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Chez Brain, nous avons le sens du sacrifice. Nous aurions pu choisir de passer le 21 juin rue de Lappe, pour nous imprégner pleinement de l’esprit “Fête de la Musique” et gambader au fil des jam sessions reggae, des brochettes crépitant sur des grils de fortune et autres pauses pipi improvisées entre deux voiture. Mais notre conscience professionnelle nous a rattrapées et nous avons pris le parti de couvrir le Grand Open Air organisé par Société Ricard Live Music. C’est donc déterminées et fortes de notre expérience de grand reporters que nous nous rendons jeudi soir dans le Parc de La Villette, haut lieu de délassement pour parisiens en goguette, afin d’assister à quatre concerts mémorables.

Après quelques circonvolutions pour tenter de nous rejoindre autour de La Grande Halle, point de rendez-vous de notre duo de choc, nous parvenons finalement à nous retrouver devant l’entrée des coulisses munies de notre précieux sésame, une très belle invitation VIP (abréviation de Very Important Press) en impression monochrome, sur papier au grammage standard. Dans cet espace extérieur aménagé pour l’occasion, les artistes et quelques membres de l’équipe technique s’activent déjà pour préparer les lives, jetant distraitement un oeil sur le match des Bleus, tandis que les premiers pique-assiett… invités s’enfoncent confortablement dans les transats disposés sur l’herbe. Mais point de repos pour les braves, Mbappé attendra. Nous sommes venues pour rencontrer les Concrete Knives et aucun petit-pont ou tir-cadré ne saurait nous détourner de notre mission.

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Morgane et Nicolas, les deux chanteurs du groupe d’indie-pop caennais se prêtent au jeu de l'interview “Fête de la Musique” avec toute la bonhomie qui caractérise les natifs d’une région dont la durée d’ensoleillement annuelle dépasse rarement les 800 heures, et qui ont fait de leur sens de l’humour un acte de résistance face au crachin de la vie. Sans compter que le jeune homme, qui s’est fracturé la cheville en jouant au foot il y a quelques semaines, se déplace en fauteuil roulant mais n’a pas pour autant renoncé à faire le show.

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Parce que nous sommes vraiment très au fait des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication, et que choyer notre communauté virtuelle est l’une de nos priorités, nous nous lançons ensuite dans la préparation d’un anti-bingo spécial "Fête de la Musique", destiné à nos abonnés Instagram. Après un court brainsto’ pour déterminer quels stéréotypes nous allons essayer de bousculer au cours des heures à venir en repérant des profils de spectateurs ou des éléments de décor qui ne correspondent pas à l’image que l’on se fait de cette soirée, nous nous rendons près la scène pour assister au premier concert.

C’est dans cette zone dont l’accès est réservée aux détenteurs d’un pass backstage et qui nous donne presque l’illusion d’avoir un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne nationale, que nous vibrons d’abord pour le groupe post-punk MNNQNS, grands lauréats du prix Société Ricard Live Music.    

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Hypnotisées par les riffs de guitare et l'éclat de leurs chevelures ondoyantes, nous en oublions de manger. Lorsque le concert s’achève, les mini-hamburgers ont disparu du buffet et nous devons nous contenter de la salade de pâtes. Mais devant notre déception manifeste, la team traiteur se charge de regarnir les plateaux et nous faisons bien vite le deuil des sandwichs merguez qui nous attendaient près de Bastille.

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Une fois repues, nous nous dirigeons à nouveau vers la scène pour danser au rythme de la psychotronica réjouissante des DBFC. Entre mélodies électroniques et sonorités rock, nous nous laissons porter par cet entre-deux qui réunit habilement le meilleur des genres musicaux, sans faire dans la demi-mesure pour autant. 

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Nous en profitons aussi pour nous aventurer dans la foule, en quête d’images exclusives pour notre anti-bingo. Mues par notre dévouement et galvanisées par l’ambiance festive de la soirée, nous mettons moins de dix minutes pour trouver un groupe de lycéens proprets, un punk sans chien qui a tout de même conservé les clous sur son perfecto, ainsi que des personnes qui ne boivent que des cocktails sans alcool ou du jus d'ananas.36114321_1762845820478861_5307470582940434432_n

C’est maintenant aux Concrete Knives de monter sur scène pour assurer le spectacle. Le groupe d’indie pop normand secoue le public du Ricard Live Music. Des jeunes gens transis d’amour et d’admiration s’évanouissent par groupes de dix devant l’estrade, d’autres proposent au chanteur de signer son plâtre avec leur sang, tandis que des sous-vêtements de natures diverses atterrissent aux pieds du guitariste. Le ciel gronde, la terre tremble, les caennais ont réveillé les dieux de la bringue et ils ne sont pas prêts de retourner au lit. Il fait désormais nuit noire dans le parc mais on devine dans l'obscurité des sourires qui laissent peu de doute quant à la qualité de la performance artistique que l’on vient de voir.  36176693_1762840687146041_3217033661228515328_nUne courte entracte dans les coulisses pour nous remettre de toutes ces émotions et Clément Bazin, jeune beatmaker français aux multiples talents, fait son entrée. La foule infatigable se déchaîne une dernière fois sur fond d'électro-tropicale, puis les lumières s'éteignent. Il est temps pour nous de prendre le métro et de regagner nos pénates. Certaines mauvaises langues affirmeront avoir aperçu l'une des deux journalistes plus tard dans la soirée au milieu du parc en train de rogner un peu plus sur ses heures de sommeil, mais il ne s'agit là que d'accusations malhonnêtes et de bruits de couloirs.  
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Par Oriane Olivier avec Marion Girard.