Pile à temps pour la Fashion Week de New-York, un docu foisonnant de swag revient sur l’histoire des Lo-Life, un gang de Brooklyn qui s’était fait une spécialité de voler des fringues dans les boutiques de luxe du New York des années 80. Si les types se fournissaient dans une tonne d’enseignes différentes (Benetton, Guess ou encore Fila), ils ont choisi leur nom en référence à leur passion absolue pour Ralph Lauren, affectueusement surnommé Lo. Leur slogan ? "Bury me with my Lo on" (enterre-moi avec mes sapes Ralph Lauren). Dans le livre Jewish Gangsta de Karim Madani, où l'on trouve les témoignages passionnants de plusieurs petites frappes ayant connu cette époque, un membre du crew explique que leur créateur fétiche représentait pour eux le rêve américain d’un petit caïd du Bronx qui a bâti un empire dans la mode : “Ralph Lifschnitz a changé son blaze pour devenir un authentique WASP de la côte Est. Il ne voulait pas qu’on l’appelle Ralphie du Bronx. Il voulait posséder le monde. Et il a réussi. L’ironie veut que ces gamins des cités de Brooklyn n’aient jamais pratiqué la voile, ni le polo, ni le ski, sports de riche sur lesquels le storytelling de la marque s’est construit. (...) Mais cette mythologie nous fascinait.” 

En mixant sneakers pourraves et marques favorites de nos amis les riches, le crew a eu une influence durable sur le streetwear américain. Mais s’ils récoltent aujourd’hui les honneurs du monde de la mode, ils étaient à l’époque pourchassés impitoyablement par les autorités, et plusieurs d’entre eux ont passé plusieurs années sous les barreaux pour vol à l'étalage.

 

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