LES PLANÈTES TELLURIQUES

Notre premier type de planètes. Classic shit : un noyau + un manteau + une croûte. Le "un papa, une maman" de la planétologie. Faire cuire ou refroidir à volonté. Versatiles et polyvalentes, les planètes telluriques n'ont plus rien à prouver. Le caillou, c'est simple et efficace depuis des milliards d'années, avec ou sans atmosphère.

- Planètes de silicate. Le modèle standard de par chez nous. Manteau rocheux à base de silice, noyau métallique. La Terre, Vénus, Mars sont des planètes de silicate. C'est chouette. On est bien. C'est le tiékar. OKLM.
sky-earth-galaxy-universeMaison. Coucou.
1Vénus. Notre célèbre jumelle qui a pris un 'ti coup de chaud.

- Planètes de carbone, ou de diamant. Hypothétiques. L'exoplanète 55 Cancri e en serait probablement une.
Carbon_PlanetVue d'artiste, comme on dit. Probablement n'importe quoi.

- Planètes métalliques, ou de fer. Tout est dans le nom. Noyau métallique sans manteau rocheux = que du métal. Hypothétiques, mais extrêmement probables car on en connaît déjà un certain nombre qui en sont très proches (quasi-absence de manteau rocheux). Dans not' ticoin à nous, c'est Mercure s'en rapproche le plus, avec un noyau métallique qui compose 75% de son rayon. On connaît en outre quelques exoplanètes quasi-métalliques. Ne reste plus qu'à découvrir celles qui le sont à 100%. 
MESSENGER_first_photo_of_unseen_side_of_mercuryMercure. La seule planète avérée de notre système solaire - avec notre satellite, la Lune - à ne pas disposer d'atmosphère.

- Planètes de lave. Planètes telluriques extrêmement chaudes composées de roches en fusion. Hypothétiques mais quasi-confirmées. La super-Terre Kepler-10b en serait une. Sinon, il y a la planète Mustafar chez Star Wars, qui nous en donne quelques images aussi. Lèl.
Kepler10b_artistKepler-10 b en vue d'artiste. Trop stylé.

- Planètes-océan. Hypothétiques quasi-confirmées aussi, puisqu'il semble plus ou moins acquis que Gliese 1214 b en est une. Hypothèse de formation la plus probable : des planètes de glace dont la glace aurait fondu alors qu'elles se rapprochent de leur étoile, formant des océans d'une profondeur de plusieurs centaines à des milliers de kilomètres recouvrant toute leur surface. Trop stylé aussi, et d'ailleurs la "nouvelle trilogie" (berk) (oui c'est dit, caca la nouvelle trilogie, bouh, caca) (#DisneyCasseToiDeTatooine) Star Wars s'est gavée sur le concept, qu'elle développe depuis longtemps.
OceaneVue d'artiste. Cé bo.

- Planètes glacées. Need we say more ? Des composés volatils. Gelés. Exemple : OGLE-2005-BLG-390L b. Oui, c'est son nom. Autre point cool (hu hu) : grâce à OGLE-bidule, celles-ci sont confirmées.
OGLE-2005-BLG-390Lb_planetTrou_noirDeux vues d'artiste de la même planète. OGLE-machin, là.

- Planètes sauna. Plus exactement appelées planètes de vapeur, ces planètes hypothétiques sont "de type planète-océan, mais suffisamment chaudes pour avoir une épaisse atmosphère de vapeur", nous dit le grand W. Avant de devenir une géante gazeuse, il semblerait que Jupiter en fut une. Pour des béotiens bac-8 en astrophysique tels que nous, ça n'a pas l'air totalement illogique.
JNCE_2017033_04C00109_V01-mapprojectedUn bout de Jupiter.

- Planètes sans noyau. Des planètes telluriques qui ne possèdent pas de noyau métallique. Aka le contraire d'une planète métallique. Précisons que cela ne signifie pas qu'elles sont creuses ; il s'agirait plutôt de planètes apparentées à des météorites, ou des planétoïdes, qui n'ont effectivement pas de noyau. On n'en connaît pas à ce jour, mais on connaît des astéroïdes, ça oui. Techniquement, les astéroïdes ne sont rien d'autre que des planètes mineures. Donc on cherche des vraies planètes. On devrait bientôt trouver.
1074076-oumuamuaOumuamua n'a pas de noyau, c'est un astéroïde - ou comète - en forme de cigare. Tout le monde en parle, c'est le beuze astrophysique du moment. C'est le premier astéroïde interstellaire confirmé jamais croisé dans notre système solaire ; il a une tête super cheloue, il file à une rapidité rarement observée et on ne sait pas d'où il provient. Cliquez par ici, c'est cool et assez excitant ce qu'il se passe avec ce truc.

- Planètes-désert. Planètes telluriques sans eau ni glaces exotiques. Rien de bien exceptionnel. Mars en est (presque) une, avec sa quasi-absence de glaces. C'est le destin de la Terre que d'en devenir une, quand la luminosité du soleil aura augmenté de 10 à 15% dans un milliard d'années et que les océans se seront évaporés. Puis, dans 5 à 7,5 milliards d'années, notre gentille petite planète sera pulvérisée, se faisant absorber par le soleil, qui entrera dans une phase d'expansion en devenant une géante rouge. Voilà.
7404335_f520Tatooine. Han, on dirait presque qu'on pond un article sponso'. Allez, promis on arrête. (Et sinon, en vrai, y'a Mars)

- Super-Terres, Méga-Terres. Planètes telluriques, respectivement jusqu'à, et supérieures à 10 masses terrestres. Exemple : ci-dessous, Kepler-10 c, certes en vue d'artiste mais bel et bien confirmée.
Kepler-10_star_systemOn pensait que c'était impossible, mais le monstre Kepler-10 c l'a fait : de masse comparable à Neptune, cette planète tellurique fait 17 fois la masse de la Terre pour une densité supérieure à celle-ci. Seul objet confirmé de cette classe à présent, elle a donc... créé sa propre classe de planètes. Chapeau.

LES PLANÈTES DE TYPE NEPTUNIEN

Tout petit noyau tellurique + hydrogène + hélium + eau + ammoniac + méthane + hydrocarbures, en quantités variables. Historiquement regroupées dans les planètes géantes gazeuses (notre troisième grande catégorie ci-après), on les sépare désormais de ces dernières, qui sont quasi-exclusivement composées d'éléments chimiques légers tels que l'hydrogène et hélium. Les planètes de type neptunien en comportent effectivement une grande quantité dans leur atmosphère, mais leur composition globale en volume contient beaucoup plus de composés plus lourds appelés "glaces", au sens astrophysique du terme. Ainsi, on les nomme parfois géantes de glaces - mais ici, par souci de précision, nous réserverons cette seule appellation à Uranus.
 
Mini-Neptune. Planètes de masse inférieure à Neptune et Uranus, et "composées d'une épaisse atmosphère d'hydrogène et d'hélium au-dessus d'un profond manteau d'eau, d'ammoniac et d'autres composés volatils". Il y en aurait plein. D'accord alors.
Mini_Neptune_featureVue d'artiste.

- Géantes de glaces stricto sensu. Pareil. En (très) grand.  Au lieu d'être majoritairement faites d'hydrogène et d'hélium - ce qui caractérise les planètes de type jovien, ou géantes gazeuses, si vous suivez toujours -, les géantes de glaces sont composées principalement d'eau, de méthane ou d'ammoniac. Oui, on se répète. C'est pour que vous compreniez bien que "glaces" ne correspond pas à un état de la matière, mais à des éléments chimiques. Exemple : Uranus. 
Uranus2Bonjour, moi c'est Uranus et je suis une vraie photo.

- Neptune chaud. Pareil. En chaud. Parce que près de leur étoile. On tourne autour des 200, 300° Celsius en surface, semblerait-il. Composées donc de formes exotiques de glaces chaudes. Exemple : Gliese 436 b et sa remarquable queue cométaire, ou HAT-P-11 b.
fdda8b1896_74158_gliese436bGliese 436 b. Vue d'artiste 'videmment, mais joli quand même.

- Neptune froid. Ben... pareil... en froid... parce que loin. Exemple : ni plus ni moins que Neptune.
Neptune_stormsNeptune et ses orages en photo. Il y fait légèrement froid, c'est indéniable - même pour des standards cosmologiques. Car effectivement, Neptune est un Neptune froid, de la même manière que Jupiter est un Jupiter froid. Oui oui.

LES PLANÈTES GÉANTES GAZEUSES

On termine par les planètes joviennes, ou planètes de type Jupiter, faites essentiellement de gaz légers tels que les susmentionnés hydrogène et hélium. Ce sont, c'est bien connu, des géantes gazeuses, qui peuvent être également naines (oui, il y a des géantes gazeuses naines, qui a dit que ce n'était pas logique ?), chaudes ou froides, mais qui sont toutes des sortes d'avatars de Jupiter. Citons-les quand même et c'est fini, allez hop. Ah, et précisons que les géantes gazeuses possèdent également a priori un noyau rocheux ou métallique. Comme quoi, jusqu'à nouvel ordre, tout le monde a un noyau. Vous imaginez bien la pression qu'il y a là-d'dans, c'est pas de la vapeur d'eau ces trucs-là les enfants.

- Jupiter froid. Exemples  : Jupiter, Saturne.
hubble-jupiter-4-3-17Jupiter. What else ? On y a eu droit tout à l'heure, on la remet, prise sous un autre angle et en entier cette fois-ci. Merci Hubble pour cette photo du 3 avril 2017 - comme quoi tu sers encore à queq' chose.
Saturn_during_EquinoxUn autre Jupiter froid : Saturne. Photo en couleurs naturelles par la sonde Cassini (2008), je répète, photo en couleurs naturelles. Où l'on se rend compte que contrairement à ce qu'on pourrait penser, le fait de disposer ou non d'anneaux ne change en rien la classification structurelle d'une planète. Les anneaux, c'est rien que de la poussière et des conneries qui flottent - et d'ailleurs, Jupiter, Uranus et Neptune en ont aussi. Clic clic.

- Planètes chthoniennes. Des Jupiter chaud "dont les atmosphères d'hélium et d'hydrogène se seraient évaporées du fait de la proximité avec leur étoile". Resterait donc le noyau seul. Ne seraient donc plus gazeuses du tout. Hypothétiques. Ressembleraient à des telluriques simples.
1280px-Artist’s_impression_of_Corot-7b_(alternative)CoRoT-7b en serait une. Peut-être. On sait pas. Alors on dessine des images comme ça.

- Planètes d'hélium. Hypothétiques de chez hypothétiques. Aucune confirmée à ce jour.
Water-Ice-Clouds-found-outside-Solar-SystemVue d'artiste sans fondement scientifique aucun vu qu'on n'en a jamais détecté ne serait-ce qu'une seule, bonjour.

- Jupiter chaud, ou pégasides. Des géantes gazeuses de masse comparable à Jupiter et dont la température en surface est supérieure à 730° Celsius.
HD188753-hot-jupiter-1Ici : HD 188753. Vue d'artiste, mais planète confirmée bien connue. 
Hot mess ! En plus, cette planète orbite dans un système à deux étoiles.
Oxygen_and_carbon_discovered_in_extrasolar_planet_atmosphere_blow-offAutre Jupiter chaud bien connu : HD 209458 b, dit Osiris. Vue d'artiste de son évaporation continuelle près de son étoile.

- Jupiter très chaud. Des géantes gazeuses confirmées, très près de leur étoile, à révolution ultra-courte (un an pour ces planètes = moins d'une journée terrestre) dont la température de surface est supérieure à 1730° Celsius. Sont précis, ces astronomes. Y rigolent pas avec les degrés. Bon, c'est normal en fait : 1730° Celsius, c'est l'équivalent de 2000 Kelvin. C'est plus rond avec les Kelvin, voilà.
Artist’s_impression_of_the_deep_blue_planet_HD_189733bOn vous laisse avec la plus belle : HD 189733 b. Température : 3000° Celsius. Contre toute attente, ce n'est pas une boule de gaz rougeoyants - sa couleur bleu azur est confirmée par les télescopes, je répète, sa couleur bleu azur est
confirmée. C'est l'une des seules exoplanètes dont on a pu confirmer la couleur réelle dans le spectre de la lumière visible.

* Cliquez sur les quatre liens, ça vaut presque le coup.
** Par différenciation avec les classifications de masse, de température, de révolution ou d'excentricité orbitale. C'est très intéressant aussi, mais si l'on se lance dans ce game-là, on ne s'en sort plus. Et puis vous voyez bien que la majorité de ces critères sont transversaux et combinables, puisque masse, température, période de révolution et composition chimique sont largement interdépendants. Ne venez donc pas gueuler qu'on n'a pas mis les super-Jupiter alors qu'on a mis les méga-Terre, ni les planètes enflées, qui ne sont que des Jupiter chaud de faible densité. Quant aux géantes et sous-géantes gazeuses à noyau massif, on les a laissé tomber car elles ont la même gueule que les autres, juste autour d'un noyau rocheux et/ou métallique plus gros que la moyenne. D'abord on fait ce qu'on veut, et puis c'est pas le CNRS ici. Non mais allô.