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the-last-shadow-puppets-x-matthew-cooper-everything-youve-come-to-expectPassion MJ
Et alors, pourquoi cette référence à MJ ? Parce que Dev, Domino nous l’a affirmé et sa musique s’en ressent largement, en est un fan immense. Tout simplement. De là à s’être mis en scène, plus jeune, sur la pochette de ce troisième disque, la petite amie dans les bras, la clope au bout des doigts et le King of Pop, attentif et emmuré, dans le dos ? Pas exactement non, puisque ce n’est pas Dev Hyne qui est représenté sur cette photo. Et pas plus sa petite amie, d’hier ou d’aujourd’hui (qui est en l’occurrence Samantha Urbani du groupe Friends). Cette photo-là, elle est en fait issue du travail de la photographe new-yorkaise Deana Lawson, et de sa série qui met en scène, justement, une série de couples (ou d’individus seuls parfois), tous de couleur noire, en pleine expression de l’acte amoureux.

deana-lawson-iving-room-brownsville-brooklynDeana Lawson - Living Room, Brownsville, Brooklyndeana-lawson-oathDe
ana Lawson - Oathdeana-lawson-the-gardenDeana Lawson - The Gardendeana-lawson-baby-sleepDeana Lawson - Baby Sleep

Window on the World

Cette pochette, si elle n’invite pas ainsi Blood Orange lui-même sur son fronton, est en tout cas sans doute là pour faire écho au titre de ce troisième album, Freetown Sound (comme le nom de la capitale de Sierre Leone), et pour exprimer via l’image quelque chose de similaire à ce qui est exprimé via le son (l’enfance de Dev, son éducation, ce qu’implique le fait d’être noir dans ces pays où c’est la couleur blanche qui domine, la question du genre ou du féminisme…) C’est-à-dire une certaine vision progressiste de la liberté, incarnée ici par ce couple, enlacé dans une chambre qui paraît trop proprette pour être le havre concubin des deux tourtereaux figurés ici (on est sûrement dans le domicile familial de l’un des deux). Et cet amour-là, qui se dessine sous nos yeux (le garçon, yeux clos, se réconfortent dans les bras de la fille, regard fort et jupe courte, qui fixe l’objectif), n’est peut-être d’ailleurs pas forcément autorisé par l’entourage (familial ?), puisque les rideaux dont on devine le mouvement en arrière-plan impliquent forcément que derrière eux, la fenêtre est ouverte. Et une fenêtre ouverte donnant sur une chambre dans laquelle s’enlacent deux jeunes adultes, a priori, ça évoque dans l’imaginaire collectif la romance non-autorisée mais vécue quand même. Faire le mur pour faire l’amour. Et être libre, en somme.

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Le son

Engagé, le troisième album de Blood Orange raille le sexisme ordinaire, dénonce l’homogénéisation des pensées, témoigne des difficultés des Noirs à exister parfois dans les pays des Blancs. Il raconte son histoire à lui, aussi, et le fait via un album qui groove méchamment, et qui navigue entre les rivages que visitait déjà hier cette icône qu’il a choisi d’afficher sur sa pochette, le grand Michael Jackson (l’influence de Prince est également bien marquée), de la pop au funk, du R&B au gospel. Fantôme d’hier, et corps bien vivants d’aujourd’hui : Blood Orange invite sur Freetown Sound un paquet de featurings, de De La Soul à Carly Rae Jepsen, de FKA Twigs à Empress Of. Et Julian Casablancas aussi, le chanteur des Strokes. Du beau monde pour de bien belles ambitions.


++ Blood Orange (Site officiel / Facebook / Twitter / Instagram / Youtube / Tumblr).
++ Blood Orange, Freetown Sound, 2016, Domino Records / Terrible Records, 58 min., pochette par Deana Lawson.

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