dada

On connait le mouvement Dada surtout pour ses manifestations visuelles, mais Dada n'était pas qu'image, Dada a aussi engendré une production musicale, certes maigre, mais tout à fait fascinante. Pour vous, nous avons demandé à nos confrères de nous livrer leurs titres Dada préférés.

Hugo Ball : Karawane (1916), Wolken (1916), Katzen und Pfauen (1916), Totenklage (1916), Gadji beri bimba (1916), Seepferdchen und Flugfische (1916)
"Jubilatoire ! " (Télérama)

Kurt Schwitters : Simultangedicht kaa gee dee (1919), WW (1922), boo (1926), naa (1926), bii bull ree (1936), Obervogelsang (1946), Niesscherzo e Hustenscherzo (1937), Cigarren (1921), The real disuda of the nightmare (1946)
"De bi bull ree au très yoko-onoesque Niesscherzo, les élucubrations vocales de Kurt Schwitters offrent une diversité musicale rafraîchissante qui éclairent sous un jour nouveau l'usage des consonnes en ces temps de réformes orthographiques et d'élusions à tout-va." (L'Obs)

Antonio Russolo : Corale and Serenata (1921)
"Solaire." (Le Monde)

Tristan Tzara / Marcel Janco / Richard Huelsenbeck : L'amiral cherche une maison a louer (1916)
"Débarqué par surprise des tréfonds de l’internet, le trio Tzara/Janco/Huelsenbeck est actuellement l’attente n°1 dans le paysage dada allemand. Beat plein de mélancolie, rimes sans pitié et flow hypnotique : le style est là, puissant, à mi-chemin entre efficacité tubesque et liberté formelle. Gros carton en perspective." (Les InRocks)

Raoul Hausmann: Soundrel, 1919
"Il se tient là, droit derrière son micro, perpendiculaire tendue de ce synthé offert par son oncle quand il avait 9 ans. Une vieillerie bas de gamme d’où émane toute l’instrumentation, baignée de reverbs, du concert : basses qui roulent comme on coule une chape, inflexibles rythmes de synthèse, accords plaqués de voix claires et cuivrées qui, par la morsure de leur surgissement, inoculent un sens aigu de l’envolée à la mécanique bouclée de la chanson. De son phrasé qui zone entre énoncés cliniques et scansions de punk blafard, chanson française dégénérée et lyrisme qui «merdre» toujours quelque part, Hausmann entonne des hymnes vérolés qui s’enchaînent à toute hâte, sans intervalle, histoire de ficeler la prestation avant que ne sonne l’heure de couvre-feu du squat. Histoire d'en sédimenter au long cours les beautés dans des formes d’une nudité épurée à l’os, filtrées par la poussière accumulée sur le micro pourri qui les capte, laissées grandes ouvertes à un inaccomplissement permanent. Et celles-ci travaillent, surtout, dans un climat de danger et d’obstination, à leur propre gâchis probable." (Libération)

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