (ou pas). Ne pas se fier à l’air mal-aimable de la (jolie) barmaid. Elle se déride vite et offre des shots.

 

La Serena.

Adresse : 92 rue de Richelieu, 75002 - 01 42 96 11 17.

5€ le shot, 10€ les trois.

Ouvert du lundi au jeudi de 23h à 2h et les vendredis et samedis de 23h à 5h.  

 

 

Chez Carmen. Sur l’échelle de la crasse : 5/5

 

Recommandation. Ne pas y aller avant 3h, à moins de vouloir entamer une conversation en tête-à-tête avec le videur nauséabond. Au sens littéral du terme.

 

Etat d’esprit. La réputation de ce bouge demande de se préparer respectueusement et sérieusement avant d’y aller. Le pré-requis indispensable : se chauffer le gosier dans d’autres débits de boissons pour avoir la tête dans le brouillard.

 

Ambiance. De l’extérieur, rien n’indique un bar si ce n’est le gros panneau lumineux “Chez Carmen”. La devanture avec ses petits carreaux fait plutôt penser à un restaurant du terroir. Mais à l’intérieur, pas de choucroutes ou pot-au-feu, plutôt des croque-monsieur hors de prix. L’ange qui ouvre la porte est un homme tout sourire et toutes dents gâtées dehors qui vous gratouille gentiment le menton. Il a l’air louche et en plus il louche. Un peu. Vers 3h, la salle toute petite est presque pleine. Au menu, mecs un peu beaufs, jeunes un peu perdus, vieux complètement libidineux et parfaites épaves, surtout de sexe féminin. Le tout agrémenté de sons sortis du juke box : Dalida - artiste indispensable à tout bar glauque qui se respecte - Nadiya, Emile et Image. Et ça marche, on danse. Mam’ Carmen veille au grain derrière son bar. Plutôt sympathique, bien que radine notoire, on n’a pas le courage de lui dire que la moitié de son arrière-train lui sort du pantalon.

 

Particularité. Attention, attention... au videur. Le monsieur est des plus tactile, pinçage de joues avec ses mains grasses, de nez et à l’occasion de fesses, surtout celles des garçons. Monsieur est gentil, à sa manière. Sinon, le fumoir ressemble certains soirs à un coupe gorge. Regards sans expression(et) que l’on assimile donc en toute logique à celui d’un sociopathe, mains calleuses qui enchaînent les clopes et aucune représentante de la gent féminine. 

 

A retenir. Les consos sont vraiment chères et le videur pue, au risque de se répéter. C’est LA seule information à ne pas oublier. Après quelques accolades forcées avec le dit bonhomme, vous apprendrez rapidement à vous faufiler dans le bar en dérobant vos rotondités à son affection débordante.

 

Chez Carmen.

Adresse : 153 rue Vivienne, 75002. Tél : 01 42 36 45 41.

6€ le demi, 8€ le cocktail, 7,50€ le croque (peu ragoûtant).

Ouvert du mardi au dimanche de 22h30 à 9h, samedi jusqu'à midi.

 

 

Les Cariatides. Sur l’échelle de la crasse: 2/5.

 

Recommandation. Aucune ou alors une seule : ne pas s’attendre à une ambiance folle.

 

Etat d’esprit. Arrivé(e) aux limites du 2ème arrondissement, les rues sont désertes, le boulevard Sébastopol un peu monotone. Il n’est que 3h pourtant, alors la lumière qui s’échappe des Cariatides dans la nuit opaque rassérène le poivrot du samedi soir.

 

Ambiance. Les gens transpirent l’alcool, titubent, parlent fort et renversent leurs bières dans les sacs des filles dans une triste tentative de drague. Las ! Cela ne suffit pas pour animer un peu l’endroit. L’ambiance n’est pas à la hauteur de nos espérances avinées, mais bon, sympa quand même. Le bar est un peu désert car tout le monde campe dehors. A l’intérieur le barman discute avec tout le monde et exécute ses cocktails visiblement réputés. Dans la salle du bas, c’est encore plus mort malgré quelques irréductibles débraillés qui s’accrochent encore aux derniers sons alors que les lumières ont été rallumées.

 

Particularité. Les toilettes sont dégueulasses. Au mieux vous attendrez 15 minutes, le temps que deux garçons prennent leurs aises dans le seul cabinet disponible. Au pire, une personne peu attentionnée se soulagera contre le mur menaçant d’inondation vos chaussures.

 

A retenir. Pour y aller, porter le pull jacquard de mamie ou autre petite horreur, histoire de s’en débarrasser sans mauvaise conscience. Bière, pisse et autres liquides ont des trajectoires bien trop incontrôlables dans ce bar pour porter autre chose. 

 

Les Cariatides.

Adresse : 3 Rue de Palestro, 75002. Tel : 01 42 36 19 72.

4,50€ le demi le soir.

Ouvert du lundi au vendredi de 18h à 4h officiellement mais plutôt 5h. Le dimanche de 18h à 2h.

http://www.lescariatides.com/

 

 

Le Banana Café. Sur l’échelle de la crasse : 3,5/5.

 

Recommandation. Uniquement si on se retrouve fortuitement dans le quartier et que logiquement on ne sait pas où aller.

 

Etat d’esprit. Etre fan de Catherine Lara et Muriel Robin, car d’après le site ce sont les deux marraines “de choix” du Banana Café. Chouette ! Se préparer à tout et s’y rendre tard, en fin de nuit.     

  

Ambiance. On quitte un peu le 2ème mais au fond, on ne va pas très loin, il suffit de descendre la rue Montmartre et de s’enfoncer dans les Halles. Ici kitsch et mauvais goût règnent en maîtres. Ça commence dès l’entrée avec un faux bananier illuminé en guise d’enseigne. Un petit coup d’œil à gauche, puis à droite pour constater que la clientèle est avant tout constituée de provinciaux et de filles à tops Morgan blancs/moulants/dos nus, le tout agrémenté d’une queue de cheval façon palmier. Une coiffure sans doute en hommage à la déco tropicale des lieux... Sur deux étages, le bar est exigu mais les gens assez survoltés, ça danse sur de la musique techno. Mauvaise la musique hein évidemment.

 

Particularité. A part la déco qui laisse perplexe, on notera la présence de gogo-dancers. Avis aux adeptes, vous aurez tout loisir de les voir agiter leurs petites fesses musclées et huilées sur les tables et le comptoir. Le lieu a visiblement sa réputation dans le milieu gay parisien, on y croise drag queens et transsexuels.

 

A retenir (ou pas). Les filles ressemblent à Cindy Sanders et les garçons à des mannequins de chez Jules (non ceci n’est pas un compliment).

 

Le Banana Café.

Adresse : 13-15, Rue de la Ferronnerie, 75001. Tél : 01 42 33 35 31.

3,50€ le demi, 2,50€ le shot puis 3,50 après minuit.

www.bananacafeparis.com

 

 

A retenir aussi :

* En panne de clope avant d’aller Chez Carmen ? Le Bar Tabac Athéna est là. Le barman - un peu kéké - est accueillant et une petite surprise vous y attend. Pour la découvrir y aller peu avant la fermeture.

L’Athéna Bar

Adresse : 16 rue Saint-Marc, 75002. Tel : 06 20 72 15 62

www.athenabar.fr

 

* Sinon pour les couples, après le Carmen il y a aussi Le Nautilus “Club échangiste et libertin”. Mais les filles ne peuvent y rentrer qu’en jupe...

Le Nautilus

Adresse : 18, rue Feydeau, 75002. Tel: 01 40 41 98 58.                              

www.lenautilus.net

 

* Et pour les plus classiques : Le Tambour. Ce resto sert des plats bien franchouillards et a une terrasse chauffée. Tout est très cher - autour de 20€ le plat- mieux vaut se partager une assiette de frites, à 8€ quand même. Mais ça sauve au milieu de la nuit froide, quand le ventre crie famine. Sachant que les kebabs rue Montmartre, ça n’existe pas.

Le Tambour

Adresse: 41 Rue Montmartre, 75002 Paris. Tel : 01 42 33 06 90. Ouvert jusqu’à 3h30.

 

 

*La Belle et le Bad Boy, MC Solaar

 

 

Ozal Emier // Illustration: Jonathan Monot // Merci à Manon Malméjean.