La vie de musicien, ce ne sont pas que les bières à volonté, les fans fébriles et ivres de bière qui désirent votre corps dégouinant de sueur et de bière, les répets arrosées de bière dont ressortent des instant de grâce artistique (et des cuites à la bière), non, cette condition ô combien enviable porte, comme toute condition, son lot de plaies. Parmi ces plaies, outre le fait d'être souvent payé en bières à volonté plutôt qu'en vrai argent, il y a aussi le soundcheck. Le soundcheck est ce moment d'ennui suprême où il faut se plier aux injonctions d'un ingé son qui vous demande de répéter pour la douzième fois le refrain mais sans les voix et si le batteur pouvait se mettre en retrait, juste faire un petit clic en fait, ah et si le guitariste pouvait jouer sa partie aussi mais seulement jusqu'à la modulation de la basse, ensuite il faudrait la basse toute seule, on va essayer de la monter sur la console générale mais merde pourquoi ça sature c'est pas censé saturer c'est pas possible t'as touché un truc à ton ampli c'est ça comment ça c'est pas ça évidemment que t'as touché un truc, bon touche plus à rien, allez vous pouvez me refaire tout ça, exactement pareil, MAIS NON sans la guitare je vous avais dit sans la guitare bon on recommence.
Et ce n'est pas parce qu'on est les Smashing Pumpkins qu'on peut se soustraire à cette guerre des nerfs. Ci-dessus, les 40 minutes non tronquées et pénibles comme il se doit de leurs balances, le 31 octobre 1993, dans un épisode spécial Halloween* présenté par Christian Slater (qui commet d'ailleurs un sketch tout à fait consternant en guise de monologue d'ouverture). Pour les impatients, il commence à se passer quelque chose à partir de 3:45. Et ci-dessous, la prestation finale, effets vidéo et jolies chemises au rendez-vous.

*pumpkin, citrouille, Halloween, vous l'avez ?

(Source)