eminem_vigIl y a presque 20 ans, le monde faisait la connaissance du premier rappeur blanc à mettre tout le monde d'accord : Eminem. Mais si le sale gosse peroxydé de Détroit est à présent une indéniable institution, le consensus autour de sa personne ne fut pas toujours une évidence.  Que disaient les critiques de ce MC provoc' à la voix nasillarde et à l'esthétique de loser white trash à la sortie de son premier album The Slim Shady LP (1999) ? Florilège :

Jim DeRogatis, journaliste (1999) : "C’est un charlatan et une fraude, il est aussi mauvais musicalement qu’au niveau du contenu. Pour donner un élément de comparaison : il y a Psycho, l’un des meilleurs films réalisés au sujet d'un serial killer, et puis il il y a le huitième Vendredi 13."

Cage, vétéran du rap undergound (1er janvier 1999) : "Nous avons eu des différends, parce que c'est une salope."

Eric Boehlert, Salon Mag (2000) : "Eminem est peut être le rappeur le plus violent, homophobe et mysogine qui ait jamais existé."

Davey D, DJ et journaliste sur la radio Bay Area (13 mai 1999)
: "C
e qu’il a fait, c’est qu’il a confirmé toutes les spéculations faisant de lui un outil marketing pour une industrie qui cherche des rappeurs blancs pouvant plaire à une fan base largement blanche. Il a confirmé que ces rappeurs blancs, même s’ils sont minoriatires, peuvent obtenir des privilèges sans précédents. Il a confirmé qu’il était plus un gimmick qu’un véritable MC."


Ad-Rock, The Beastie Boys (1999-2000) : "On ne peut pas totalement le dédouaner, mais il faut aussi blamer une société qui, aux USA en tout cas, élève les garçons à être sexistes, homophobes et idiots; c’est ça, l’American Way."

David Browne, Entertainment Weekly (12 mars1999) : "Ca devait arriver, Eminem devait arriver. Avec (…) tous cette nouvelle génération de musiciens cherchant à étendre les horizons du rap, ce n’était qu’une question de temps avant que quelqu’un ne veuille détruire cette ère de positivité et de pleine conscience."

Auteur inconnu, NME (13 mars 1999) : "Lorsqu'Eminem se met en mode odieux - un peu comme si Itchy & Scratchy rencontraient Benny Hill - il est à mourir de rire. Misogyne et homophobe, mais à mourir de rire. Mais quand il devient pleurnichard et développe une pseudo conscience sociale, il est nul à chier."

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