Tels des Gremlins assoiffés après les douze coups de minuit, les « fils et filles de » se reproduisent plus vite que leur ombre. Pourtant, à les écouter parler, ils ont "grave galérer pour en arriver là car papa ne voulait que je suive sa trace, il pensait que ça me ferait trop de mal". Les "fils et filles de" arborent, à l'instar des 7 nains (ou des 7 familles) 7 visages différents. Brain fait une plongée en eaux troubles dans la grande famille du showbiz français afin de faire un petit tour d'horizon non exhaustif de ces profiteurs de la France d'en haut.

 

 

 

La "fille de" victime de l'emprise des stupéfiants : Laura Smet

 



Comment ne pas évoquer le cas de Laura Smet ? Elle, qui avait pourtant fait des débuts très prometteurs en tant qu'actrice dans Les Corps Impatients il y a dix ans déjà, semble désormais être abonnée au 115, aux rehabs, aux attentats à la pudeur et aux cheveux gras. A sa décharge,  avec un papa comme Johnny ça devait être tous les jours Noël, niveau poudre, à la casa. Dur dur donc de savoir se délester de sa petite cuillère (de fix) en argent. On lui souhaite néanmoins un prompt rétablissement.

Spéciale cacedédi à Guillaume Depardieu qui nous a quittés bien trop tôt, victime de Gégé la saumure, mais aussi et surtout de l'alcool et de la drogue qui l'ont entrainé dans le tourbillon de la loose, en lui coutant, in fine, la vie et une jambe au préalable.

Une pensée également pour Julie, sa sœur, qui n'a jamais paru très sereine et qui, au vu de ses récentes déclarations, ne semble pas sortie d'affaire en ce qui concerne la dope.

 


"Le fils de" qui se cherche (encore plus que les autres) : Nicolas Bedos

 



Auteur/scénariste/chroniqueur téloose/comédien/ "beau gosse" préposé aux établissements de la nuit Parisienne/ ami de Mélanie Laurent (ce seul méfait suffirait à un cloutage au pilori en bonne et due forme) Nicolas Bedos est le "fils de" par excellence. Mais ne soyons pas mauvaise langue. S'il a commencé sa carrière comme lecteur et conseiller artistique à Canal +, auprès d’Alain de Greef puis comme auteur de divers programmes à l'âge tendre de 18 ans, c'est uniquement à la force du poignet.

Aujourd'hui, Nico évoque des rapports difficiles avec son père et son envie de se démarquer de ce dernier. Mais à l'instar de Françoise Hardy, Nico "veut mais ne peut pas". Il se cherche tellement qu'il se perd et nous saoule, à défaut de se saouler lui même. On se souvient en effet  d’une interview "sans concession" qu'il avait livrée  l'année dernière et dans laquelle il disait " écrire pour ne pas boire". Après le très classieux " pleure tu pisseras moins" à quand le " bois tu jacteras moins" ?


"Le fils et la fille de" qui constituent une fratrie bien plus flippante que les Groseille : Izia et Arthur H.


Izia et Arthur H sont les doux rejetons de Jacques Higelin, troubadour professionnel et écorché vif de service de la chanson française depuis mille décennies.
Si Arthur H s'est depuis quelques années fait un trou dans le puits sans fond  de la variété française, la petite Izia a fait son apparition sur la place publique plus récemment. Mais attention, elle n'a pas bénéficié des réseaux de son père, c'est d’ailleurs lui même qui l'a affirmé, papa lui aurait juste conseillé un avocat pour "défendre ses jeunes intérêts". Ainsi , le fait que son tourneur soit également le producteur de Jacques Higelin et par ailleurs le directeur du Printemps de Bourges, n'est que pure coïncidence. Comme quoi, on peut être de gauche et bosseuse ! Bien lui en a pris, elle a remporté deux victoires de la musique, la consécration ultime pour toute rockeuse de diamants qui se respecte.

Avec pour héritage la voix éraillée de papa, sa gouaillerie, ses envolées lyriques douteuses et sa « putain » de rébellion face à ce « monde consumériste de merde », Izia et Arthur symbolisent à eux deux le fameux " son pop rock" hexagonal.

 


"Le fils et filles de" de Serge Gainsbourg, ou assimilés

En Gaule, la famille Gainsbourg est synonyme de famille royale. Aussi si l’un des mouflets issus de Serge ou de Jane, ou des deux, se prend d’une envie irrémédiable de jouer la comédie/d’être chanteur/auteur/compositeur/pilleur de l’œuvre de papa, il est accueilli les bras ouverts par les professionnels de la profession qui voient en eux des êtres aussi singuliers que leurs aïeux. Evidemment, les rejetons Gainsbourg partagent tous  cette envie profonde et sincère de s’émanciper de ce poids « si lourd à gérer au quotidien ». Si on connaît désormais bien Charlotte et son œuvre tant cinématographique que musicale, plutôt bonne d’ailleurs, on reste encore circonspect devant l’éventuel talent de comédienne de sa sœur Lou (même si on l’a trouvée très douée en tant qu’égérie de La Redoute). Heureusement pour elle Etienne Daho, un intime de la famille, lui concocte un album, sans doute séduit par ce beau brin de femme, à la fois forte et fragile.

Quant à Lulu, nous nous contenterons de synthétiser en constatant que de sa filiation avec Serge Gainsbourg, il a hérité tout le talent de sa mère Bambou (cf. son album « hommage », comprendre « sacrifice », à son père, From Gainsbourg to Lulu, qui ne l’a pourtant pas empêché de faire la couv d’environ 457 magazines).

 


"Les fils et filles de" teintés de mystère

 

 

Louis Garrel est une figure mythique du Paris germanopratin, c’est à dire du cinéma Français, c’est à dire de la France. Louis est aussi le fils de Philippe Garrel et le petit fils de Maurice Garrel. Il a donc  tout naturellement fait ses débuts à l’âge tendre de cinq ans dans un film de Papounet. La suite est connue, il est depuis devenu un ersatz de Jean Pierre Léaud chez Christophe Honoré où il adopte régulièrement un air à la fois mutin et énigmatique (c’est un acteur indé). Il appréciait par ailleurs les déjeuners dominicaux à l’Elysée, parce que  la famille c’est ce qu’il y a de plus important.


Eva Green est quant à elle, un peu la belle gosse à la vibe mortifère du cinéma français, ou le pendant bonnasse d’Helena Bonham Carter. Pas étonnant qu’elle soit donc au casting de Dark Shadows de Tim Burton. A sa décharge, ça devait pas être facile tous les soirs d’être la fille de Marlène Jobert. Imaginez un peu vous entendre lire chaque soir par maman avant d’aller vous coucher des histoires du type « Maman a engagé une  sorcière » ou encore  « Panique chez les sorcières ». Ça donne effectivement envie de tirer la tronche et d’écouter Dead Can Dance.

 


"Les filles de"  au physique pas évident :

 

 

L’existence même de cette catégorie suffit à accréditer la thèse qui stipule que les "fils de" disposent de passe-droits inenvisageables pour le commun des mortels. Est-il en effet possible d’imaginer qu’une jeune comédienne en surpoids (et issue de parents inconnus- quelle idiotie!) puisse tenir le premier rôle d’un film et porter toute sa promotion sur ses épaules à l’instar de Marilou Berry avec Vilaine en 2008 ? (qui, oh surprise, a débuté sa « carrière » dans le un film de sa mère, Josiane Balasko,  Ma Vie est un Enfer ?) Pas vraiment… Marilou  tient dorénavant un rôle à part entière  dans le cinéma français : elle a la lourde tâche d’incarner le quota «  ronde d’apparence ».


Passons au cas de The Rocky Aurore Picture Show - c’est son nom de code dans le métier. Aurore Auteuil se situe en effet physiquement à mi-chemin entre Winslow Leach et Daniel Auteuil (son père). Hasard ou coïncidence, sur la poignée de films dans lesquels elle a joué, la moitié compte son géniteur au générique… Malheureusement, Aurore se fait de plus en plus rare sur les écrans… Parfois, le patronyme ne suffit pas, le talent et/ou le physique peuvent également aider.

 


Les "fils et filles de" légende

 

 

Sarah Biasini aurait en toute logique pu figurer dans la catégorie précédente tant la loterie de l’ADN a été terriblement cruelle avec elle… La jeune femme ne dispose pas exactement des mêmes gènes que sa mère Romy Schneider, ni de la même carrière d’ailleurs. Quand cette dernière nous émouvait chez Jacques Deray, Visconti ou Claude Sautet, Sarah s’illustre dans moult téléfilms et autres courts métrages. Dur.


Y'aurait-il une malédiction jetée sur les rejetons de légende ? Il semblerait bien que oui tant la descendance de l’ex de Romy, Alain Delon, semble elle aussi galérer dans les méandres du show biz. Le plus grand fait d’arme d’Anthony ? S’être tapé Steph de Monac’. Sans oublier sa prestation bouleversante dans Un été de canicule.


La relève sera peut être assurée par sa petite sœur Anouchka ?  Magistrale sur les planches aux côtés… d’Alain, elle s’illustre aussi régulièrement dans les gradins de Roland Garros, comme un clin d’œil un peu rebelle au rival de toujours de son père : Jean-Paul Belmondo. On lui prédit en tout cas une belle carrière en deuxième partie de soirée sur W9.

 


Sarah Dahan // Illustrations : Stephane Haiun.