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Stéphane Bourgoin - “Les tueurs en série sont plus basiques qu'on le croit”

Samedi 26 mai 2018

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Difficile de coincer Stéphane Bourgoin. « J'ai compté, j'ai fait 84 plateaux télé en un mois. Je me lève à 4h45 pour être sur les matinales et je rentre à minuit chez moi pour manger un bout. » En plus, le Parisien de 65 ans écrit, consulte, témoigne... Pourquoi un tel emploi du temps ? Parce que l'homme est un spécialiste rare. Son champ d'expertise : les tueurs en série. Il les rencontre depuis des années. Depuis que l'un d'eux a bouleversé sa vie. Dans son dernier livre, L'homme qui rêvait d'être Dexter (éd. Ring), il étudie le lien entre tueurs en série et flics. Il partage également le récit glaçant et détaillé d'un meurtre par son auteur. On a fini par se dire qu'il valait mieux compter Stéphane Bourgoin parmi ses amis. Juste au cas où. Alors on lui a passé un coup de fil.

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Par Simon


Les dernières nouvelles du futur

Vendredi 25 mai 2018

dernièresnouvellesdufutur

Quoi que vous fassiez, quelle que soit votre obstination à cueillir le jour avec vos oeillères YOLO, vous ne pouvez pas le renier : le futur est à votre porte. On l’a ouverte pour vous, et, bravant les odeurs de crotte qui s'en dégageaient, on vous en a ramené les dernières nouvelles.

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Petit manuel de survie du dimanche

Vendredi 25 mai 2018

Dimanche, il paraît qu'on ne fait rien comme des gros manches. La preuve, même Dieu a pris un RTT pépouze en fin de semaine, c'est dire. Le jour du seigneur et du mariage à Bamako a bonne presse, sauf chez les chantres de la start-up nation, et serait le moment le plus cool dans la vie. Fake news chers amis, le dimanche c'est la journée internationale de la gueule de bois, du repas en famille, du brunch hors de prix, du match de foot des gosses, de la tentative de jogging qui fout des complexes, du blues lorsque revient inexorablement ce bâtard de lundi... Bref un parcours semé d'embûches auquel nous préparent Elodie Font, Klaire fait Grr et Jean-Claude le robot relou sans coeur dans Vivement dimanche, l'épisode 17 du podcast Mycose the night sur Arte Radio.

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Les covers des livres de SF, ou l’art subtil de l'illustration qui titille l'oeil

Vendredi 25 mai 2018

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Un livre, ce n’est pas un paquet de Pépito, on ne va pas mettre un nain avec un sombrero en photo pour le vendre, disait une journaliste de Slate pour expliquer pourquoi les couvertures des bouquins français étaient si sobres (les Américains ont un rapport plus décomplexé à l'édition). Pour paraphraser : la littérature c’est du sérieux, ça la foutrait mal de mettre des meufs à poils ou des images gores nimbées de ketchup sur le nouveau Gallimard pour titiller les paires d'yeux blasés. Cette règle souffre néanmoins de quelques exceptions. Les genres moins biens considérés, voire un peu méprisés, sont généralement dotés d’images plus accrocheuses : la chick lit, le fantastique, et bien sûr la science-fiction. Comme le démontre avec brio un petit essai vidéo (ci-dessous), cette licence a permis une grande créativité aux éditeurs et aux dessinateurs à travers les années. Son narrateur suit l’évolution de cette forme d’art méconnue (et injustement déconsidérée) depuis les grandes heures du magazine de SF illustré Amazing Stories au début du XXème siècle jusqu’aux expérimentations modernistes de la maison d’édition Penguin dans les 60's. Une avalanche d’imaginaire rétro-futuriste, de créatures cheloues et de merveilleuses bizarreries se contemple ici :

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Le vrai héros de mai 68, c'est Aguigui Mouna

Vendredi 25 mai 2018

aguigui2Il aura suffi d'un cri pour que la vie d'André Dupont change du tout au tout. Dans les années 50, cet ancien garçon de ferme ressorti anti-militariste et communiste convaincu de la Guerre Mondiale est monté à Paris pour devenir patron d'un resto avec son frère. Un jour, submergé par l'absurdité de la vie, il hurle "Aguigui Mouna !" Ça ne veut rien dire, comme l'existence, et il décide d'en faire son nouveau nom. "Ensuite, j'ai commencé à me déguiser, à mettre un hareng-saur dans une cage à la vitrine de mon restaurant... la mutation quoi." explique-t-il, comme l'a rapporté l'écrivain Jacques Danois. Il fait faillite, se fait quitter par sa femme, lasse de ses blagues, et se lance dans une carrière d'amuseur public. Béret sur la tête, barbe fournie, sorte d'abbé Pierre version dadaïste, il se proclame président du congrès mondial des cosmonautes du subsconscient, reste perché 16 heures en haut d'un platane à Golfe-Juan, porte une demi-moustache pour dénoncer le nucléaire, mets des fleurs dans sa barbe bien avant que les hipsters n'en fassent une mode, porte un réveil autour du coup à la Flavor Flav, écrit sur le bitume à la craie blanche "Je Craie", publie un journal anti-robot et demande même à Albert Einstein de devenir membre du club des aguiguistes, dont le but est d'apporter la joie et de retrouver la spontanéité de l'enfance. Et le scientifique allemand accepte ! Anarchiste, anti-capitaliste et roi de l'aburde : Mouna, ce génie aux pieds nus devient une figure du Quartier Latin. 
Capture d’écran 2018-05-25 à 12.47.58En mai 68, il s'interpose entre CRS et étudiants pour leur distribuer des fleurs. Incompris, il se fera jeter par les manifestants. On l'accuse de faire le jeu de la bourgeoisie et certains le soupçonnent même d'être un indic' qui rode dans les cortèges. Daniel Cohn-Bendit, qu'on appelait alors Danny le rouge sans se douter qu'un jour il se rallierait sans vergogne à la start-up nation, le prend pour un bouffon dépassé et l'empêche de prendre la parole dans un amphithéâtre de la Sorbonne en lui gueulant "Folklore !" Sillonant les rues avec son triporteur, il ne se laisse pas abattre et continue d'haranguer les foules pour dénoncer la société de consommation, la bagnole, les guerres et l'atome. Il se présente aux législatives et rejoint le MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) fondé par Pierre Dac. Son slogan : « Les temps sont durs, soyez MOU ! » Rien à faire, il est battu dans les scrutins et les étudiants parisiens le traitent d'amuseur débilissime. En hommage à ces critiques, 10 ans plus tard, en 1978, il se fait sacrer Empreur débilissime Aguigui 1er dans un amphi de Jussieu au milieu d'un public muni de nez rouge. Chien de Tolbiac, commission patate et brocolis : quand on voit les nouvelles méthodes surréalistes du mouvement étudiant aujourd'hui, on se dit qu'Aguigui Mouna, disparu en 1999, était foutrement en avance sur son temps. Et pour finir de vous en convaincre et faire infuser en vous un peu de philosophie aguiguiste, on vous laisse avec une partie du documentaire Ecoutez Mouna de Bernard Baissat, daté de 1989.

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