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“The Haig’s Law” aka la 7ème loi de l’Internet est formelle : plus un site est moche, plus il y a de chances pour que son créateur soit barjot. Mais qui est donc Haig, le type qui donne son nom à la loi en question ? ll s’agit de l’Australien Russel Gordon Haig Mathews, créateur d’un site méconnu : le Haig’s Report. Couleurs criardes, police Verdura, montages qui piquent les yeux : le Haig’s bat des records de laideur et représente un cauchemar pour n’importe quel concepteur web qui se respecte. Et le contenu ? Une avalanche d’insultes et d’accusations contre le monde entier : sa famille, la police, l’Université du Queensland, son maire, la plupart des fonctionnaires municipaux... Les liens hypertexte sont si nombreux qu’il est impossible de ne pas s’y perdre. C’est bien simple : on a littéralement l’impression de se balader dans le cerveau d’un esprit malade et paranoïaque.

Quant à Haig ? Coupable de crime typographique, d’insulte au webdesign et de nombreuses lésions oculaires, il court pourtant toujours en liberté. Très peu d’informations sur lui circulent sur les réseaux, mis à part quelques mentions sur des sites fumeux et dans des articles sur le folklore du ouèb. Dans nos recherches, on découvre aussi la 1ère loi de l’Internet, “The Badger’s Law”, selon laquelle toute page web dont l’url inclut le mot "vérité" n’en contiendra aucune.haigs-report-6

N’écoutant que son courage, un journaliste de Tryangle est parti enquêter sur le personnage. Après quelques recherches peu fructueuses sur la toile, ce fin limier a fini par trouver la trace du bonhomme dans des médias locaux. Dans cette enquête très fouillée, on apprend notamment que Haig mène une croisade numérique sans merci contre un innocent couple de pharmaciens, qu’il accuse de l'enlèvement d'un ado. Mais aussi contre la bibliothécaire de l’université de Trentholme, selon lui une dangereuse crypto-nazie. La raison ? La Dame lui a interdit de rester toute la journée à la bibliothèque avec ses chiens. Disposant de quelques talents de spammeur, Haig peut aller loin pour nuire à ses victimes. L’une des ses méthodes consiste à multiplier les sites web qui se citent les uns les autres pour augmenter leur visibilité. Une autre de ses spécialités ? Enregistrer des noms de domaines qui forment des phrases entières, telles que :

http://corruptjudgebrendanbutlerchiefmagistratecaucusingpolicefraudaim.info
http//EvidenceProofCriminalFraudFederalCourtLaborJudgeJeffreySpender.info

D’année en année, Haig va de plus en plus loin, commence à attaquer tout le système judiciaire, la police, le juge et le gouverneur. Il affirme même qu’il se présente aux élections pour devenir Sénateur, et se prétend victime d’un complot en raison de ses connexions franc-maçonnes. Mais comme le révèle Tryangle, la vérité est tout autre : c’est seulement un type paumé qui n’a jamais quitté les bancs de la fac, et squatte les ordis de sa BU pour insulter la bibliothécaire.