Quatre F.

Et le premier film à être projeté publiquement en Arabie Saoudite après la fermeture il y a 39 ans du dernier cinéma du pays est...

Mardi 16 janvier 2018

emojis

Fin 1979, en conséquence de la prise d'otages à la Grande Mosquée de La Mecque, le gouvernement saoudien fait fermer tous les cinémas du pays sous la pression des autorités religieuses. Parce que oui, le cinéma encourage non seulement les comportements sulfureux tels que la mixité hommes-femmes et l'écoute de musique, mais représente un véhicule insidieux de l'occidentalisation rampante du monde, détourne les bons musulmans du bon life plan que leur avait mitonné ce bon Allah et corrompt purement et simplement la société toute entière plus encore que les dealers de drogue (source : une fatwa lancée en 2009 sur ce site par un certain "Cheikh Dr." Yousuf Al-Ahmad à l'attention des autorités saoudiennes suite à la tenue à Riyad d'un festival de cinéma subventionné par l'UE).

Mais aujourd'hui, le royaume tente de diversifier son économie pour réduire sa dépendance au pétrole, et toutes ces familles qui filent au Bahreïn et vont y dépenser leurs deniers pour s'y taper des toiles, c'est tout de même embêtant. Alors, fin 2017, le prince héritier et vice-Premier ministre Mohammed ben Salmane a annoncé l'ouverture dès mars 2018 de salles de cinéma sur le territoire (les projections seront tout de même censurées, pas de panique). Une projection publique, la première depuis l'annonce de cette réforme, a d'ores et déjà eu lieu ce dimanche dans un centre culturel de Djeddah, à une centaine de kilomètres de La Mecque. Et le premier long-métrage projeté lors de cette séance hautement symbolique fut, aux côtés de Capitaine SuperslipLe Monde secret des Emojis.

Oui, Le Monde secret des Emojis. Cette incroyable épopée de l'emoji "bof" qui se met en quête d'un hackeur pour se faire formater et devra pour cela échapper aux méchants en slalomant entre les icônes des applications Spotify™, Youtube™, Facebook™, Instagram™ ou encore Twitter™ sur le menu du téléphone de son propriétaire, mais aussi vaincre ses propres démons en surmontant des épreuves comme une partie de Candy Crush™ ou un concours de danse sans merci grâce à l'application Just Dance Now™ (télécharge l'application mobile Just Dance Now™ et enflamme le dancefloor avec tes amis™ qui comme toi ont téléchargé l'application mobile Just Dance Now™). Le Monde secret des Emojis, soit le pire film de l'année 2017, et le seul film qui parvienne à cet incroyable exploit, avec un budget de 50 millions de dollars, de déféquer des effets 3d tout juste au niveau de la mascotte Cetelem. Le Monde secret des Emojis, soit 9% d'approbation sur Rottentomatoes, soit pas vraiment beaucoup plus que ce film sur la recréation d'Hitler en laboratoire à partir de son cerveau conservé dans du formol ou ce film dont le héros est un chien gagnant de La Grande-Bretagne A Un Incroyable Talent. Peuple saoudien, ton émancipation est proche.

(Source, source, source)

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Roger nous avons comme qui dirait un petit problème au niveau du placement nibard

Mardi 16 janvier 2018

madone

Une madone à l'enfant peinte dans les années 1370 par Paolo di Giovanni Fei, superbe interprétation picturale du fameux mythe dit "de la Vierge au néné amovible".
(Si cet article vous a plu, vous aimerez aussi : cet autre épisode de notre série "L'histoire de l'art pour les cons", où vous apprendrez pourquoi les bébés des peintures médiévales ressemblent à des putain de hobbits)

(Source)

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Le tour d'Europe des stations-services

Lundi 15 janvier 2018

Ah les stations-services, leurs néons fatigués, leur odeur d’essence et leur nourriture abjecte ! Il y a fort à parier que peu de gens parmi vous, lecteurs citoyens et écolos, pleureraient la disparition de ces lieux mornes qui évoquent à la fois la solitude, la pollution et les sandwichs triangles. Pourtant le musicien teuton Friedrich Liechtenstein en est persuadé : “les stations-service sont les derniers lieux romantiques de notre époque”. Dans un documentaire en forme de road-movie diffusé sur Arte, le type, attifé de lunettes de soleil à grosses montures dorées, parcourt l’Europe au volant d’une vieille BMW afin de capturer la mélancolie sourde de ces édifices architecturaux sur le déclin. Embarqué sur la banquette arrière, le spectateur découvre les plus singuliers spécimens du genre (certaines constructions ont été dessinées par de grands architectes tels que Robert Mallet-Stevens, Arne Jacobsen ou même Mies van der Rohe).

Stations-services superstars, à voir jusqu’au 27/01 sur le site d’Arte et ci-dessus.

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Nos mèmes d'antan, que sont-ils devenus ? Aujourd'hui : Bad Day

Lundi 15 janvier 2018

Nous sommes en 1997, encore un jour se lève sur la planète internet, dans un monde où la majorité des foyers ne sont pas encore équipés d’un modem, où AltaVista est le premier moteur de recherche, Caramail la messagerie la plus utilisée, et où il est impossible de passer un coup de téléphone et d'aller sur la "toile" en même temps (LOL). C’est dans ce contexte de désolation qu’apparaît un beau jour en ligne la vidéo “bad day”, dans laquelle on voit un employé de bureau au bout du rouleau péter un plomb et détruire violemment son ordinateur à coups de clavier. Malgré la lenteur de la connexion d'alors, les images font rapidement le tour du ouèb. Il faut dire que la première vidéo virale du monde contenait tous les éléments qui allaient devenir les standards du genre : footages de caméra de surveillance, type vénère et ordi pulvérisé.

Mais aujourd’hui, stupeur et tremblements : le magazine Wired révèle que le premier mème de la Grande Histoire de l’Internet était aussi le premier hoaxe. Saluons ce travail journalistique de fond : “[La compagnie] Loronix développait une technologie HD pour caméras de surveillances, et avait besoin de footages pour montrer aux clients comment elle fonctionnait. Licciardi et son patron, Peter Jankowski, ont pris une caméra analogique et ont commencé à tourner. La scène devait les montrer en train de faire semblant d’arrêter Licciardi pendant qu’il braquait l’entreprise. Ce dernier voulait jouer ‘un employé en colère’, ce qui a donné à son boss une idée. ‘Cela tombait bien, explique Jankowski. On avait des ordis qui ne fonctionnaient plus et de vieux claviers.’ La scène a été tournée en deux prises. ‘La première fois, on a eu un fou rire’, commente Licciardi.”

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