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Les pigeons n’ont pas bonne presse. Le surnom affectueux “rats volants” leur colle aux basques depuis que le commissaire des parcs de New York Thomas P. Hoving l’a utilisé en 1966 dans un appel visant à nettoyer Bryant Park. Mais là où la plupart des gens voient des vermines picorant des flaques de vomi dès le gai matin et transmettant allègrement la chlamydia à travers les villes (ce qui est par ailleurs faux), Andrew Garn perçoit la beauté. Ce photographe et ami des bêtes a passé des années à capturer la grâce des oiseaux de New York. Devant sa caméra, ces Kate Moss du règne animal prennent la pose et dévoilent leurs plus beaux atours : des yeux couleur lavande, des ailes en forme de coeur, des pieds hérissés de plumes qui évoquent les bottes de la plus glam de vos tantes. Notons que ces belle poulettes ont été payées 100$ par séance, soit une coquette somme comparée au salaire moyen des oiseaux de nos jours, et la parité a été respectée.

Les photoshoots de Garn ont été collectés dans The New York Pigeon: Behind the Feathers, un livre publié par powerHouse Books, pour inviter les lecteurs à réviser leur jugement sur ces nobles bêtes. Andrew est bénévole à la Wild Bird Fund (WBF), le seul centre à prendre soin des oiseaux des villes, et a bossé avec l’association afin de sortir l’ouvrage. La plupart des animaux photographiés dans le livre ont été envoyés à la WBF après avoir été empoisonnés au plomb. Comme avec les New-Yorkais, la ville n’est pas toujours tendre avec les pigeons : ils sont impitoyablement traqués dans les centres commerciaux ou les bureaux. On les retrouve blessés dans toutes sortes de lieux, des sacs de course abandonnés ou des stands de hot dogs. Pour se familiariser avec leur histoire, une courte légende accompagne chaque photo. Tous les pigeons ont également un nom, de Noodleman à Dr. Brown, dont le portrait orne fièrement la couverture.

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