Copier. Coller.


Le Tinder des années 20

Vendredi 23 juin 2017

tinder

Faire du dirty talk par téléphone interposé avec de parfaits inconnus qu'on n'oserait jamais aborder dans la vrai vie ? C'était possible un siècle avant Tinder déjà. En 1908, Paul Baatz inaugure le casino Residenz à Berlin, dans la Blumenstraße 10 (au nord du quartier de Friedrichshain, non loin d'Alexanderplatz). À la fin de la guerre, cet entrepreneur a l'idée géniale de numéroter chaque table, d'y faire installer un téléphone (200 en tout) et d'équiper la salle d'un système de tubes pneumatiques. Chaque client peut ainsi lorgner discrètement sur son crush, repérer le numéro de sa table et lui passer un appel ou lui envoyer un petit mot manuscrit salace. Afin que le divertissement soit total, Baatz innove également avec un impressionnant spectacle de fontaines lumineuses sur scène qui s'animent au gré de la musique jouée par l'orchestre maison. Le bâtiment est détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale, et le "Resi" déménage à l'Ouest, au 32-38 de la Hasenheide, dans un local encore plus grand, avec encore plus de tables, encore plus de téléphones, encore plus de démesure dans les jeux d'eau et un immense bassin lumineux. Le délire est total. La popularité de l'endroit décroît peu à peu au fil des années 60 ; les gamins veulent danser sur du rock et les salles de bal tombent lentement en désuétude ; le Resi fermera ses portes en 1978, criblé de dettes, et sera détruit encore la même année. Aujourd'hui s'y trouve un Lidl.

Le Ballhaus Berlin s'était aussi équipé de téléphones sur ce modèle, ils y sont toujours — voir ici. Les sentimentaux peuvent parrainer un téléphone miraculeusement sauvé du Resi et soutenir ainsi la belle et absurde collection du Museum der Dinge ("Musée des trucs").

Capture d’écran 2017-06-23 à 08.55.41

tinder3_1

(Source, source)

0


Enfin : une nouvelle comédie romantique avec J.Lo

Vendredi 23 juin 2017

jlo0

14 ans déjà que vous avez vibré devant la bouleversante histoire d'amour entre Marisa, petite employée modèle dans un grand hôtel new-yorkais, et le le riche et beau et riche et puissant et riche Chris. 14 ans que Coup de foudre à Manhattan demeure indéboulonnable en tête de vos plus grands chocs cinématographiques, et que tout le reste vous semble fade, si fade. Vous serez donc heureux d'apprendre que Jennifer Lopez s'apprête à revenir à ce qu'elle sait faire de mieux : la comédie romantique. L'oeuvre réalisée par Peter Segal (Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ?, La Famille Foldingue, Max la Menace), sera intitulée Second Act et racontera l'histoire d'«une employée de grande surface qui réinvente sa vie et saisit l'opportunité de prouver à Madison Avenue que l'intelligence de la rue a autant de valeur qu'un diplôme d'université». Les mots nous manquent pour exprimer notre hâte.

(Source)

1

Party like it's 1990 à Saint-Pétersbourg

Jeudi 22 juin 2017

rave1

Des teufeurs au Planetarium (photo Igor Bystriy)

Dans la deuxième moitié des années 80, la perestroïka rend poreuses les frontières de l'URSS, et parmi la jeune génération soviétique, de plus en plus nombreux sont ceux qui parviennent à se faufiler à l'Ouest. Artistes et membres de la contre-culture reviennent à Saint-Pétersbourg avec de la rave plein la tête ; Alexei Khaas fait partie d'eux, et il décrit ainsi sa première escapade de l'autre côté du rideau de fer : "En 1988, à Stockholm, je suis allé dans ce club, le Mars, qui se trouvait dans une ancienne station de métro. L'endroit était rempli de travestis. Tout le monde était heureux, j'ai passé la nuit à observer coment le DJ passait des disques et j'ai décidé qu'il fallait absolument qu'on ait un endroit similaire à Saint-Pétersbourg". En 1992, il inaugure donc la première boîte de nuit de la ville, le Tunnel, tandis que des appartements laissés à l'abandon par la municipalité sont investis par des artistes et des musiciens. Le plus connu de ces squats s'appelle Fontanka 145 ; on s'y échange des disques de house et de techno, la drogue circule allègrement, et la teuf n'a plus qu'à battre son plein. Tous les samedis, ces grands espaces miteux accueillent des potes et des potes de potes ; l'entrée ne coûte quasiment rien, mais la politique à la porte est très stricte — il s'agit de rester entre soi pour ne pas éveiller les soupçons du voisinage et de la police. Igor Bistriy et Alexei Khaas ont documenté cette ère en photos ; tuyauteries apparentes et stuc défraîchi à volonté.

rave2

Teufeur au Tunnel (photo Igor Bystriy)

rave3

rave4

Teufeurs au Fontanka 145 (photo Alexei Khaas)

rave5

rave6

Planetarium (photo Alexei Khaas)

rave7

rave8

Alexei Khaas en train de mixer au Fontanka 145

(Source)

0

Nous vivons dans le monde de Wes Anderson

Jeudi 22 juin 2017

aaqVous regrettez amèrement d'être l'enfant de vos parents et auriez tout donné au monde pour naître dans la famille Tenenbaum, vous avez eu la gorge nouée à la vue de Tilda Swinton dans cette scène du Grand Budapest Hotel, et les deux gamins de Moonrise Kingdom vous ont donné envie d'oublier votre vie de bukkakes et de revenir à cet âge où une langue dans la bouche suffisait à vous faire tomber amoureux ? Félicitations, vous êtes un wesandersonien transi. Et la bonne nouvelle, c'est que vous n'êtes pas seul. Sur le subreddit AccidentalWesAnderson, une foule de contributeurs postent des photos de lieux qui pourraient être tirés des films de votre réalisateur fétiche. Une belle débauche de couleurs pastel, de symétrie et de scènes dans lesquelles le temps semble s'être arrêté. Ouvrez les yeux, la magie de Wes Anderson existe, elle est là, tout autour de vous.
1vo475yseg4zptIh7tW14c077sglu4z

Capture d’écran 2017-06-22 à 09.31.05

Capture d’écran 2017-06-22 à 09.30.57

(Source)

0